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  • Mali : Une affaire illustrative du racisme français

    Pas un mot hier dans notre bonne société pour dénoncer ce fait : Mohamed Aly Ag Wadoussène, un terroriste de haut vol, l’un des principaux dirigeants d’Al Qaida Maghreb Islamique (AQMI), mis en examen et détenu pour des affaires d’assassinat et de séquestration, qui a de plus, lors d’une tentative d’évasion de la centrale de Bamako, tué froidement un gardien de prison, a été relâché sur ordre de la France, en compagnie de trois de ses compagnons d’armes. Tout ceci pour négocier la libération d’un otage français (tant mieux pour lui et sa famille).

    Depuis trente ans, on nous dit que la Françafriquec’est fini. Tu parles : rien n’a changé.

    On parle d’ « égalité », le slogan de notre gouvernement ? Imaginons-la un instant, cette égalité…

    Le président du Mali vient d’imposer à un juge d’instruction du TGI de Paris de libérer un terroriste français, un chef de réseau jugé pour des faits criminels d’assassinats et de rapt, avec trois de ces hommes de main, comme contrepartie la libération d’un ressortissant malien, pris en rapt par ce même groupe terroriste. Le terroriste avait de plus tué un gardien de prison à bout portant.

    Oki ?

    Le racisme français n’est plus nourri de violence, et il a même dédramatisé la cohabitation avec les Blacks. On en trouve même pour présenter le jité, alors…

    Mais sur le fond, c’est-à-dire la conviction de la supériorité, rien n’a vraiment changé depuis Jules Ferry, l’idole de François Hollande… Toutes les vies n’ont pas la même valeur. Il y a des gens qui savent et qui pensent, et qui donc dominent, et ce sont les Blancs. Pour le bien des Africains, les Blancs poursuivent leur politique de domination, avec quelques hochets laissés aux petits chefs locaux,… mais c’est toujours eux qui savent ce qu’il faut faire.

    Dans cette logique de l’inégalité, ce colonialisme qui marque la Gauche depuis la SFIO, que vaut la mémoire d’un surveillant de la pénitentiaire de Bamako ? Que vaut la peine de sa famille, alors qu’on va pouvoir faire de si belles images à l’aéroport de Villacoublay, dans un grand moment de communion nationale ?

    Le racisme français est ancré dans nos manières de faire, et il fait beaucoup de dégâts.

    Louis_XIV_of_FranceDepuis Louis XIV, le mépris des Blacks et leur pillage économique

     (Malfaiteurs en bande organisée)

    (Mais que fait donc la police ?)

  • Otage français : Quatre membres d’AQMI remis en liberté…

    Interrogé sur la libération par le Mali, en contrepartie de la libération de Serge Lazarevic, de prisonniers membres d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) Stéphane Le Foll avait répondu : « J’ai entendu ça, je ne sais pas. Je ne m’aventurerai pas sur des commentaires sur des choses que je ne connais pas ».

    Alors, voici quelques précisions pour notre ami Le Foll.

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    Quatre membres (AQMI), qui étaient détenus sous mandats prononcés par des juges maliens, ont été relâchés sur ordre de la puissance coloniale.

    Le plus important est Mohamed Aly Ag Wadoussène, impliqué dans deux dossiers, dont le premier est en phase de jugement et le second en instruction. C’est un déserteur de la garde nationale du Mali, arrêté par la sécurité d’Etat le 10 décembre 2011 à Gao et mis sous mandat de dépôt en mars 2012. Il est poursuivi pour terrorisme, association de malfaiteurs, prise d’otages et séquestration. C’est lui l’organisateur principal de l’enlèvement le 24 novembre 2011 à Hombori de Serge Lazarévic et Philippe Verdon, qui a été assassiné en mars 2013. C’est donc l’organisateur du rapt et l’assassin de Philippe Verdon. Il ne sera jamais jugé et va pouvoir reprendre ses activités.

    Les surveillants de la pénitentiaires sont outrés car Mohamed Aly Ag Wadoussène, lors d’une tentative d’évasion de la maison centrale d’arrêt de Bamako, avait tué un gardien et une jeune femme. Le contrôleur des services pénitentiaires,Abdoulaye Fofana, déplore : « Nous, surveillants des prisons du Mali, nous sommes consternés. On pouvait peut-être laisser Ali ag Wadoussène en prison pour que la justice termine avec lui. C’est quand même lui qui a tiré à bout portant sur notre collègue regretté adjudant Kola Sofara ».

    Vient ensuite Haiba Ag Acherif, qui est l’aide de camp de Mohamed Aly Ag Wadoussène. Tous deux sont membres du sous-groupe dénommé Katiba Al Ansar, qui est soupçonné de l’enlèvement et l’exécution le 2 novembre 2013 à Kidal des journalistes français Claude Verdon et Ghislaine Dupont.

    Les deux derniers sont des hommes de main du terrorisme, Oussama Ben Gouzzi et Habib Ould Mahouloud.

    Les deux principales associations maliennes des droits de l’homme, l’AMDH et le WILDAF, ont dénoncé cette prime à l’impunité : « La paix et la réconciliation ne peuvent pas passer par la promotion de l’impunité… S’il faut échanger un terroriste malien contre un français, cela signifie que nous n’avons plus notre raison d’être. S’il s’agit d’un succès pour la diplomatie française, pour nous c’est une grave violation des droits des victimes maliennes ».

    Ce sont les gardiens de prison, révoltés par ce mépris de la puissance coloniale, qui ont laissé fuiter les infos, et devant l’évidence, le ministre de la Justice du Mali, Mohamed Ali Bathily a confirmé benoîtement : « Le Mali ne peut pas ne pas dire qu’ils ont été libérés, c’est un fait, tout le monde le sait, ça ne sert à rien de dénier la réalité ».

    Transmis à notre ami Le Foll.

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  • Nord Mali : Les djihadistes à nouveau chez eux

    Tout ça pour ça… L’opération Serval devait permettre de « chasser les djihadistes » du Nord Mali, et les images filmées par les services de com’ du ministère de la Défense nous avaient bien montré que c’était fait. Du bon travail…

    Sauf que non… Et c’est Hervé Ladsous, le responsable des opérations de maintien de la paix de l’ONU, qui le dit :

    « Je crois que c’est incontestable: les terroristes et les djihadistes, et sans doute aussi les trafiquants, ont repris du poil de la bête, dans le nord du Mali. On est dans une situation où les forces françaises de Serval ou de Barkhane ont beaucoup réduit leur présence dans le nord malien, l’armée malienne n’est pas revenue, il n’y a donc pratiquement que les Nations unies sur le terrain.

    « Nous sommes donc leur cible, et c’est évidemment intolérable. Mais cela nous amène aussi à prendre une posture beaucoup plus dynamique, à nous projeter et aller chercher les attaquants avant qu’ils passent à l’acte. Nous avons des troupes spéciales, des hélicoptères d’attaque -il nous en faut davantage-, pour une stratégie offensive ».

    Devant l’avancée armée, et très aérienne, des troupes françaises, les groupes armés s’étaient repliés dans le sud de la Libye. Depuis juillet 2013, l’opération Serval a pris fin. L’armée malienne est dans l’incapacité de contrôler le territoire. Tout revient sur les épaules de la mission de l’ONU (Minusma) et en un an, on déplore plus de 20 Casques bleus ont été tués et une centaine blessés. Ban Ki-moon a décrit une situation sécuritaire « extrêmement précaire ».

    Bref, tout est à refaire… et la seconde partie ne sera pas plus simple que la première. La démolition de la Libye par les puissances occidentales n’a pas fini de faire des ravages.

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  • Mali : Les tortionnaires islamistes libérés

    Vous vous rappelez la déferlante médiatique, orchestrée par le ministère de la Défense, sur la sauvagerie des islamistes qui s’étaient emparés de la célèbre ville de Tombouctou. Des gens abdominales, niant toute idée de civilisation qu’il fallait combattre. « La guerre contre le terrorisme »… la vieille chanson de Georges W. Bush interprétée par l’ex-président du Conseil général de la Creuse. Pas de soucis, tout allait être réglé par la magnifique opération militaire Serval. Sauf que c’était de la manip’ à courte vue, sans aucun projet politique… et donc un échec assuré.

    Le groupe Ansar Dine, qui doit tout aux trafics et bien peu à la religion, avait installé à Tombouctou un redoutable « tribunal islamique »,  redoutable car justement il n’avait rien à voir avec cette si belle religion qu’est l’Islam. Ce tribunal était en fait dédié à la célébration de la cruauté, avec comme grand manitou, Ag Alfousseyni Houka Houka, un « juge » qui pendant les dix mois d’occupation, avait ordonné maintes amputations, lapidations et autres flagellations. Ca y est, vous vous rappelez ?

    Cette crapule avait été interpellée ce mois de février 2014, et, inculpée pour les exactions commises : séquestration, torture, mutilations corporelles… Sous tous les cieux, ça avait perpète.

    Oui, mais voilà, le camarade Ag Alfousseyni Houka Houka vient d’être libéré ce 15 août. Il a rejoint ses réseaux et ne sera jamais jugé.

    C’est la monnaie d’échange trouvée par un gouvernement « magnifiquement élu » pour obtenir la libération de ses soldats prisonniers des groupes armés,… lesquels sont toujours les mêmes et toujours aussi présents. En juillet, Bamako avait déjà libéré 42 prisonniers membres de ces groupes, en échange de 45 soldats maliens capturés à Kidal lors des affrontements du mois de mai.

    Vraiment, le Mali, une grande réussite…

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  • Journalistes de RFI : Beaucoup de questions, peu de réponses

    Quatre jours après les faits, nous n’avons que peu d’informations fiables sur l’exécution de deux journalistes de RFI. Emotion, considérations générales, témoignages de sympathie… oui, mais pour le reste, c’est en dessous du service minimum.

    C’est une affaire criminelle particulièrement complexe, dans un contexte de guerre larvée et de contrôle lourd de l’information par les politiques. Alors, je ne vais pas me livrer à des analyses sur des faits que je ne connais pas, mais j’ai quelques questions à poser. Je cherche à comprendre. 

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    1/ Kidal

    Tout peut arriver à Kidal, et des journalistes présents même une heure sont vite repérés.

    Par l’accord politique de Ouagadougou du 18 juin dernier, la ville de Kidal, bastion des indépendantistes du Nord-Mali, a été laissée au contrôle du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). Là, commencent les problèmes.

    Le MNLA avait dealé avec les services français pendant l’offensive militaire, apportant une aide décisive pour débusquer les ennemis communs, les groupes djihadistes, avec en retour l’attente d’une contrepartie politique… qui ne vient pas. Le mouvement s’en trouve affaibli et divisé, et le pouvoir malien en rajoute pour déstabiliser le mouvement, et espérer remettre la main politique sur Kidal. C’est loin d’être gagné, mais une chose est sûre : on est dans le genre de situation où les coups peuvent venir de tout côté.

    A Kidal, on trouve les contingents français de la force Serval, maliens et onusiens, avec la Minusma. Vu de loin, c’est bien, vu de près, rien ne va, et les faits l'ont démontré de manière dramatique.

    Pour la région de Kidal, soit 260 000 km², la sécurité est assurée par une force hétéroclite, insuffisante et peu formée, regroupant les contingents sénégalais, béninois et guinéen de la Minusma. Au total de 550 Casques bleus, dont 114 policiers, ce qui est très peu.

    Dans la ville de Kidal, on compte 200 soldats maliens, représentants de l’Etat et connaissant bien le terrain,… mais aux termes de l’accord de Ouagadougou, ces soldats sont contingentés à l'intérieur du camp militaire de la ville et n'ont pas le droit de patrouiller dans les rues au motif d'éviter des tensions avec les populations touarègues.

    Les troupes françaises, quant à elles, ne sont pas stationnées à Kidal, mais à l’extérieur de la ville, pour des raisons de sécurité. Elles interviennent dans la surveillance et pour des missions d’assistance. Deux cents hommes pour un détachement de liaison et d'appuis (DLA) et des éléments de protection. C’est peu et le ministère des affaires étrangères a annoncé depuis le renfort de 150 militaires.

    La sécurité à Kidal revient donc de facto au MNLA, mais sans contrôle possible. Les barrages aux entrées de la ville sont factices, tant on les contourne facilement, et la ville n’a pas été fouillée maison par maison, de telle sorte que les armes circulent tranquillement. Kidal a été marquée par plusieurs attentats, avec des pertes parmi les soldats tchadiens de la Minusma, présents dans la ville.  

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    2/ Le récit qui ressort des dépêches

    Pour des raisons de sécurité et pour être tranquilles, les troupes françaises avaient reçu ordre de ne pas prendre en charge le déplacement des deux journalistes de RFI à Kidal, d’où le voyage effectué avec un convoi de la Minusma, avec une arrivée le vendredi soir. On n’imagine pas que la visite de ces deux journalistes ait pu être clandestine, alors que l’armée française est d’abord là-bas pour le renseignement. Elle savait donc que les deux journalistes de RFI étaient à Kidal, un fait rare. Leur dernière visite datait de juillet.

    Les deux journalistes sont venus le samedi vers midi rencontrer un cadre du MNLA à Kidal, Ambéry Ag Rissa. L’entretien a duré une demi-heure, puis… Ambéry Ag Rissa explique : «  Je les ai raccompagnés, eux et leur chauffeur. J'ai refermé la porte mais, peu après, j'ai entendu un bruit suspect. Quand j'ai rouvert, il y avait un homme qui, en tamachek, la langue touareg, m'a demandé de rentrer chez moi. Il avait une kalachnikov, était vêtu d'un boubou traditionnel, avait un chèche noir sur la tête et des lunettes de soleil ». Le chauffeur a précisé que les deux journalistes ont été entravés par leurs ravisseurs.  Ambéry Ag Rissa est rentré chez lui, et appelé la sécurité. L’alerte a donc été immédiate.

    Ainsi, quand le 4X4 des ravisseurs part, l’armée française est avisée. Il est 13 h 10. De ce que je lis, il n’y a pas trop de doute sur la direction que prend le 4X4, vers des terres les plus sûres pour les groupes armés, soit le Nord-Est (route de Tin-Essako).  Ainsi, les militaires sont immédiatement avisés, et avec des bonnes infos, car Ambéry Ag Rissa a pu donner tous les détails. Dès cet instant, chacun mesure le risque, et le scénario est celui d’un enlèvement pour obtenir une rançon. Un risque vital et une affaire d’ampleur nationale. Toutes les alertes sont allumées.

    L’armée française dépêche des équipes au sol, une patrouille d'une trentaine d'hommes sur la piste qui sort à l'Est de la ville, et deux hélicoptères. D’après le Figaro, il s’agit de deux hélicoptères français stationnés à Kidal. Le ministère de la défense reconnait le départ des deux hélicoptères, mais indique qu’ils ont décollé de Tessalit, la base aérienne de la région, située plus au Nord.

    Dans un communiqué publié le samedi soir à 22h, le ministère de la Défense a expliqué : «Un dispositif de surveillance a été mis en place pour tenter de localiser le véhicule dans lequel pouvait se trouver nos ressortissants. Ce dispositif constituait dans la mise en place de deux points de surveillance au nord et au nord-est de Kidal, et de l'envoi d'une patrouille d'une trentaine d'hommes sur la piste qui sort à l'Est de Kidal. En même temps, deux hélicoptères ont décollé de Tessalit pour tenter de repérer le véhicule. Les corps des deux journalistes ont été retrouvés par la patrouille au sol vers 14H55 locales à une douzaine de kms à l'Est de Kidal à proximité d'un véhicule à l'arrêt. Nos forces n'ont eu aucun contact visuel ou physique avec un véhicule en fuite».


    On apprendra mardi que dans le véhicule, on a trouvé les numéros de téléphones de plusieurs personnes, aussitôt présentées comme des membres du commando.

     

    Résumé ce que nous disent les dépêches : 13 h 10, l’alerte ; à 14 h 55, la patrouille au sol découvre, vers Essi Dien, à environ 12 kilomètres au Nord-Est de Kidal, les cadavres des deux journalistes et la voiture abandonnée. 

     

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    Là, commencent les questions

     

    1/ L’annonce publique de la mort des journalistes

     

    C’est la patrouille au sol qui a retrouvé les corps, à 14 h 55. Pourtant le ministère des affaires étrangères ne publie son premier communiqué qu’à 18 h 30.

     

    Or, l’annonce de la mort des journalistes été publiée deux heures plus tôt par l’agence Reuters, qui citait le préfet de la région de la localité de Tinzawaten, Paul-Marie Sidibé, et évoquait une exécution. Ensuite, les forces de sécurité maliennes et des sources touarègues du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont confirmé l'information, et c’est seulement dans un troisième temps que le Quai d'Orsay a publié l’info.

     

    Pourquoi ces délais, alors qu’il avait été le premier avisé, et ce depuis 14 h 55 ? Dans ce genre de circonstances, quatre heures, c’est très long. Que s’est-il passé ?

     

    2/ Pourquoi est-ce Fabius qui communique ?

     

    Le crime s’inscrit dans un contexte militaire, et toutes les informations de ce premier jour viennent des militaires, arrivés sur place sans doute moins d’une heure après le crime. La diplomatie ne gère rien de ce qui se passe ce jour-là sur place, et c’est pourtant le ministère des affaires étrangères qui communique. Pourquoi ? Pourquoi le choix de cette lecture diplomatique des évènements ? 

     

    Le communiqué du ministère de la défense, pure langue de bois, n’interviendra qu’à 22 heures, et depuis, on ne voit que Fabius.


    Une enquête préliminaire a été ouverte dès samedi par le parquet de Paris, pour passer à une information judiciaire lundi. Depuis, seul le Parquet est autorisé à communiquer sur les faits. 

     

    Je rappelle que pour la fameuse attaque au gaz de Damas, le même ministère des affaires étrangères avait annoncé 1 500 morts, alors qu’aucune enquête n’a été effectuée sur ce point, et qu’à ce jour il n’existe toujours aucune liste de l’identité des victimes. Alors, les belles déclarations de Fabius… à d’autres !

     

    3/ Qui a fait les premières constatations ? Qui fait les autopsies ?

     

    C’est essentiel, et on n’en sait rien.

     

    Dans une affaire criminelle, les constatations matérielles effectuées par les enquêteurs sur la scène du crime sont de première importance, surtout quand on peut intervenir juste après les faits. Tout compte, à commencer par l’emplacement des corps, qui peut permettre de comprendre la scène. Mais l’élément décisif est la balistique. Fabius a parlé de deux balles pour l’un, trois balles pour l’autre, et dit que les victimes ont été tuées « froidement ». Pour le nombre de balles , admettons (provisoirement), mais pour le reste, attention. 

     

    Rien de crédible ne peut être dit sans un rapport d’autopsie pratiqué par un expert ayant une bonne connaissance de la balistique. On peut alors savoir à quelle distance les tirs ont eu lieu, et quelle ont été les trajectoires, ce qui est une aide considérable pour comprendre comment les circonstances du crime. La presse parle d'une autopsie effectuée après le retour des corps à Paris. Cette autopsie, pratiquée dans le cadre de l'information judiciaires, donnera d'importantes précisions. Reste une question fondamentale: alors que le ministère de la défense est avisé depuis samedi 14 h 55, pourquoi ne pas avoir missionné sur place des légistes ayant une bonne pratique de la balistique ? 

     

    « Froidement », c’est à ce stade de l’intox.

     

    De même, il faudra une enquête matérielle incontestable pour nous convaincre du pourquoi de ce 4X4 en panne (quelle panne ?). Objectivement curieux ce 4X4 fermé à clé, intact, et avec des numéros de téléphone disponibles à l’intérieur. Tout est possible, mais il faut un travail d'enquête.

     

    4/ Quel scénario crédible ?

     

    Dans quel environnement était-on ? Y avait-il des risques tels pour les agresseurs que la seule solution était d’abattre les otages, lesquels étaient pourtant entravés et sous la menace des armes ? Pourquoi cette exécution alors que la prise d’otage est guidée par la rançon ? Comment expliquer cette panique d'hommes aguerris ? Pourquoi une panique au point d’exécuter les otages, alors que les soldats français ne sont pas visibles, et que les hélicoptères n’ont pas repéré les ravisseurs… Y avait-il un ou deux véhicules ? 

     

    Questions aussi sur ces deux hélicoptères. Le communiqué du ministère de la défense de 22 heures dit « Nos forces n'ont eu aucun contact visuel ou physique avec un véhicule en fuite». Il a fallu dix heures pour trouver cette belle formule… Mais où étaient-ils ces hélicoptères, alors qu’il n’y avait pas de doute sur la direction des ravisseurs, et que les troupes au sol étaient sur leur trace, pour être arrivées sur les lieux du crime à 14 H 55 ? Et pourquoi avoir une base à Kidal sans hélicoptères disponibles ?


    Est-ce si difficile de reconnaître que toutes ses troupes, bien avisés, n'ont rien pu faire alors qu'elles sont là pour ça ? Et qu'ont-elles fait exactement ? Pourquoi cette mainmise diplomatique ? 

     

    Attendons la suite, et faisons confiance. Mais la communication officielle – tout sur l’émotion, rien sur les faits – est un bien mauvais présage.

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