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maternité

  • Maman à dix ans

    affiche%20jean%20effel.jpgLa mère est une jeune fille de 10 ans, roumaine, arrivée il y a peu dans en Espagne. Le père, âgé de 13 ans, est resté en Roumanie. La naissance a eut lieu à Jerez, en Andalousie. Le bébé est une petite fille de 2,9 kilos, et la maman va bien. La grand-mère, Olimpia, a répondu à la presse, faisant part de sa grande joie et ajoutant ne pas comprendre cette agitation car « c'est l'âge où on se marie en Roumanie ». Un peu enthousiaste la mamy, car l’âge légal pour le mariage en Roumanie est en réalité fixé à 16 ans.

    A cette occasion, le quotidien El Pais explique que le nombre de jeunes filles de moins de 15 ans devenues mères a augmenté de 80 cas en 1997 à 178 en 2008. Le journal fait état de statistiques nationales selon lesquelles 386 avortements ont été pratiqués en 2008 sur des jeunes filles de 14 ans. La même année, il y a eu un avortement sur une jeune fille de 10 ans, et un sur une de neuf ans.

    Et en France, ça donnerait quoi ?

    La réalité de fait n’est pas si différente. On compte chaque année, 4.500 jeunes filles de moins de 18 ans qui deviennent maman, et 13.000 adolescentes qui ont recours à une interruption volontaire de grossesse.

    La loi française, qui semble d’ailleurs assez proche de la loi roumaine, fixe la majorité sexuelle à 15 ans avec l’article 227-25 du Code pénal : « Le fait, par un majeur, d'exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d'un mineur de quinze ans est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende ». Mais cette loi ne s’applique pas aux relatons entre mineurs. En Espagne, le seuil est à 13 ans.

    Donc, rien de pénal, rien d’illégal. Il reste une autorité parentale pas évidente à exercer quand les parents sont eux-mêmes encore soumis à l’autorité de leurs propres parents, dans les termes de l’article 371-1 du Code civil : « L'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. Elle appartient aux père et mère jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne ».

    On trouve pour seule limite le régime de l’assistance éducative, prévu par l’article 375 du Code civil : « Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice ».

     

    D’un côté ce que dit la loi, et de l’autre ce que permet la liberté,… et une petite fille qui n’a rien demandé à personne, et à qui je souhaite tout le bonheur sur terre.

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  • Payer pour des ovocytes

    772533361.3.jpgPayer pour les ovocytes. Mère à 59 ans, avec un accouchement prévu à la maternité de Port-Royal à Paris, ça ne pouvait passer inaperçu. L’équipe médicale met tout en œuvre, avec de vraies inquiétudes d’autant plus qu’il s’agit de triplés. Ce qui est sûr, c’est que cette grossesse serait en France illégale. Les lois qui encadrent l’assistance médicale à la procréation en limitent les effets aux personnes en âge de procréer.

    Alors comment, cette maternité ? Par un voyage au Vietnam, pays qui pratique sans réserve le don d’ovocyte. Et si le Vietnam est dans l’abus, manifeste car cette maternité met en danger le vie de la mère, la France, toute parée de ses habits éthiques, est bien à la traine. L’éthique confine à l’hypocrisie d’un confort illusoire, quand il suffit, pour la dépasser, de passer la frontière.

    L’ovocyte, encore appelée ovule, est la cellule reproductrice féminine. Les ovocytes sont normalement bien calés au chaud dans l’ovaire, se préparant pour la visite de l’ami spermatozoïde, et après la douce fusion des noyaux de l’un et de l’autre : et c’est parti pour la grande aventure de l’embryon.

    Très bien, quand tout marche bien. Quand ça va mal, on stimule l’ovulation, puis, avec le sperme du mari, on pratique une fécondation en laboratoire, et on implante l’ovocyte. Mais quand ça ne va plus du tout, la seule solution est d’implanter un embryon, conçu par la fécondation d’un ovocyte donné et du sperme du mari ou du compagnon. Qui donne ces ovocytes ? C’est là que ça se complique.

    Le processus n’a rien d’évident. Il commence par une stimulation des ovaires afin d’obtenir plusieurs ovocytes. 10 à 12 jours avec des injections sous-cutanées quotidiennes, des prises de sang et une échographie ovarienne, pour surveiller au jour le jour l’évolution. Le don est en réalité un prélèvement effectué par voie vaginale, sous anesthésie, et à une heure précise : 35 à 36 heures après la dernière injection. La femme donneuse rentre à la maison le soir, mais bien brassée quand même. Ajoutez des douleurs et quelques saignements. Et pour encourager, le don est anonyme et gratuit…

    Résultat des courses : la carence. Les derniers chiffres données par l’Agence de biomédecine concernent l’année 2006 : un délai d’attende allant jusqu’à cinq ans, 1 100 couples recensés en attente, 228 femmes ayant bénéficié d’un implantation, et une centaine de naissances. La société évoluant, les maternités sont de plus en plus tardives. Le problème est donc devant nous.

    Autre vérité… de l’autre côté des Pyrénées : pour la seule Catalogne, 5 000 dons d'ovocytes ont été effectués en 2006. Les femmes espagnoles seraient-elles animées par un puissant altruisme ? Non, plus prosaïquement, la loi espagnole a levé le tabou de l’argent.

    En France, les dons d’organes ou d’éléments du corps humain sont soumis à de très honorables  principes : consentement, gratuité et anonymat. Personne ne conteste le protection du consentement, très formalisé d’ailleurs. Il n’en est pas de même pour les deux autres points.

    La gratuité repose sur la théorie juridique du corps. Le corps est la personne, et il est donc hors commerce. Je ne peux pas vendre un rein pour payer le solde des impôts : très bien. Mais, comme tous les bons principes, celui-ci est fait avec une bonne dose d’élastique : pas de marché sur le corps, mais une femme peut se faire rémunérer pour dénuder son corps en dansant, ou mettre en œuvre ce corps à la recherche du plaisir tarifé d’autrui.

    L’encadrement rigoureux du don d’organe est légitime car les organes ne sont pas reproductibles. Mais franchement, quel intérêt d’appliquer le même principe à notre joyeux ovocyte qui n’attend que de rencontrer son complice et ami, le spermatozoïde ? Eviter la marchandisation du corps me dit-on… Non, cette belle loi de bioéthique a surtout pour effet de créer un vraie ségrégation par l’argent. Pour une transplantation d’ovocyte, c’est gratuit mais impossible en France,… ou 5 000 € en Espagne.

    Abandon devant le principe de réalité ? Pour ma part, je fais vite le choix. J’ai rappelé le parcours qu’est pour une femme le don d’ovocytes, et la rémunération ne heurte ni le droit, ni la morale. Des étudiantes y verraient un moyen d’aider le financer les études, et en donnant la vie. Où est le drame ?

    Et l’anonymat, pourquoi l’imposer ? Pourquoi ne pas laisser la possibilité à la femme donneuse la possibilité de laisser son identité, et à la femme receveuse de demander à en prendre connaissance ou non. Ce qui, notamment, permettrait d’encourager les dons d’ovocytes entre sœurs. Encore un drame ?

    Les lois de bioéthique doivent être révisées l’an prochain. J’espère qu’elles seront l’occasion de ces évolutions. Nous serions plus à l’aise avec cette si dangereuse maternité de 59 ans si notre droit était plus réaliste.

  • L'homme a accouché...

     

    L’homme a accouché… Né femme, devenu homme, et aujourd’hui mère. Thomas Beatie, un américain de 34 ans, vient de donner naissance, par le plus naturel des accouchements, à une petite fille, dans un hôpital de Bend (Oregon, nord-ouest).

     

    Thomas Beatie était né de sexe féminin, et se prénommait Tracy. Une petite fille destinée à devenir une femme. Mais la jeune fille ne se sentait pas féminine, et a subi tous les traitements que connaissent les transsexuels pour devenir un homme, but atteint il y a une dizaine d’années. Tous jusqu’à devenir légalement un homme. Tous ? Non, pas exactement. Car s’il avait subi une reconstruction de la poitrine par l’ablation des seins, et des traitements aux stéroïdes, Thomas Beatie avait gardé ses organes de reproduction féminins, car son épouse, Nancy, par ailleurs mère de deux enfants, ne pouvait avait procréer, ayant dû subir une hystérectomie. Et ce qui devait arriver arriva, insémination artificielle aidant : Thomas Beatie est devenu le premier homme enceint.

     

     « Le désir d'avoir un enfant n'est ni masculin, ni féminin. C'est un besoin humain. Je suis une personne et j'ai le droit d'avoir biologiquement un enfant. (…) Avoir un enfant est un droit d’être humain et non un désir sexualisé. », avait expliqué Thomas ce mois d’avril,  faisant le choix de médiatiser cette naissance. Et d’ajouter : « Malgré le fait que mon ventre grossit de jour en jour, je me sens homme, et quand ma fille naîtra, je serai le père et Nancy, la mère. »

     

    Le couple Beatie a du consulter huit médecins avant d’être pris en charge par le Dr Kimberly James, alors que les comités d’éthique se prononçaient contre cette perspective de grosses. Ce praticien avait expliqué que Thomas avait suspendu son traitement hormonal deux ans avant de commencer la procédure d’insémination artificielle. Le médecin avait expliqué : « Certains changements corporels sont, chez lui, définitifs, comme le timbre de la voix ou la pilosité, mais ils ne sont pas dangereux pour le bébé. Son niveau de testostérone est aujourd’hui celui d’une femme. »

     

    Une petite fille est née, aujourd’hui entourée de son père et de sa mère. Tous mes vœux de bonheur.

     

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