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  • Election de Miss SDF

    art_large_530801.jpgLa plus dramatique des histoires belges : une Miss SDF Belgique ! C’est nouveau, et c’est vraiment n’importe quoi.

    Il y en a qui travaillent trop, ou pas assez, je ne sais pas, mais je vois que ça dérape à fond la caisse. Un concours « Miss SDF »… Authentique ! Et je suis sérieux, je n’ai pas fumé le chichon avec Loana, c’est du vrai de vrai. Le crétin en chef qui a eu cette idée est une crétine, Mathilde Pelsers. Une crétine belge, qui œuvre dans le secteur des sans-abris et qui a eu l'idée de lancer ce concours parce que sa fille de 18 ans, Aline Duportail, participe à des concours de beauté. Ca ne rigole pas : Aline est première dame d'honneur de Miss Flandre orientale pour le concours de Miss Belgique 2009. On se calme !

    Les présélections pour Miss SDF sont prévues au printemps 2009, de façon à organiser la finale fin août ou début septembre. Le gros lot, pour la gagnante du concours, sera un toit pendant un an. Après, retourne à la rue.

    Selon le règlement du concours, la future Miss SDF « ne sera pas forcément la plus jolie, mais la plus méritante, la plus courageuse, animée d'une volonté de s'en sortir ». « Pas forcément la plus jolie » : on accepte même les cageots. Quelle générosité ! Mais par contre, les dépressives peuvent aller se rhabiller sur leur carton préféré. Par ailleurs, la présentation officielle invite le jury à prendre en compte « le vécu » et le concours ne récompensera pas une mais des finalistes avec « plusieurs prix de type possibilités de logements, achats de vêtements, soins de coiffure, etc. ». etre_humain.jpg

    « Pourquoi de tels concours seraient-ils réservés à de jeunes filles privilégiées ayant financièrement et matériellement la possibilité de s'investir ? » s'interroge Mathilde Pelsers. Tu es dans la misère sociale, victime de toutes les injustices, et ce sort hypothèque ta santé et tes perspectives de vie: on t’offre un brush !

    L’organisatrice a même ses poupées alibi, dont une Isabella, qui s’affirme SDF : « Cela montre que les femmes qui sont dans la rue sont encore valables. C'est pas pour ça qu'elles sont devenues des déchets ». Voici toute la problématique sociale ainsi résumée : valable ou pas valable, cet être humain ?

    Au premier coup d’œil, deux solutions : en rire ou en pleurer. En rire de préférence, en imaginant l’extension du procédé à d’autres secteurs. Miss Ministre pour offrir sa chance pendant un an à tous les troisièmes couteaux de la faune politique locale. Miss Emploi, avec un CDD d’un an pour une chômeuse en fin de droits. Miss Patient, permettant, dans la société de la médecine à deux vitesses, à une fauch’woman d’accéder à une prise en charge de haut niveau. Evidemment une Miss Diplôme, avec un an de stage rémunéré niveau Bac+7 pour une rescapée de la loi Pécresse…

    Au second coup d’œil, je verrais bien un petit recours ajusté pour frapper ce concours entre les deux yeux, en visant les principes de solidarité et de dignité. Car cette mise en scène de la misère, si elle est profondément révoltante, heurte surtout les principes de la civilisation. A commencer par cette qualification : miss SDF. Une personne qualifiée par trois lettres, et trois lettres qui pointent ce qu'elle n'a pas. Une personne réduite à l'injustice sociale.

    Bref, si ce concours est moderne, je veux bien tout de suite m’inscrire au concours « Arriéré profond et décati social ». Avec des chances de gagner.

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