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  • Morano est-elle amoureuse ?

    00936966-photo-pochette-hou-la-menteuse.jpgNadine Morano, figure intellectuelle de ce début du 3° millénaire, délaissant sa bibliothèque et ses encyclopédies, s’est bêtement laissée aller à faire de la politique. Et c’est là que les soucis ont commencé pour elle, dans ce monde qui n’est pas le sien. Ainsi, pendant la dernière campagne des présidentielles, elle a pris place à la tribune d’un meeting pour casser la politique sociale des socialistes. Un coup tordu : c’était un meeting socialiste, quelques minutes avant l’arrivée de Ségolène Royal… Nadine était entrée cachée sous une grande capuche, devant la caméra de ses petits copains…La plus imbécile des blagues de la campagne, qui avait rendu Sarko furieux et avait satellisé notre Nadine.

    Interrogée sur i-TV en octobre 2007, elle ment effrontément, racontant n’importe quoi dans une vidéo qui allait ressortir un an plus tard sur Dailymotion, pour faire bidonner le net. Elle explique que ce soir là, elle avait mis la capuche car il pleuvait, ce qui était un mensonge avéré. 

    Dominique, une landaise de 49 ans, jette un oeil à la vidéo, et lâche comme commentaire : « Hou la menteuse ». Référence la chanson de l’agitateur politique Dorothée : une fille fond devant un blaireau, dit que ce n’est pas vrai, et son frère se marre : « Hou, la menteuse, elle est amoureuse.» jpg_morano_jpeg.jpg

    Déclarations fracassantes de Nadine Morano qui annonce une plainte pour terrasser les pas gentils, qui se marrent de ses mensonges (et de sa peu orthodoxe tenue sur le dancefloor de la fête d’été des jeunes de l’UMP). La Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) enquête, déniche le « hou la menteuse », et remonte la piste jusqu’à Dominique.  Quelle efficacité…

    Nadine se rend compte aujourd’hui du ridicule, et indique avoir pris contact avec son avocat « pour veiller à ce que la procédure respecte l'esprit de sa plainte » quitte à la « réorienter ». Trop nul : ce sont les flics qui enquêtent, et pas les avocats.

    Alors, injure ou pas injure ? Est en cause l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881 : « Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure. »

    Au premier coup d’oeil, injure. Pour référence, deux arrêts de la Cour de cassation. Dans le premier (30 mars 2005, n° 04-85709) la Cour retient l’infraction pour le cas d'un maire qui pendant une campagne électorale avait été traité de « grand manipulateur, menteur et bonimenteur ». De même (27 novembre 1997, n° 96-85094) pour un agent public qui avait qualifié sa supérieure hiérarchique de « menteuse, incapable, incompétente ». 

    xu5n6zs7.gifCela sentirait-il le roussi pour Dominique ? Loin de là. Les fins limiers de la BRDP se plantent joyeusement. 

    L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme nous rappelle que les restrictions à la liberté d'expression sont d'interprétation étroite, et la Cour de cassation applique cette règle. Ainsi, pour une « nuit de la Sainte-Capote », organisée avec un dessin représentant, en buste, une religieuse, associée à l'image d'un angelot muni d'un arc et d'une flèche, et de deux préservatifs, l'ensemble étant accompagné de la légende suivante : « Sainte Capote protège nous », la Cour estime (14 février 2006, n° 05-81932) que cet amalgame provocateur et de mauvais goût, qui a pu heurter la sensibilité de certains catholiques, ne dépasse pas les limites admissibles de la liberté d'expression. De même, elle donne son absolution (19 février 1998, n° 95-80900) à une « outrance humoristique, sur le bon goût et la pertinence de laquelle les opinions sont libres, mais qui ne constitue pas une injure au sens de la loi », rappelant qu’il ne peut être fait abstraction du contexte.

    Alors, poursuivons l’instruction de cette très délicate affaire, pour arriver à ce constat : il y a « menteuse » et « menteuse ».

    L’agent municipal qui traite publiquement sa boss de « menteuse » injurie. Mais il en va bien différemment de Dominique qui reprend la chansonnette de Dorothée.

    Petit frère vas-tu te taire
    Hou ! la menteuse
    Ce garçon n'a rien pour plaire
    Elle est amoureuse
    Même s'il a de beaux cheveux blonds
    Même s'il a de gentilles façons
    Hou ! la menteuse
    Elle est amoureuse
    Hou ! la menteuse
    Elle est amoureuse

    Alors, « outrage, mépris ou invective » ? Le ridicule ne tue pas, mais je déconseille vivement à Nadine de prendre des risques inutiles. En vérité, je crains de ne pas être entendu : chacun sait qu'elle est une fonceuse...

    ridicule_042009.jpg

     

  • Morano : Une plainte hystérique

    morano-danse2.jpgPas d’accord avec Dailymotion qui qualifie de « historique » la plainte Nadine Morano. La plainte est tout simplement « hystérique ».


    Un coup d’oeil sur les épisodes précédents. Nadine, la bien élue alsacienne, encore appelée la Castafiore de l'UMP, en fait des tonnes pendant la campagne présidentielle, enivrée par les essences ministérielles. Pas de doute : le grand chef à plumes saura féliciter une de ses plus vaillantes guerrières. Le problème, est que Nadine, au naturel, en fait trop, beaucoup trop, et bing au pays du bling bling : la fidèle ne se retrouve pas sur la photo de famille. Punie Nadine ! Après une première séance de purgatoire, elle devient porte-parole de l’UMP, et quelques mois plus tard, la voici qui accède au rang de sous-ministre : secrétaire d’Etat à la famille.

     

    De quoi faire la fête : Nadine ne craint pas, et toutes les télés nous passent l’image d’une secrétaire d’Etat assez détendue, s’égayant sur le dancefloor de l’université d’été des jeunes de l’UMP. Je n’en dirais pas davantage, car je n’ai pas exactement le souhait de me dépatouiller avec une plainte pour ceci ou pou cela, mais vous trouvez toutes les vidéos sur Internet. Commencez par « Morano vidéo ». Je me permets de vous recommander l’une des plus fameuses vidéos, celle d’un site activiste d’extrême gauche bien connu, j’ai nommé Le Parisien :I Love My Dancefloor.jpg « Ce soir, Nadine Morano va mettre le feu au dancefloor», hurle le speaker… . Et oui, c’est comme ça les réunions UMP. Vous pouvez continuer avec « Morano l’insupportable », sa fameuse interview sur i-télé du 12 novembre 2007, qui mérite une médaille au concours de mensonge organisé. Il reste alors à embrayer avec « Morano, le clip ultime ». Excellent exercice pour stimuler les zygomatiques. http://www.dailymotion.com/swf/x8noxw

     

    Oui, mais voilà. Ces hauts moments de gouvernance moderne et décontractée, qui stimulent la réflexion philosophique, circulent sur Internet avec des lots des quolibets et des insultes. Et l’insulte est une infraction pénale.  

     

    Nadine porta plainte.

     

    Où ? Pour quoi ? Comment ? On ne sait pas exactement, ce qui est normal car les enquêtes de police sont secrètes, dans la limite des fuites organisées. Il y aurait eu ouverture d’une enquête par le Parquet de Paris le 13 février, qui aurait saisi la Brigade de répression de la délinquance contre les personnes, la BRDP. Et les policiers auraient fait injonction à Dailymotion et YouTube de fournir les adresses IP, sources des insultes.

     

    11360-marchandising-ump-le-sac-officiel-de-la-campagne-de-nicolas-sarkozy.jpgLa police est donc engagée sur le front de la grande délinquance, mais l’enquête va butter sur deux écueils assez sérieux.

    D’abord, Dailymotion et YouTube sont, au sens de la loi, des hébergeurs et non des éditeurs (Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, dite LCEN).  La cour d’appel de Paris a confirmé l’analyse du Tribunal de grande instance (Cour d’appel, 4° chambre, 22 novembre 2008, dans l’affaire fuzz.fr.) La cour réforme l’ordonnance de référé.  Les deux sites doivent donc virer illico presto les contenus illicites qu’on leur signale, mais ils ne sont pas responsables des contenus. « Nous ne sommes légalement tenus à aucune obligation générale de surveillance du contenu transmis ou stocké via le site », rappellent-ils, et à raison.

    Ensuite, les adresses IP. Renseignement précieux pour les policiers ? Tu parles. Un labyrinthe. L’injure, c’est du pénal, c’est dire qu’on condamne l’auteur lui-même. Il faudra donc à partir des adresses IP trouver celui qui, tel jour à telle heure, a de ses petits doigts balancé la douteuse vanne.

     

    Poursuivons. Première hypothèse : le titulaire de l’IP passe aux aveux, ou un des utilisateurs de l’IP passe aux aveux. L’affaire est élucidée, c’est un succès policier.

     

    Seconde hypothèse. Quinze personnes se servent de la même IP, parfois en même temps. Ou un malin emprunte l’IP le temps de balancer sa bulle. Et bien, la police risque de chercher longtemps. Il faudra comparer les emplois du temps, peut-être localiser la personne à partir de l’usage de son portable, faire des confrontations…

     

    Tout ça pour des commentaires déplacés à la suite d’images et de propos qui étaient, eux, insultants, mais publiés avec joie, décontraction et consentement.   

     

     

     

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