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  • Révisionnisme : Inadmissible silence sur les propos de Netanyahu

    Combien de personnes peuvent, sans soulever les montagnes de la réprobation, déclarer : « Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs » ? Combien ?... Oui, j’ai vu, il y a eu des protestations, mais vraiment, cela a été le service minimal. Faites une recherche sur Internet, et vous verrez que la pêche est maigre.  

    Cette déclaration est majeure, d’autant plus qu’il y a récidive, et intention.

    Benjamin Netanyahu prenait la parole mardi, devant le 37° congrès sioniste mondial à Jérusalem. Il est donc en fonction de chef de gouvernement, et s’exprime tranquillement à la tribune. Et là, il relate une rencontre survenue, selon lui, en novembre 1941, entre Haj Amin al-Husseini, un haut responsable musulman de Jérusalem, et Hitler.

    « Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs à cette époque, il souhaitait les expulser. C'est alors que Haj Amin al-Husseini est allé à la rencontre d'Hitler et lui a dit : « Si vous les expulsez, ils débarqueront tous ici ». Et Hitler de l’interroge : « Que devrais-je faire d'eux ? ». Et le mufti de répondre : « Brûlez-les ».  

    En 2012, devant le Parlement israélien, Netanyahu avait déjà défendu cette thèse :« Haj Amin Al-Husseini fut l’un des architectes de la solution finale. Il s’était rendu à Berlin. Il avait fait pression et imploré Hitler, et le persuada plus que quiconque de conduire la solution finale. Ne pas laisser les juifs partir de peur qu’ils ne viennent ici, mais les annihiler, les brûler. »

    Tout ceci relève du pur révisionnisme historique. Vous trouvez les mises au point nécessaires ici ou .

    Ne vous laissez-pas endormir par le silence qui a accueilli ces déclarations. Motif de l’indulgence en France : il ne conteste pas le bilan, les 6 millions de morts, donc la loi Gayssot est respectée, dormez braves gens… C’est grave, très grave : « Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs »… Balancer des trucs pareils… Ca me cisaille.

    Il va falloir étudier, avec le recul nécessaire, quelles seront à terme les conséquences de cette déclaration révisionniste et intentionnelle.

    Aujourd’hui, je veux juste que les faits soient bien fixés, et notamment par le texte officiel du discours publié sur le site du gouvernement : « Hitler didn’t want to exterminate the Jews at the time, he wanted to expel the Jews ».

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  • Royaume (dés)uni : Quand la famille royale dealait avec les nazis

    The Sun de ce 18 juillet publie de bien jolies images datant de 1933 ou 1934 de la famille royale faisant, dans la joie et la bonne humeur, le salut nazi, avec la future reine, sa sœur, la princesse Margaret et leur oncle, le futur roi Edouard VIII.

    La future reine avait 6 ou 7 ans, et cette photo ne permet évidemment de lui imputer aucun tort. Disons simplement qu’elle a eu de la chance, parce que si elle avait été arabe et habitant près de Nice, elle se serait trouvée convoquée chez les flics pour apologie…

    Le gros marlou, c’est d'Edouard VIII, qui fut roi à peine un an, en 1936, et qui avait dû abdiquer. Le motif public était qu’il voulait épouser une femme divorcée, mais en fait cette affaire de cœur a été instrumentalisée pour virer le mec, qui était franchement pronazi. L’ex-roi n’avait ensuite cessé de combiner avec les nazis, rencontrant Hitler en Allemagne en 1937, se déchaînant pendant l’attaque allemande, et s’impliquant dans les pires réseaux en rêvant d’une capitulation britannique, qui le ramènerait au pouvoir, comme roi frère des nazis. Intriguant donc contre son pays et sa famille, restée à Londres, exemplaire. 

    Voici ici une émission de France Inter, et là l’excellent documentaire de Gaël Chauvin « Edouard VIII, le roi nazi ». Beaucoup de choses à apprendre…

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  • Discours de Poutine pour le 70e anniversaire de la Victoire de 1945

    Le 9 mai, le minimum de décence aurait été pour les dirigeants occidentaux d’être présents à côté de nos amis et frères d’armes russes. 25 millions de morts, et le cœur de la guerre pendant deux ans contre les nazis. Le petit clan européen aurait rejoint le reste du monde, uni autour de la Russie, de la Chine et de l’Inde, avec la présence aussi du Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et de la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova. Une commémoration n’est pas un meeting politique, et la défaite du nazisme nous demandait d’être là. Vous trouverez ici la vidéo du discours de Poutine et à la suite, la parade militaire, qui est aussi une grande manifestation populaire à la mémoire des soldats.  

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  • L’effacement de l’histoire, Manlio Dinucci

    Quand en 2015, on dit "Russie" et, en France, tout le monde se planque alors qu'il suffit de regarder une carte, et de réfléchir deux minutes à l'idée de culture, pour comprendre que les Russes sont nos frères, et que c'est avec eux que nous construirons un avenir pour nos enfants. Il y a des différents, certes, lourds, certes, mais la diplomatie, c'est fait pour dialoguer, non? Restons calmes les amis. Un président à 15% est un stagiaire protégé par les institutions et la Bourse, mais la vraie vie est ailleurs. 

    En 1942, quand on pensait "russes", on devait dire soviétique, et Staline. Oki, et là, depuis notre confort de 2015, on a tout pour se diviser. Et j'ajoute: il faut l'accepter. Pourquoi serions nous condamnés à être d'accord, et pour la vie, sur des sujets aussi complexes. Je l'ai dit mille fois : le débat est naturel, il est la seule manière de faire progresser les idées. 

    Mais pour ce soir, devant les grands événements de l'histoire, il faut savoir s'incliner. Avoir une opinion sans s'être interrogé? Cette France crétine qui se pavane dans le Golfe et n'a pas deux minutes pour se rendre à Moscou me fait flipper. Je vous recommande ce texte de l'ami Manlio.

    C'est compliqué l'histoire? Oui, sauf que nous ne sommes rien si nous ne situons pas dans l'histoire: 27 millions de morts.

    *    *    *

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    Le 70° anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 9 mai à Moscou, a été boycotté sur la pression de Washington par tous les gouvernants de l’UE, sauf le président grec, et mis sous le boisseau par les médias occidentaux, dans une tentative grotesque d’effacer l’Histoire. Non sans résultats : en Allemagne, France et Grande-Bretagne, il s’avère que 87% des jeunes ignorent le rôle de l’URSS dans la libération de l’Europe du nazisme. Rôle qui fut déterminant pour la victoire de la coalition antinazie. Après l’attaque de l’URSS le 22 juin 1941 par 5,5 millions de soldats, 3500 chars et 5000 avions, l’Allemagne nazie concentra en territoire soviétique 201 divisions, c’est-à-dire 75% de toutes ses troupes, auxquelles s’ajoutaient 37 divisions de ses satellites (parmi lesquels l’Italie). L’Urss demanda sans relâche aux alliés d’ouvrir un second front en Europe, mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne le retardèrent, aux fins de décharger la puissance nazie sur l’Urss pour l’affaiblir et avoir ainsi une position dominante au terme de la guerre. Le second front fut ouvert avec le débarquement anglo-étasunien en Normandie en juin 1944, quand désormais l’Armée rouge et les partisans soviétiques avaient défait les troupes allemandes en assénant le coup décisif à l’Allemagne nazie.

    Le prix payé par l’Union Soviétique fut très élevé : environ 27 millions de morts, civils pour plus de la moitié, correspondants à 15% de la population (par rapport aux 0,3% des USA dans toute la Seconde guerre mondiale) ; environ 5 millions de déportés en Allemagne ; plus de 1700 villes et bourgs, 70 mille petits villages, 30 mille usines détruites.

    On tente aujourd’hui d’effacer cette page fondamentale de l’histoire européenne et mondiale, en mystifiant aussi les événements successifs. La guerre froide, qui divisa à nouveau l’Europe immédiatement après la Seconde guerre mondiale, ne fut pas provoquée par une attitude agressive de l’URSS mais par le plan de Washington d’imposer la domination étasunienne sur une Europe en grande partie détruite. Ici aussi les faits historiques parlent. Un mois à peine après le bombardement de Hiroshima et Nagasaki, en septembre 1945, on calculait déjà au Pentagone qu’il fallait plus de 200 bombes nucléaires pour attaquer l’URSS. En 1946, quand le discours de Churchill sur le « rideau de fer » ouvrait officiellement la guerre froide, les USA avaient 11 bombes nucléaires, qui en 1949 grimpaient à 235, alors que l’URSS n’en possédait pas encore. Mais en cette année-là l’URSS effectua la première explosion expérimentale, en commençant à construire son propre arsenal nucléaire.

    Dans cette même année l’Otan fut fondée à Washington, en fonction anti-soviétique, six ans avant le Pacte de Varsovie constitué en 1955. La guerre froide terminée, à la suite de la dissolution en 1991 du Pacte de Varsovie et de l’Union Soviétique elle-même, l’Otan s’est étendue sur pression de Washington jusqu’à l’intérieur du territoire de l’ex URSS. Et quand la Russie, s’étant reprise de la crise, a reconquis son rôle international en liant des rapports économiques croissants avec l’UE, le putsch en Ukraine, sous gestion USA/Otan, a ramené l’Europe dans un climat de guerre froide.

    En boycottant dans le sillage des USA le 70° anniversaire de la victoire sur le nazisme, l’Europe occidentale (celle des gouvernements) efface l’histoire de sa propre Résistance, qu’elle trahit en soutenant les nazis arrivés au gouvernement à Kiev. Elle sous-évalue la capacité de la Russie à réagir, quand elle est envoyée dans les cordes. Elle a l’illusion de pouvoir continuer à dicter sa loi, quand la présence à Moscou des plus grands représentants des Brics, à commencer par la Chine et de nombreux autres pays, confirme que la domination impériale de l’Occident est sur la voie du déclin.

    urss,russie,nazisme

     

  • Mein Kampf, l’un des livres les plus lus de 2013

    mein_kampf.jpgMein Kampf , l’ouvrage de base du nazisme, a fait un carton sur Internet en 2013, en se plaçant dans les très fortes ventes de livres en ligne. Ce succès est un fait, à regarder en face, et ce d’autant plus qu’au 1° janvier 2016, le droit d’exploitation tombera dans le domaine public. Tout éditeur pourra traduire et publier Mein Kampf… Alors ? On publie, on prépare et on affronte les débats, ou on censure ?

    On trouve sur le Net plus d’une centaine de versions de Mein Kampf, en format papier, audio et numérique et de nombreuses versions téléchargeables en PDF sur tout un tas de plateformes. Sur Amazon.com, il est 20ème dans la catégorie «politique et sciences sociales», 7ème de la rubrique «politique et gouvernance», 4ème du rayon «idéologie et doctrines». Selon Vocativ, Mein Kampf été téléchargé plus de 100.000 fois sur la librairie ouverte Internet Archive.

    Un éditeur californien, Elite Minds Inc, a lancé début 2013, sur la liseuse Kindle d’Amazon, une version du livre à 99 cent, environ 70 centimes d’euro. Montecristo Editora, une entreprise brésilienne basée à Sao Paolo, a suivi le mouvement. Vendu chez Apple à 2,99 $, le livre est numéro 16 des meilleures ventes d'e-books dans la catégorie «politique et actualité» sur iTunes.apple.com.

    Rédigé par Hitler alors qu’il était détenu à Landsberg entre 1923 et 1924, après le putsch raté, Mein Kampf a été publié initialement en deux volumes les 18 juillet 1925 et 11 décembre 1928. Le livre, qui pose les fondements de l'idéologie nazie, a été diffusé à 12 millions d'exemplaires en Allemagne entre 1930 et 1940.

    Mein Kampf a alors été publié en France et en français, sans autorisation de l’auteur, et l’éditeur d’Hitler a engagé un procès civil en contrefaçon. L’éditeur français expliquait que c’était un devoir que de faire connaitre ces funestes théories, et le Maréchal Lyautey avait apporté son soutien à l’intiative, ajoutant en exergue de cette édition : « Tout français doit lire ce livre ».Mais tout livre est, en droit, une œuvre de l’esprit, et la première chambre du tribunal de commerce de la Seine, le 18 juin 1934,  jugeant que « cette œuvre représente un effort de création », a donné raison à l’éditeur d’Hitler (Gazette du Palais 1934, 2ème sem. pp. 176-178).

    Après l’effondrement du régime nazi, les droits d’auteur ont été dévolus au Land de Bavière qui s’oppose à sa réédition. Aux États-Unis, le 1er amendement de la Constitution protège une totale liberté d’expression, et le livre est publié par l’éditeur Houghton-Mifflin, titulaire du droit pour l’avoir acquis avant-guerre.

    IMG_2432-kampf.JPGEn France, la société Nouvelles Editions Latines dispose des droits de traduction française de l’ouvrage, et a re-publié le livre. La LICRA a attaqué l’éditeur, sur le fondement de l’incitation à la haine raciale, demandant d’interdiction à la vente, mais la Cour d’appel de Paris, par un arrêt du 11 juillet 1979, a maintenu la vente, soulignant qu’il s’agit d’un « document historique indispensable pour la connaissance de l’époque contemporaine ». Seule limite : l’éditeur doit insérer un avertissement de huit pages expliquant qu’« aucun acte de propagande en faveur des thèses imaginées par Hitler ne peut être toléré en France » et rappelant les « crimes contre l’humanité auxquels a conduit cette doctrine ». L’éditeur annonce quelques centaines de ventes par an.

    Mais une nouvelle échéance attend les éditeurs. Le droit moral de l’auteur est perpétuel, et le Land de Bavière conservera la maîtrise intellectuelle sur l’œuvre, pouvant agir si des traductions trahissent le texte d’origine. Mais le droit d’exploitation, lui, est limité à soixante-dix ans après la mort par le droit communautaire (Directive 2006/116/CE du 12 décembre 2006, modifiant la directive 93/98/CEE du 29 octobre 1993 ; en France, art L 123-1 Code de la Propriété Intellectuelle). La date reconnue d’Hitler étant le 30 avril 1945, le droit d’exploitation tombera dans le domaine public le 1er janvier 2016. Tout éditeur pourra alors traduire et publier le livre.

    Les accros de la censure ont commencé à manœuvrer les autorités politique, mais Wolfgang Heubisch, le ministre des Sciences et de la Recherche de Bavière, s'est prononcé en faveur d'une réédition : «S'il faut que l'ouvrage d'Hitler soit édité, le danger existe que des charlatans et des néo-nazis se saisissent de cette œuvre ignoble lorsque la Bavière n'aura plus les droits. Je suis donc de l'opinion qu'une édition critique et bien documentée soit préparée». Bien d’accord avec toi, Wolfgang. Interdire, qui a toujours été idiot et contreproductif, est devenu dérisoire avec le Net.

    9782723318174.jpgEt puis, c’est vraiment une grande tradition, que lire et étudier les livres de feu. Voici un texte qui n’a pas de force juridique, mais que j’aime bien ; la Charte des bibliothèques, adoptée par le Conseil supérieur des bibliothèques le 7 novembre 1991, et j’offre deux articles offerts à nous amis les censeurs affolés…

    Article 3. – La bibliothèque est un service public nécessaire à l’exercice de la démocratie. Elle doit assurer l’égalité d’accès à la lecture et aux sources documentaires pour permettre l’indépendance intellectuelle de chaque individu et contribuer au progrès de la société.

    Article 7. – Les collections des bibliothèques des collectivités publiques doivent être représentatives, chacune à son niveau ou dans sa spécialité, de l’ensemble des connaissances, des courants d’opinion et des productions éditoriales. Elles doivent répondre aux intérêts de tous les membres de la collectivité à desservir et de tous les courants d’opinion, dans le respect de la Constitution et des lois. Elles doivent être régulièrement renouvelées et actualisées. Les collections des bibliothèques universitaires et spécialisées doivent également répondre aux besoins d’enseignement et de recherche des établissements en cohérence avec les fonds existants et avec ceux des bibliothèques appartenant au même ensemble ou à la même spécialité ».

    Comment lire, savoir, apprendre, critiquer peut-il faire peur ? Combattons les censeurs.

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