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03.07.2011

La "Principauté" de Monaco : une farce née du crime

ubu_roi.jpgQu’ils s’appellent Charlène et Albert, ou Gertrude et Alphonse, s’ils s’aiment, qu’ils se marient, et qu’ils soient heureux. Mais que les merdias nous en fassent des tonnes, et que les images envahissent les écrans, c’est tout simplement insupportable. Je précise : pour ceux qui ont un cerveau viable dans le crâne, et ne relèvent pas du droit vétérinaire. Par rapport à Monaco, Ubu était un amateur.

La principauté de Monaco…

Quelle blague,... mais quelle blague puante.

Depuis 1419, Monaco était une grosse ferme, dont le fermier s’appelait Grimaldi. En 1939, Monaco était au RMI. Miracle : en 1945, la ferme était opulente. Un mystère ? Non, les nazis avaient fait un gros bisou sur la bouche du sbire Grimaldi de l’époque, et cette principauté de mes deux vit encore des dividendes.

Comme tous les dictateurs, les nazis étaient des voleurs : l’idéologie pour donner une dimension à l’appât du gain. Je n’ai jamais vu un dictateur pauvre : ils ne savent rien faire, alors ils volent les biens des autres.

Le prince pourade du moment a craint que Mussolini le croque, et il a fait des mamours au traitre Pétain, embauchant son aide de camp, et appliquant le droit pétainiste, dont le statut des juifs. A partir de 1942, les Allemands sont là-bas chez eux. L’argent afflue avec l’installation du siège des sociétés nazies, et la Grimaldi connexion crée Radio-Monte-Carlo pour vanter les mérites du nazisme européen, avec comme vedette Maurice Chevalier, cet enfoiré mondain.

Les nazis volaient tout ce qu’ils pouvaient. Pour la France, par exemple, c’était un racket, légitimé par Pétain : entretien de l’armée d’occupation à prix d’or, contrôle des secteurs vitaux de l’économie, détournement de tout ce qui arrangerait les nazis. Le fric affluait. Plein de fric, mais comment le recycler alors que les banques avaient conservé leur personnel, qui savait toujours établir une comptabilité en deux colonnes.

La première machine à laver l’argent a été la Suisse, c’est  bien connu, et la seconde a été la Principauté de mes deux, c’est moins connu.

Le 5 mai 1944, quand le nazisme reculait devant les glorieuses armées soviétiques, Monaco est devenu un ami de Berlin : rayé de la liste des ennemis du Reich. 350PX-~1.JPG

Le 21 juillet 1944, soit plus d'un mois après le débarquement du 6 juin en Normandie, le « prince » Grimaldi régnant, Louis II, a autorisé le banquier nazi Karl-Anton Schaeffer à créer la banque Charles, du nom de Johannes Charles, un financier suisse mandaté par le Reich. C’était la panique, car il fallait récupérer tout les avoirs nazis possibles, planquer ce qui pouvait l’être via l’immobilier et les casinos, et en évacuer une part vers la bienveillante Espagne de Franco.

Personne n’a autant profité des crimes nazis que Monaco. Lors de la Libération, on a séquestré sur Monaco autant d’argent nazi que sur l’ensemble du territoire français. Trafics d’armes, marché noir, spoliation des juifs, pillage des entreprises : les banques de Monaco étaient un nirvana criminel. Une course, pour récupérer l’argent et le filer chez Franco.

Et malgré tous les efforts des traites pro-nazis de Monaco pour vider les comptes des derniers jours, il restait dans les banques de Monaco autant d’argent volé que pour toute la France. Surtout, le fermier Grimaldi avait pris sa part. Aujourd’hui, il en vit encore des dividendes de l’argent nazi. Répugnant.

Depuis, c’est l’émerveillement devant course des abrutis – le grand prix auto – les soirées de charité et la chronique de la famille du fermier.

Pour la nationalité, Monaco pratique le droit du sang, matinée de la culture de l’apartheid : le Prince de mes deux, par décision souveraine – merci de ne pas rire – peut vous accorder la naturalisation, si vous êtes assez riche. Avec à la clé un joli régime en noir et blanc : la principauté pourade compte environ 32 000  habitants, mais les citoyens Monégasques ne sont qu’environ 7 000. Ils sont les seuls à disposer du droit de vote et sont dispensés d'impôts directs.

Il y a longtemps que cette farce grotesque aurait du prendre fin.

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13.05.2009

Le Pape et les Jeunesses hitlériennes

pape-sida-capote-1240575543.jpgQue le Pape n’ait pas besoin de ce blog pour se défendre ne fait pas de doute. Et soyons francs, je ne crois pas que le Pape y ait songé. Soyons encore plus francs : dans la mesure où la cause n’est pas en péril et que les défenseurs de cœur et d’âme se précipiteraient, je n’ai pas trop à me poser la question de cette défense, ce qui m’arrange bien car, en tout seigneur tout honneur, je confesse que je n’ai pas d’atomes crochus avec ce Pape, du moins à travers la seule chose qui m’intéresse, ses déclarations publiques.

Je n’ai rien à dire de son érudition et de ce qu’il peut apporter aux fidèles. Mais vu depuis la rive du citoyen, ça coince vraiment. La dernière série, ce sont au mieux des cafouillages, au pire le signe d’un truc qui est parti en vrille. L’histoire de l’évêque révisionniste Richard Williamson ou les déclarations sur le préservatif, non, ça ne passe pas. Et pire, cette jeune fille de 9 ans, enceinte de deux jumeaux à la suite d’un viol, excommuniée pour avoir avortée ; excommunication annulée… mais maintenue pour les médecins qui avaient réalisé l’avortement. Je sais que c’est l’Eglise du Brésil et qu’elle n’a pas demandé l’autorisation à Rome. Mais je sais aussi que je n’ai rien entendu de Rome de bien pertinent. Bon, alors voilà,… Et puis un contexte. Bref, une série de rendez-vous manqués. pimpf.jpg

C’est dire que le Pape ne m’inspire pas une sympathie particulière. Je peux dire toute ma déception sur les aspects de vie sociale, car le Pape s’adresse à tous.

Donc, il y a tout ça. Et bien malgré tout ça, je trouve déplorable la manière dont on cherche à  l’embrouiller avec ses années de jeunesse. Jeunesses hitlériennes, vous m’avez compris.

Là encore, le Pape n’aide pas. La version d’hier, c'est celle du révérend Frederico Lombardi, porte-parole du Vatican : « Le Pape n'a jamais fait partie des Jeunesses hitlériennes, jamais, jamais, jamais ».

Bon. Sauf que, comme le rapporte Rue 89, c’est plus compliqué. Le site du Vatican fait référence à trois biographies, dont « Le Sel de la Terre », écrit le journaliste allemand Peter Seewald : « Joseph Ratzinger, né en 1927, et son frère Georg, âgé de trois ans de plus, n'étaient d'abord pas allés aux Jeunesses hitlériennes, a-t-il raconté. Lorsqu'elles sont devenues obligatoires en 1941, son frère y a adhéré. Lui était trop jeune. Mais, du séminaire où il était, il a ensuite été inscrit contre son gré. » Fait alors confirmé par le Pape : « Dès que j'ai quitté le séminaire, je ne suis plus allé aux Jeunesses hitlériennes. Et cela a été difficile car la réduction des frais de scolarité, dont j'avais besoin, était liée à l'attestation de visite des Jeunesses hitlériennes. »

Contacté par Rue 89, Peter Seewald se dit surpris : « Je m'étonne que le Vatican nie ce fait, mais je n'ai pas le communiqué sous les yeux et je n'ai rien entendu de tel… Car nous en avons parlé dans le livre d'entretien “Le Sel de la Terre” publié en 1996. »

TN2-25682-t-es-ou-.gifPour ma part, je mettrais bien par parenthèses les déclarations zélées du porte-parole pour en rester à celles du premier intéressé. Et après, ça change quoi ? En 1941, le jeune Joseph Ratzinger était âgé de 14 ans, et à partir de 1939, l’inscription aux Jeunesses hitlériennes avait été rendue obligatoire. A l’époque, 8 millions de membres. Hans-Dietrich Genscher, futur ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères dans les années 70/80, en fut lui aussi, et fit même partie des dernières troupes à défendre Hitler, en 1945, lors de la bataille de Berlin.

Alors franchement, imputer le côté réactionnaire des déclarations publiques ou le manque d’empathie pour l’Holocauste à un « passé nazi », c’est parfaitement idiot. C’est oublier l’histoire, oublier que c’était l’histoire d’un peuple et d’une jeunesse soumise à la pire bande de criminels.

Hier, John Demjanjuk, l’ancien gardien présumé de camps nazis, âgé de 89 ans, est arrivé en Allemagne pour être jugé pour son implication dans la mort de 29.000 Juifs. Faut-il juger ce vieillard ? Moralement, vous pouvez en penser ce que vous voulez. Mais, n’omettez pas dans votre raisonnement, un élément, la loi. La loi permet la procédure, et selon les règles, les juges, éclairés par les avis des médecins, diront si le procès est possible au regard de l’état de santé de l’accusé.

Mais, de grâce – si je puis me permettre – il n’existe pas de loi imprescriptible pour juger l’attitude d’un enfant de 14 ans en 1941. Il n’existe pas de loi pour dire qu’un enfant est responsable des lois votées par les pires des dictateurs. Et à supposer même que cet enfant de 14 ans ait pu faire mieux, au nom de quoi vouloir aujourd’hui le juger ?  

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