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obéissance

  • Un colonel de gendarmerie sanctionné

    le%20flic%20se%20rebiffe.jpgUn colonel de gendarmerie déchu de sa qualité d’OPJ pendant un an, à titre de sanction par le président de la chambre d’instruction de Reims, ce 11 juin. Une sanction, grave, car le colonel avait refusé d’exécuter la décision d’un juge d’instruction. Une demande tout de même peu banale, et le gendarme sanctionné reçoit des soutiens de toute part.   

    Le problème, ce sont des juges d’instruction demandant aux gendarmes de faires les figurants pour les reconstitutions de la scène du crime. Incontestablement, ces reconstituions sont des étapes importantes d’une instruction pénale. Selon les cas, elles n’apportent ou non des renseignements. Par exemple sur des faits de tirs, plus ou moins contestés, il s’avère intéressant de repositionner la scène, car on arrive à se rendre compte des versions qui sont ou non crédibles.  On demande à l’accusé de jouer son rôle, et à un gendarme de jouer celui de la victime. Si l’accusé refuse, ce qui est son droit, un gendarme le substitue.

    Ca avait coincé en février sur une première affaire, où des gendarmes devaient rejouer la scène d’un viol. Pas d’accord avait fait comprendre le colonel Nicolas Blériot, patron de la gendarmerie des Ardennes, et la justice avait eu recours à des acteurs.

    Nouvelle demande le 23 avril d’un juge d'instruction de Reims pour la reconstitution du double meurtre d'une fillette et de sa mère aux Ayvelles, près de Charleville-Mézières. Le colonel reçoit ordre de désigner une femme gendarme pour interpréter le rôle de la « victime femme » massacrée d'une vingtaine de coups de sabre. Précision : la gendarme doit mesurer impérativement « 1,61 mètre pour un poids de 75 kg ». Un second gendarme est requis pour incarner, le cas échéant, le meurtrier présumé.

    Pas d’accord répond le colonel. Pas d’accord pour fournir des militaires « pour parodier une scène à ce point intense sur le plan dramatique ». Comprenez bien : si l’accusé accepte, il va reconstituer la scène sadique avec comme victime passive une gendarmette.  « Il me paraît relever de mon devoir fondamental de chef de préserver mes personnels autant que faire se peut des situations stressantes que le service ne leur impose pas et dans lesquelles ils ou elles se retrouveraient victimes d’attouchements sexuels, par un délinquant pervers qui aurait plaisir àle_cave_se_rebiffe_face.jpg rejouer la scène ou dans lesquelles ils ou elles seraient victimes d’un individu ayant tué une femme d’une vingtaine de coups de sabre ». Le colonel ajoute qu’il revendique la possibilité « de faire des choix et d'établir des priorités, dans des temps où les finances et les personnels se font rares », et suggère à la magistrate d’avoir recours à des acteurs.

    Au tour de la juge de ne pas être d’accord. Elle a recours au personnel du greffe et saisit sa hiérarchie pour ce refsu d'obéisssance du militaire.

    Réponse ce 11 juin par le président de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Reims : suspension d’un an de l'habilitation d’OPJ.

    Le procureur général, qui avait requis une sanction symbolique, forme un pourvoi en cassation. « Le procureur général a formé un pourvoi en cassation contre cette décision au motif que la sanction infligée est disproportionnée », indique son secrétaire général. Ambiance la Cour d’appel de Reims.

    Au plus haut niveau national, le général de corps d’armée Jacques Mignaux a fait connaitre son soutien au colonel Blériot, indiquant qu'il « conforterait les responsables départementaux de la gendarmerie en leur donnant des instructions fermes pour qu'ils continuent à veiller, dans l'exécution des missions qui leur sont confiées, à ce que la dignité des gendarmes et le respect de leur métier soient systématiquement préservés ». Le ministre de la Justice s’est abstenu de tout commentaire, mais celui de l’Intérieur a manifesté son incompréhension.

     

    Difficile d’entrer dans un jeu ou un gendarme discute l’exécution d’une décision de justice. Mais le dialogue, ça existe, et il est difficile de ne pas être d’accord avec le colonel... Comme disait l’autre, quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limites !   

     

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