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  • Parité : Les élus machos mettent la loi en échec

    le_deuxic3a8me_sexe.gifAh, les droits de la femme dans la France laïque et universelle….c’est un must !  Regardez plutôt tous ces beaux textes, que nous sommes d'ailleurs prêts à vendre au monde entier au nom de l’exemplarité de la République.

    On commence par l’article 1 de la constitution, modifié par la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 qui a ajouté ce somptueux alinéa 2 : « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales ».

    Pour bien assurer le système, la même loi constitutionnelle a modifié l’article 4 traitant des partis politiques pour souligner dans cette magnifique langue de bois que les partis « contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi ». Donc la parité est constitutionnelle.

    Stimulé par un tel feu, le Législateur, dans son immense sagesse, n’a pas lésiné. Pour se pencher sur le berceau du bébé parité, on trouve :

    - la loi n° 2000-493 du 6 juin 2000 tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ;

    - la loi n° 2000-641 du 10 juillet 2000 relative à l’élection des sénateurs qui applique le principe de la parité à l’élection des sénateurs au scrutin de liste à la proportionnelle, dans les départements où sont élus trois sénateurs et plus, loi modifiée par la loi n° 2003-697 du 30 juillet 2003 portant réforme de l’élection des sénateurs qui a limité l’application du scrutin de liste paritaire à la proportionnelle aux départements où sont élus plus de quatre sénateurs ;CVT_Le-feminisme-pour-changer-la-societe_3001.jpeg

    - la loi n° 2003-327 du 11 avril 2003 relative à l’élection des conseillers régionaux et des représentants au Parlement européen ainsi qu’à l’aide publique aux partis politiques ;  

    - la loi n° 2003-1201 du 18 décembre 2003 relative à la parité entre hommes et femmes sur les listes de candidats à l’élection des membres de l’Assemblée de Corse ;

    - la loi n° 2007-128 du 31 janvier 2007 tendant à promouvoir l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ;

    - la loi n° 2008-175 du 26 février 2008 facilitant l’égal accès des femmes et des hommes au mandat de conseiller général ;

    - la loi n° 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des délégués communautaires, et modifiant le calendrier électoral.


    Ouf ! Quel génie créateur… Mais pour la mise en œuvre, ça parait un peu plus compliqué :


    - Niet pour Président de la République ;

    - Une seule femme Premier ministre, pendant onze mois ;

    - 155 femmes à l’Assemblée nationale, soit 27% de l’effectif ;

    - 87 femmes au Sénat, soit 25 % ;

    - 16 % des maires, et seules six femmes maires pour les 41 communes françaises de plus de 100 ;

    - une seule femme présidente d’une des 22 régions.

     

    Et hier, c’était l’élection des présidents des conseils généraux. Bilan : dix femmes élues, soit 10%. Problème…


    Je sais pas vous, mais moi, je serais l’Assemblée, je voterai une nouvelle loi, non ? 

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  • Vivent les femmes sénégalaises !

    femmes-politique-europe-parite-lointaine-l-1_1264946960.jpgSacré Wade ! Non, je ne veux parler de ses déclarations fâchées sur la minimisation de son rôle dans la libération de Clothilde. Il faudra laisser reposer quelques temps avant d’y voir plus clair, mais les interrogations sont tout de même vite ressorties…

    Aujourd’hui, il y a mieux à faire que souffler sur la braise des soupçons. Il faut tout simplement féliciter le Sénégal et notre Papy Wade qui viennent de faire un pas de géant dans l'affirmation des droits des femmes. L’Assemblée nationale vient de voter, et à une large majorité, le projet de loi 10/2010 instituant la parité absolue homme-femme dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives. Bravo, mille fois bravo. Plus de deux cents ans après la Révolution de 1789, la France en parle ; cinquante ans après l'Indépendance, le Sénégal l’a fait. Magnifique société sénégalaise !000266.jpg

    Et notre ami El Hadji Amadou Sall, ministre d’Etat, garde des Sceaux, ministre de la Justice, peut être heureux : « L’histoire politique sénégalaise est porteuse de plusieurs batailles pour une plus grande démocratie. Nous sommes heureux de poser cet acte d’une dimension historique. Cette loi rend justice aux femmes. La parité n’est donc pas une opposition entre homme et femme, c’est l’instauration d’une compétition saine et objective. Cette loi assure une distribution égale des responsabilités entre les hommes et les femmes. Par son adoption, nous accédons à une maturité démocratique plus grande ».

    La vraie parité électorale, c’est article 2 : « Les listes de candidatures sont alternativement composées de personnes des deux sexes pour les institutions partiellement ou totalement électives. Lorsque le nombre de membres est impair, la parité s’applique au nombre pair immédiatement inférieur. Lorsque le nombre de membres est impair, la parité s’applique au nombre pair immédiatement inférieur. Les listes de candidatures doivent être conformes aux dispositions de cette loi sous peine d’irrecevabilité ».

    Je transmets donc à nos trois lutins tricolores, Sarkozy, Accoyer et Copé. Vous vous rappelez l’histoire de l’homme africain qui n’est pas assez entré dans l’histoire… Résultat des courses, il y est bien entré dans l’histoire, et il est bien comme tout, d’autant mieux qu’il a amené sa mère, son épouse et ses filles avec lui !  

    Une victoire qui se déguste...

  • L’Académie des mes deux

    academicien.jpgL’Académie française des guignols femmophobes. Une bande de zouaves empapahoutés, dans leur costume vert, vert comme les fruits qui ne muriront jamais.  

    Thermomètre de l’identité nationale des entrailles, l’Académie entend conserver la langue et ses traditions. Fondée en 1635 par le divin, quoiqu’un peu terrestre, Cardinal de Richelieu. Un brave gars qui avait joué la santé de ses adducteurs sur le thème du grand écart entre la sphère publique et la sphère privée, et autres salades associées.

    Que ce club de quarante déjantés s’amuse à jouer aux billes, à coup sûr, m’indiffère au plus haut point. En habit vert, ils sont bien mignons, un peu petits pois, un peu sapins de Noël enguirlandés. Mais c’est surtout l’entourage qui fait rire.

    Le premier truc, très drôle, c’est le décalage avec le monde vivant. Nos prosateurs ne se mouchent pas du coude : « Veiller sur la langue française ». Filiation inavouée du Cardinal : ils croient encore que le pouvoir vient d’en haut. « L’Académie a travaillé dans le passé à fixer la langue, pour en faire un patrimoine commun à tous les Français et à tous ceux qui pratiquent notre langue. Aujourd’hui, elle agit pour en maintenir les qualités et en suivre les évolutions nécessaires. Elle en définit le bon usage ». La prétention en guise de pensée fondatrice.

    De tous cotés la langue française se diversifie, s’enrichit de mille apports, et de l’autre elleK123_Just_for_you_flowers.gif périclite. Non, elle a périclité. L’anglais est langue du monde, la langue de l’avenir, la langue de la liberté. Et bon vent pour cette langue, libérée de cet ectoplasme mortifère qu’est le miasmique académisme. L’anglais a gagné la partie, et je m’en félicite. C’est la plus simple, la plus souple, la plus vivante des langues. Je constate et j’admire : l’anglais, c’est un traité de paix. Débarquez dans n’importe quel coin du monde et, grâce à l’anglais, vous commencez les plans. Bien sûr, j’ai mille plaisirs à lire les écrits de langue française, comme un délice. Je recommande "Le dictionnaire amoreux des langues" de Claude Hagège (Plon), ou "Les langages de l'humanité", de Michel Malberbe (Bouquins). Mais le match n’est pas le même.

    Après la plaisanterie s’amplifie, avec l’incroyable cirque qui entoure ce cénacle vert et moulu. Les adorateurs de l’Académie... Cette semaine, c’est à notre président que la docte Académie a donné le tourbillon. Mardi à 9 h, il se sait trop occupé pour être libre à 15h. Mais le même mardi à 11 h, il se rend compte que finalement il est disponible pour 15 h. Danse du ventre très rock’n roll, mais au final pas très académique.

    Dernier stade de la blague, avec Mamie Nova, qui s’était insurgée il y a quinze jours à l’encontre des nominations trop masculines au Conseil constitutionnel,… et avec raison : que des mecs ! D’où le sourire épanoui de la même : l’Académie, c’est un haut lieu de la parité. 36 garçons et 4 filles ! Et depuis 1635, seules six filles ont été élues à l’Académie des lumières : Marguerite Yourcenar, en 1980, Jacqueline de Romilly, en 1988, Hélène Carrère d’Encausse, en l’an 1990, Florence Delay, en l’an 2000, Assia Djebar en 2005 et Mamie Nova en 2010.

    Ah, si seulement ce frigo de la pensée ne se prenait pas au sérieux…

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    Une candidate désolée de n'avoir pas été élue à l'Académie française
    "Mais pourquoi n'ont-ils pas voulu de moi ?"
  • Ces vieux messieurs qui viennent draguer la Constitution !

    1984_Vive_les_femmes_.jpgLa Constitution, cette belle et jeune femme, pleine d’avenir, se fait draguer par une équipe de papys et il faudrait rester indifférent ? Jamais de la vie ! Le Conseil constitutionnel, c’est onze membres : dix hommes, et une femme…. Ca devient franchement rigolo.

    Episode n° 1. 1789 et la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». Tous les hommes, c’est le genre humain, donc les hommes et les femmes. Oui, mais bon. Déjà à l’époque, nos vaillants révolutionnaires étaient un peu dur à la comprenette. En 1791, Olympes de Gouges avait dû leur coller un suppositoire XXL, pour leur faire ouvrir les yeux, avec la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, qui proclamait en son article 1°  « La Femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits » et en son article 2 « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la Femme et de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l'oppression ».

    Episode n° 2. L’ordonnance du 5 octobre 1944 donne le droit de vote aux femmes. Cent cinquante ans pour que ça leur remonte au cerveau, et 14 ans après la toujours très moderne Turquie. parite_1236385009.jpg

    Episode n° 3. La réforme constitutionnelle du  21 juillet 2008. Le principe de parité fait son entrée dans la Constitution, en ajoutant un 3° alinéa à l’article 1° : « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales ».

    Donc, voter les lois, pas de problème, c’est fait. Mais les appliquer,… restons sérieux, chers amis.

    Le Conseil constitutionnel, dans sa dernière composition, comprenait deux femmes dont une partante. Avec trois nominations féminines – les talents ne manquent pas – on serait arrivé à 4 femmes. Ca devenait crédible. L’un des plus mauvais élèves de la parité, chargé de contrôler le respect de la parité, s’approchait de la zone de rédemption.

    Women11.jpgBon, il en manque un peu, avec cette nomination de trois jeunes filles fringantes : Jacques Barrot, né en 1932, Michel Charasse, né en 1941, Hubert Haenel, né en 1942. Le Conseil constitutionnel devient l’un des derniers refuge du pouvoir patriarcal. Trois hommes, Sarkozy, Larcher, et Accoyer ont nommé trois hommes : un ordre naturel se dessine dans la France du XIX° siècle, qui se donne les moyens de percevoir les enjeux de demain, dans la société de la complexité.

    Alors, j’entends déjà l’argument : pour les « sages » du Conseil constitutionnel, il nous faut des messieurs, et des un peu âgés. Ah que non, mon Pépédé ! Les vieux messieurs sont parfois parfaitement sots, voire un peu coquins. Et les jeunes filles sages, c’est un modèle très commun, et même majoritaire. Trop, dirons certains.

    Ils peuvent en toute légalité continuer à se désigner les uns les autres. Mais c’est d’autant plus regrettable qu’à partir de ce 1° mars, chaque citoyen pourra, à l’occasion d’un procès, contester la constitutionnalité d’une loi, en demandant au juge de suspendre le procès et d’interroger le Conseil constitutionnel. C’est la « question prioritaire de constitutionnalité » prévue par l’article 61-1 de la Constitution. Toutes le problématiques sociales les plus aigües sont ainsi susceptibles d’être soumises au conseil constitutionnel, qui à terme peut devenir une vraie Cour Suprême.

    Quoi, le Conseil qui deviendrait une Cour ? On lit vraiment n’importe quoi sur ce blog…

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    Le Conseil constitutionnel dans quelques années
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