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  • Drame de la vie : El Blanco était une femme battue !

    Ah l’enfer de Matignon, expliqué par un rescapé de Matignon….

    De ce que nous avions compris, le 49-3 c’était l’arme parfaite du p’tit nerveux de Matignon, prêt à tout pour casser ce qui reste du PS. Mais, chères amies, chers amis, je dois constater que nous étions totalement à côté de la plaque. En réalité, El Blanco était révulsé par le 49-3, qu'il n’a appliqué que parce qu’il était sous emprise… El Blanco femme battue, et sous une double emprise, comme il l’explique la larme à l’œil.  

    « On m'a imposé le 49-3. C'est-à-dire que ce que l'on appelle les frondeurs. J'ai obtenu l'accord de la très grande majorité des parlementaires socialistes, j'ai obtenu l'accord des syndicats réformistes, mais je n'ai pas trouvé le soutien d'une cinquantaine de députés socialistes qui continuaient... Il fallait à ce moment-là, dans ces conditions, imposer le 49-3».

    Donc, le pauvre El Blanco maltraité par les frondeurs (Ces grands comiques, quand on voit ce qu’il en reste aujourd’hui).

    Mais notre gentil chouchou était dans le même temps maltraité par Hollande ! Une double, et si violente, emprise :

     «Je rappelle enfin que cette arme de la Constitution, elle a fait l'objet d'un accord avec le président de la République, d'une décision en Conseil des ministres ».

    En bref, cet autoritaire maladif se déballonne dès qu’il a quitté sa fonction officielle. La fonction crée l’organe ? Presque... Ah ah ah….

    Je redis que l’une des plus grandes fautes de Hollande est d’avoir nommé ce mec au gouvernement. On en reparlera dans quelques années.

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  • Pourquoi je voterai contre la prolongation à 3 mois d’un état d’urgence, par Pouria Amirshahi

    Seuls six députés ont voté contre la loi de renouvellement et d’extension de l’état d’urgence : trois PS, Pouria AmirshahiBarbara Romagnan et Gérard Sebaoun, et trois écolos, Sergio CoronadoNoël Mamère et Isabelle Attard. La députée PS Fanélie Carre-Conte s'est pour sa part abstenue. (Ici, le débat à l’Assemblée, bâclé en quelques heures).

    Eu égard aux dispositifs législatifs existants, à l’immense savoir-faire des services de police et au sens de la décision des autorités judiciaires, rien ne justifie le recours à ce régime d’ordre qui bafoue nos libertés, et donne ainsi une victoire indue aux dirigeants de Daech. Eux qui n’envisagent l’exercice d’aucune liberté voient la France abandonner les siennes, pour épouser la culture de la domination. L’inconstant, perdu dans un costume définitivement trop grand pour lui, cède devant les criminels : un constat amer. D’un point de vue objectif, ces projets d’extension de l’état d’urgence et de modifications de la constitution sont des victoires pour les terroristes, alors que nous avions tous les outils juridiques pour tenir.

    Les libertés ne sont pas un luxe, mais la signature fondatrice de l’État démocratique. La force de nos sociétés est la cohésion que crée le respect de tous dans la loi, et dans les tribunaux pour résoudre les conflits. La seule attitude responsable était de dire aux criminels que la loi va s’occuper de leur cas, avec méthode et professionnalisme, mais que ce n’est pas une poignée de truands, aussi odieux soient-il, qui allait changer notre législation.

    Mais il faut voir plus loin. Le renouvellement de l’état d’urgence est, même pour la sécurité, une faute. L’état d’urgence est un régime de police administrative, qui vise à la préservation de l’ordre public. De ce point de vue, les perquisitions et les assignations à résidence sont efficaces. Mais sur un plan judiciaire, c’est juste une catastrophe : quand on a arrêté un trafiquant pour port d’arme, on a gagné ou perdu ? Le travail d’analyse des réseaux qui, par de si patients efforts, vise à discerner les vrais commanditaires est anéanti par la recherche de la sécurité à bref délai. Les commanditaires, qui ne sont ni dans le 9-3, ni à Molenbeek, mais dans leurs palais du golfe persique, ne peuvent que se féliciter de la prolongation de l’état d’urgence.

    Ma conviction est claire : si le gouvernement agit ainsi, c’est qu’il sait que de grandes difficultés sont devant nous, et qu’il veut se donner les moyens de tenir le pays. Ce pire, ce sera le prix à payer pour le renversement d’alliance. Pour le moment, la Russie joue tout doux, voyant arriver vers elle l’agneau français, désorienté et apeuré. Mais la Russie est alliée à l’Iran et à la Syrie, trois pays qui ont durement souffert des choix politiques français, à l’époque pas si ancienne – cela date d’une semaine – où la France misait tout sur le Qatar, l’Arabie Saoudite et Israël, leurs ennemis. Hollande croit encore pouvoir louvoyer, mais la France devra faire des choix clairs, et le ticket de sortie - de ce qui sera vécu comme une trahison - sera d'un montant élevé. On comprend dès lors la priorité du gouvernement : les commanditaires, on sait où ils se trouvent, et nous verrons ce qu’ils feront ; le seul point sur lequel le gouvernement a une marge de manœuvre est de mâter l’opinion en tenant le pays sous une chape de plomb, d’où les bienfaits de l’état d’urgence.

    C’est dire à quel point nous ne pouvons que remercier les six députés. Les premières mesures prises permettront aux avocats de former des questions prioritaires de constitutionnalité, qui viendront se fracasser devant le Conseil constitutionnel, surtout si celui-ci est alors présidé par si affaibli Laurent Fabius, que le gouvernement veut exfiltrer. Il faudra donc contourner ces obstacles juridiques, pour jouer les libertés contre l’ordre, et c’est un long travail qui nous attend.

    Chères amies, chers amis, nos libertés sont menacées. Le corps institutionnel politique étant en déroute, il revient à chacun d’agir, avec lucidité, force et conviction pour défendre notre société fondée sur la primauté du droit. Je remercie infiniment les six députés qui ont donné le premier signal.

    Petite touche personnelle, je compte parmi eux deux amis, des gens sur lesquels on peut compter, Pouria et Barbara. Hélas, je ne connais pas les autres. Mais le message est clair : vous êtes parlementaires, et vous avez une longueur d’avance ; alors, organisez-vous, faites signe, et nous serons toujours au rendez-vous.

    Voici le texte de Pouria Amirshahi, publié dans Le Monde.

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    Énième sursaut ? Régressions démocratiques ? Réveil des consciences ? Comment empêcher d’autres morts, d’autres destins brisés par des esprits aussi manipulés que résolus à tuer ? Ce qui se joue depuis janvier 2015 et novembre 2015, c’est-à-dire l’avenir de notre société, se dessine en ce moment. Sur le front extérieur comme intérieur, le président de la République a déclaré la France « en guerre ».

    La source de cette « guerre » prend racine d’abord dans la géopolitique : la faillite des Etats, les corruptions et les bouleversements qui font le terreau de croissance des monstres tels Daech. Interroger cette géopolitique, c’est nous interroger nous-mêmes, Français, sur les désordres du monde. C’est à cette échelle qu’il convient d’assécher immédiatement les sources de financement du groupe « Etat Islamique ». C’est à ce niveau que nous devrons réviser nos alliances – y compris de commerce d’armes - avec des Etats pour le moins ambigus si ce n’est directement impliqués dans les troubles actuels.

    C’est enfin à cette échelle que doit se conduire effectivement une autre politique de reconstruction et de développement. En gros, traduire en actes une nouvelle doctrine qui pourrait se résumer ainsi : « leur développement, c’est notre sécurité ».

    Il y a ensuite les fragilités françaises qui voient des jeunes Français manipulés et endoctrinés sur fond de désamour avec la République, devenir assassins et haineux de leur propre pays. Encore ultra-minoritaires, ils croissent et se radicalisent. Il faudra bien très vite sortir des discours de tribune parlant de nos banlieues pour mettre, dès maintenant, autant de créations de postes nouveaux pour les politiques publiques de la ville, de l’action sociale, de l’éducation que nous en mettons dans la police et l’armée – sans regarder jamais à la dépense, comme si c’était plus important.

    Mais pour l’heure, il convient pour le Parlement de se prononcer ce jeudi 19 novembre, sur la prolongation pour 3 mois de l’état d’urgence, c’est-à-dire d’une « loi d’exception », dont le premier ministre avait pourtant dit le 13 janvier 2014 qu’elle n’était pas compatible avec l’esprit de notre République. Le projet du gouvernement - déposé avant même le terme des 12 jours légalement prévus et entamés le 13 novembre - entend renforcer les capacités coercitives de l’administration et des pouvoirs de police et durcir les conditions de détention des personnes suspectées prévues depuis 1955. C’est dans la précipitation que les législateurs vont délibérer d’une restriction sévère de nos libertés publiques, de nos loisirs et sorties, de nos manifestations de solidarité, de notre droit à nous réunir. Conformément à la loi de 1955, ces restrictions pourront intervenir à tout moment, à titre permanent le cas échéant, sur décision du préfet.

    Celles et ceux qui assument que les libertés puissent (ou doivent) passer au second plan d’une sécurité première ont le mérite de la cohérence. Vieux débat qui traverse la France depuis 1789. Mais pour celles et ceux qui, nombreux dans les paroles, ont affirmé avec force que la démocratie ne gagnera qu’en étant elle-même, en ne rognant pas un pouce de droit ni de liberté, il y a une grave contradiction à défendre aujourd’hui l’inverse dans la Loi : est-ce assumer notre démocratie que d’interdire potentiellement des manifestations citoyennes ? Est-ce faire preuve d’audace que d’interdire des réunions publiques au moment où les Français ont besoin de parler, de se parler, pour comprendre ? Plus que jamais nous avons besoin que la société mobilisée se mette en mouvement : pour faire vivre la démocratie bien sûr, mais aussi pour entraîner les citoyens contre les dérèglements du monde et les fanatismes monstrueux qu’ils engendrent. On n’assigne pas une société à résidence.

    Bien entendu la République doit être en capacité de se défendre. Contrairement à ce qui est affirmé par les tenants d’un virage néoconservateur, nous disposons d’un arsenal judiciaire et répressif très dense, révisé plus de 11 fois en 10 ans. Sait-on par exemple que les investigations qui ont conduit aux opérations de police mercredi à Saint-Denis ont été menées indépendamment de l’état d’urgence, dans un strict cadre judiciaire et d’enquête pénale ? « Oui, mais demain, après-demain… Comment faire ? » entend-on parfois du côté de ceux que l’uniforme rassure, même s’ils sont lucides sur l’effet peu persuasif des dispositions de sécurité de rue sur des terroristes déterminés, jusqu’à se faire sauter.

    En premier lieu, il convient d’appliquer le code de procédure pénale qui autorise déjà, dans le cadre de la lutte antiterroriste, le recours à des perquisitions de nuit, mais également l’utilisation de techniques d’enquêtes spéciales que ne permet pas l’état d’urgence (écoutes, micros, surveillances etc.). La chancellerie a d’ailleurs déjà ordonné que les affaires de terrorisme soient prioritaires.

    Ensuite, il est temps de changer de stratégie de sécurité, par exemple en déployant quelques milliers de policiers et gendarmes aujourd’hui affectés au peu efficace plan Vigipirate, qui de l’avis de tous les spécialistes vise d’abord à rassurer le quidam, vers des investigations, des enquêtes, des filatures… Ce qu’apprécieront juges et policiers, renforcera notre efficacité, et donnera des preuves aux citoyens.

    Les actions de justice et de police ont montré que le besoin prioritaire de moyens et de coordination entre services était plus important sans doute que les dispositifs exorbitants de droit commun accordés aux services de sécurité que constituent par exemple la dernière loi renseignement ou une durée anormalement longue d’un état d’urgence.

    Il est enfin un obstacle majeur à mon approbation d’une prolongation pour trois mois (durée d’ailleurs aussi arbitraire qu’inexpliquée par le gouvernement) : l’empressement d’une modification constitutionnelle, de notre Loi fondamentale, alors même que le chef des armées vient de nous déclarer « en guerre » et que la France sera en état d’urgence.

    Pas une démocratie moderne ne modifie ses règles les plus précieuses en période où prime la possibilité de dérogation à ces mêmes règles. Sans même entrer dans le contenu des modifications envisagées, dont certaines sont la reprise des vieilles revendications du bloc réactionnaire (déchéance de nationalité, présomption de légitime défense - c’est-à-dire permis de tuer - des policiers), on ne saurait, en pleine conscience républicaine, accepter de procéder à ces modifications substantielles de droit fondamental en pleine application d’une loi d’exception. Cette dernière exigence de séparation des temps de notre démocratie ayant été refusée par le premier ministre je voterai contre la prolongation à 3 mois d’un état d’urgence qui va au-delà des pouvoirs administratifs exceptionnels et s’appliquera sans contrôle démocratique véritable.

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  • L’immunité parlementaire, un privilège d'un autre temps

    La justice enquête sur un sénateur, donc un élu de la République, et chargé de voter la loi, et qui doit être irréprochable devant la loi. Des juges d’instruction chevronnés estiment nécessaire d’user des dispositions du Code de procédure pénale votée par ce sénateur pour l’entendre sous le régime de la garde-à-vue, mesure contrainte adaptée aux besoins de la justice, mais un vote a tout bloqué. Le Parlement, c’est un coin tranquille...le-coin-tranquille.jpg

    Une enquête bloquée

    L’enquête judiciaire est secrète, alors pas la peine de chercher à broder. Mais on peut quand même situer le cas de Serge Dassault, patron de la société philosophique Dassault Aviation et du Journal Officiel de l’UMP, Le Figaro. En mars 2008, Serge Dassault avait été élu maire de Corbeil-Essonnes avec 174 voix d’avance. Election annulée par Conseil d’Etat au motif de «dons en argent d’une ampleur significative». Dassault est déclaré inéligible, et il fait élire une doublure, Bechter, avec 27 voix d’avance. Nouvelle annulation au motif que Dassault avait fait figurer son nom sur le bulletin de vote, histoire d’endormir les braves gens…

    Début 2013, deux types qui se présentaient comme des anciens contacts de Dassault et racontaient comment ils procédaient aux achats de vites, ont été victimes de tentatives d’homicide. Le parquet a ouvert deux informations judiciaires, l’une pour homicide, l’autre pour fraude électorale. Nombreuses investigations, découverte de réseaux financiers à l’étranger, perquisition à la mairie… Des faits et une enquête qui ont une sacrée crédibilité au vu du motif d’annulation de l’élection qu’avait retenu le Conseil d’Etat…

    Les juges d’instruction estimaient donc, à ce stade du dossier, nécessaire d’entendre Serge Dassault sous le régime de la garde-à-vue. Pour ce faire, il fallait que le bureau du Sénat lève l’immunité… et il a refusé. Pourquoi ? On n’en sait rien, car la procédure et le vote sont confidentiel ! Très drôle…

    Un homme influent

    affiche-lhomme-tranquille.jpgEn fait, le patron de Dassault Aviation et du Figaro est un homme puissant, et le nécessaire a été fait pour que deux socialistes votent contre leur camp, et sauvent la peau de l’avionneur qui, entre autres, ruine la France avec ses Rafales.

    Je rappelle en effet que Dassault Aviation a accepté de construire le Rafale que s’il avait la certitude d’un certain niveau de vente, et que l’Etat s’engageait à acheter les Rafales si Dassault ne parvenait pas à les vendre. A ce jour, aucun Rafale n’a été vendu, et l’armée française empile les Rafales, ce qui coûte une fortune, alors qu’on peine à équiper les soldats… Grotesque.

    Voilà donc le genre de fait et de gus dont traite le dossier.

    L’immunité parlementaire

    Alors, grosses manips autour du vote qui a sauvé la peau de Dassault ? En réalité, la question doit être plus radicale : combien de temps va-t-on garder ce privilège débile qu’est l’immunité parlementaire ?

    Cette immunité comprend deux volets bien distincts, l'irresponsabilité et l'inviolabilité.

    L'irresponsabilité est définie par l’article 26 de la Constitution : « Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l'occasion des opinions ou votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions ». Là, rien à dire. C’est logique et nécessaire, faute de quoi on placerait l’exercice du mandat sous le contrôle du juge judiciaire. A la Chambre d’assurer la discipline adéquate.

    Le second volet est l’inviolabilité, et là c’est n’importe quoi, car ça ne concerne pas l’exercice du mandat, mais une protection pour des faits antérieurs ou étrangers au mandat : « Aucun membre du Parlement ne peut faire l'objet, en matière criminelle ou correctionnelle, d'une arrestation ou de toute autre mesure privative ou restrictive de liberté qu'avec l'autorisation du Bureau de l'assemblée dont il fait partie. Cette autorisation n'est pas requise en cas de crime ou délit flagrant ou de condamnation définitive ». Avant la réforme constitutionnelle du 4 août 1995, il fallait l’accord même pour une simple mise en examen.le_pere_tranquille.jpg

    Donc, tu as fait n’importe quoi avant d’être élu, ce qui d’ailleurs t’as permis d’être élu, par exemple en achetant des votes. Eh bien, élu par les citoyens tu échappes à leur sort commun, et le juge d’instruction va se casser les dents sur un vote secret du bureau de la chambre. Elle n’est pas belle, la vie ?

    Un privilège que rien ne justifie plus

    Ce régime avait été créé lors de la Révolution Française, à l’époque où le code d’instruction criminelle permettait au pouvoir politique de tout faire tout ou presque. La mesure était juste, car le pouvoir pouvait inventer des enquêtes et fracasser un parlementaire.

    Aujourd’hui, nous avons une procédure d’instruction entièrement placée sous le contrôle d’un juge, avec des mesures qui garantissent les droits de la défense, et toutes les règles protectrices du procès équitable, selon la jurisprudence de la CEDH rendu sous l’article 6-1 de la Convention EDH ?

    Alors, cette inviolabilité est un privilège dénué de toute justification, qui offre une prime aux marlous, et qui ridiculise le parlement.

    Hier, nos braves socialistes prenaient l’air dépité de circonstances. On pourrait commencer à parler de leur sincérité s’ils annonçaient qu’après cette humiliation, ils allaient supprimer ce régime débile de l’inviolabilité. On se détourne d’eux, mais que font-ils pour se mettre à niveau.

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  • Parlement/Comité National d’Ethique : De la loi à la morale

    Le personnel politique nous gave,... mais on va voter. C’est dire notre foi républicaine, avec l’idée qu’un p’tit gars peut se révéler un bon soldat quand il se trouve au front et sous l’uniforme. C’est dire que nous attendons des élus qu’ils assument leurs fonctions. Le monde souffre trop d’imbéciles prétendant à des fonctions qu’ils sont dans l’incapacité d’exercer.9782350770338_1_75.jpg

    Au regard de ces critères sains comme l’air du grand large, examinons ce qui se passe avec la loi PMA. Je veux dire PMA tendance gay, car la PMA est  inscrite dans la loi depuis 1994.

    D’un côté le Parlement

    Selon l’article 6 de la Constitution, « La Loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation ». Nickel.  

    Les pouvoirs du Parlement sont définis par l’article 24 : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques ».

    Là, premier problème. Le Parlement voulait vite voter une loi PMA, mais le Gouvernement a imposé un report en fin d’année, si tout va bien. Sous mes yeux ébahis, le Parlement n’a rien contrôlé, et le Gouvernement l’a bien contrôlé. Yurghhh !

    Et pourquoi ce délai ? Pour attendre un avis du Comité consultatif national d'éthique.

    De l’autre, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE)

    Ce comité (Décret n°83-132 du 23 février 1983) dépend des ministres chargé de la recherche et de la santé,... et pas du Parlement. Ouille, ouille, ouille… j’ai mal à mon vote !200906070683_w350.jpg

    Sa mission est donner son avis « sur les problèmes moraux qui sont soulevés par la recherche dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé ». Donc, la morale à partir des questions de recherche.

    Me voici derechef ébahi, car la loi mariage gay repose sur un principe juridique, l’égalité, et pas sur la morale. Pourquoi bloquer le Parlement pour un arbitrage moral ? Et puis, il n’y a aucune problématique de recherche, la loi visant seulement à étendre un peu le domaine de pratiques de PMA parfaitement connues. Substituer la morale à la loi ? Ah les petits coquins… La loi, c’était donc « la morale pour tous » ?

    Je me suis alors intéressé à la composition de notre arbitre moral.

    Le président du Comité est nommé par décret du Président de la République, pour un mandat de deux ans renouvelable, ce qui lui confère une indépendance totale.

    On trouve ensuite cinq personnalités désignées par le Président de la République « appartenant aux principales familles philosophiques et spirituelles ».

    Re-re-ébahissement : le Gouvernement suspend les travaux du parlement laïc pour recueillir l’avis des religieux ! Les mêmes qui ont manifesté contre le projet de loi… Un véritable attentat contre la laïcité commis par des intégristes laïcards, ah ah ah ! morale.jpg

    Viennent ensuite dix-neuf personnalités « choisies en raison de leur compétence et de leur intérêt pour les problèmes d'éthique », dont seulement un membre de l'Assemblée nationale et un membre du Sénat, puis quinze autres appartenant au secteur de recherche. Les parlementaires sont 2 sur 35. Super.

    Alors, loi ou morale ?

    La décision du Gouvernement est anti-démocratique, car on bloque le processus législatif pour lui substituer un oracle moral. Le Parlement est ce qu’il est, mais au moins il représente le peuple et ses débats sont publics. Avec la CCNE, on entre dans un tunnel de six mois de réflexions secrètes, et le Gouvernement entérinera nécessairement le résultat.

    C’est un renoncement.

    Le pouvoir dispose de solides majorités parlementaires, il est entouré de services ultra-compétents dans les chambres ou les ministères, et il peut consulter maints organismes, genre hauts conseils de ceci ou de cela, qui pullulent. Mais il arrête tout pour attendre la sentence morale des religieux et des scientifiques. Voir le Parlement qui suspend ses travaux pour recevoir une leçon de morale…

    Alors, le socialisme normal est un moralisme, c’est ça ? Tout ça pour ça ? 

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  • Elections : Ouf, c'est fini !

    présidentielles 2012,parlement,loiEnfin sorti de ce long tunnel électoral... Les Françaises et les Français ont dit ce qu’ils en pensaient en battant le record de l’abstention, avec plus de 44%. Les vainqueurs étaient hier tout sourire, mais ils feraient bien de se poser quelques questions, car en moyenne, ils ne peuvent se prévaloir que de 30% de l’électorat, ie du peuple, donc de vous et moi.  

    Près d’un électeur sur deux s’est dit non intéressé, et ça se comprend : on ne s’est jamais autant rasé lors d’une campagne législative, et je dis que c’est grave. 

    Qui peut me citer une seule idée qui serait apparue lors de cette campagne ? Une seule idée qui ait été débattue ? Rien, rien de rien.

    Dans un pays civilisé, les élections  législatives devraient être les plus importantes. La République parle et agit par la loi, expression de la volonté générale, et la loi est l’œuvre du Parlement. Alors quelles lois sont capables de voter les kyrielles de lobotomisés qui ont été élus hier ? Vous en avez une idée ? Si c’est le cas, vous avez bien de la chance, et merci de m’adresser la doc, ça m’intéresse.

    A part de fort distrayantes affaires de cœur mal gérées ou un gros canular de potache, il n’est absolument rien passé. Je veux dire rien passé du niveau d’un pouvoir législatif, car tout ce petit monde a été très actif pour blinder ses positions locales. C’est le délire de la proximité ! Je sais bienprésidentielles 2012,parlement,loi que les élections se gagnent en faisant risette sur les marchés et en buvant un coup lors des tournois de boules, mais il devrait y avoir le projet politique aussi. Un minimum, quand même !

    Tu veux être député, bonhomme ? Alors, dis moi ta vision de la France, tes idées économiques, ton point de vue sur les grandes questions de société… Des questions plus précises ? Comment règles-tu le financement de la santé, alors que ces jours-ci les banques lancent des contrats pour avancer le montant des dépenses de santé ? Es-tu partisan d’une Europe plus fédérale, comme contrepartie des engagements financiers communs, et comment serait-elle gouvernée ? Et tu penses quoi du bouclier antimissile qu’Obama veut déployer sur l’Europe, prenant ainsi un vrai contrôle militaire de nos terres ?

    Beacoup sont individuellement des gens compétents, mais le prix de l'élection est d'apprendre à se taire pour devenir un simple porte-parole du Président.

    Quand même, et pour rire un coup, on pourrait faire le test auprès des sortants, en leur citant des lois qu’ils ont votées. On trouverait plein de lois dont ils ne se rappellent pas même le titre, et si on leur demandait d’expliquer le texte et ses effets juridiques, alors là, çà serait une blague propre à dérider le plus grand des dépressifs.

    Tout ceci est consternant. Nous ne ferons rien sans un vrai Parlement avec de vrais parlementaires, et nous en sommes à des années-lumière. Plutôt d’ailleurs des années-ombre.

    présidentielles 2012,parlement,loiLe calendrier électoral anesthésie les législatives, et de fait le débat était :

     -       Votez pour moi, car Hollande doit avoir une majorité, et je m’engage à être une bonne buse votant pour ses projets les yeux fermés.

     -       Votez pour moi, car Hollande a trop de pouvoirs, et je m’engage à être une bonne buse votant contre ses projets les yeux fermés.

    Alors, après çà, c’est juste à mourir de rire de voir Ayrault prend sa voix de fluet pour affirmer que le gouvernement respectera les droits du Parlement. Tu parles… La Parlement s’est court-circuité le cerveau, alors tu ne prends pas de risques ! Nous n’avons pas de Parlement, mais juste des chambres d’enregistrement, et d’ailleurs c’est Bruno Le Roux, un grand pote de Hollande, qui sera la président du groupe PS. Comme çà, c'est clair.

    Tout le monde déplore la bassesse du niveau politique en France, proche de l’inculture. Et on montre du doigt l’école, la famille, la télé… Non, la sagesse chinoise nous apprend que le poisson pourrit toujours par la tête. C’est ce dont il est question quand on élit du gaz.

    Dés demain, les télés vont nous abreuver de reportages absolument passionnants genre « le bleuet fait ses premiers pas à l’Assemblée ». Qu’y fera-t-il, notre bleuet ? Il ira chercher son numéro.

    présidentielles 2012,parlement,loi

    Préparatifs de la rentrée parlementaire, France, 2012

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