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politique

  • L’Etat de droit et la citoyenneté

    eldorado-le-tresor-de-la-cite-perdue.jpgVu le sens politique acéré du fluet, la force de son implantation dans les réalités sociales, et le génie de son staff, il vaut mieux se préparer sagement à la victoire de Le Pen, histoire de voir ce que ça pourrait donner.

    En fait, je ne vais pas parler de son programme, car mon psychiatre, pour une fois d’accord avec mon cardiologue, m’a déconseillé les efforts inutiles, et donc de le lire.

    Ce que fera Le Pen n’est pas mon problème, la question, c’est ce que nous ferons.

    Ici, il faut déjà mettre à l’aise nos amis abstentionnistes et adeptes du vote blanc : la citoyenneté dans un État de droit ne se résume pas au fait de voter. Voter, ce n’est qu’une petite partie de la citoyenneté,... et heureusement, car il est désormais bien clair que nous votons pas en fonction de nos attachements, mais à partir des candidats désignés.

    - Je rejette les politiques du fluet ou de Le Pen…

    - Certes, mais tu es obligé de voter pour l’un d’eux, ou alors tu es un mauvais citoyen.

    - Donc, être citoyen, c’est voter une fois tous les cinq ans pour celui qu’on rejette le moins ?

    - Exact. Après tu rentres dans ton trou, et on te sifflera dans cinq ans.

    - Sauf que non…. Le vote, c’est si un candidat me va. La citoyenneté, c’est tout ce que je vais faire, à titre personnel et dans des associations, chaque jour pendant les cinq ans, pour défendre les libertés publiques, les droits sociaux et la démocratie contre les abus des autorités étatiques.

    - Non, non, ça c’est pas bon. Tu as voté, donc tu as donné ton avis dans une démocratie représentative, et tes représentants doivent pouvoir gentiment exercer le pouvoir pour lequel tu les as mandatés.

    - Arrête ton char, on croirait les cours de morale citoyenne pour le cours élémentaire. En 2012, on a voté « gauche » et El Blanco, qui s'était ramassé avec 5%, a été nommé premier ministre. De même, explique-moi si la déchéance de nationalité était dans le programme… Et la refonte des accords européens pour obtenir un plan de relance, elle est passée où ? Et le mignon banquier, nourri par le monde de la finance… Plus aucune confiance.

    - Si tu n’es pas d’accord, tu voteras contre eux cinq ans après. Correct ?

    - Correct, rien du tout, car tu auras trouvé d’autres candidats sympas pour « rénover la vie politique ». Stop. La politique française n’a pas été détruite par l’abstention des électeurs, mais par les acteurs du jeu politique. Un jeu politique se résume à des postures, et le but est de nous faire obéir, en faisant croire que nous avons choisi la règle qu'on nous oppose. Ça ne marche plus. Car attention : en même temps que la politique s’est affaiblie, le droit s’est renforcé. La France est un État de droit, qui prend place dans deux institutions européennes, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, qui sont également des communautés de droit, et dans un régime international, affaibli par les impérialismes, mais qui reste aussi une communauté de droit, avec le statut de l’ONU, outil de la paix dans le monde, et du Pacte des droits civils et politiques de 1966, sous la protection du Comité des droits de l’homme de l’ONU.

    - Mais ce ne sont que des mots, que du juridisme, rien de concret…

    - Détrompe-toi, c’est un système qui marche pas si mal que ça. La loi est l’œuvre des majorités politiques, mais elle n’est légitime que dans le respect des principes. L’unité d’un pays se structure autour des principes du droit. Pour construire ce type de recours, il faut des professionnels, des spécialistes, mais ces techniciens inventifs n’agissent qu’en fonction des demandes qui leur parviennent. La notion fausse, c’est celle de la désobéissance civile, comme si, en 2017, fallait passer dans l’illégalité pour défendre le droit. La notion de désobéissance civile est une pure illusion, inventée justement pour sauvegarder l’ordre établi : on veut faire renoncer à la défense du droit par les citoyens en faisant croire qu'il faut, pour dénoncer le droit dominant, basculer dans l’illégalité… Dans cette logique, il faudrait demander aux fonctionnaires de refuser de respecter les ordres des autorités hiérarchiques… N’importe quoi. Dans un État de droit, chaque citoyen est garant de la légalité, et en dehors du vote qui l’occupe cinq minutes tous les cinq ans, et qu’il doit assumer avec un choix très libre, il s’investit sur le terrain, opposant la force du droit aux majorités politiques qui s’égarent. Pour tenir l’outil, il faut des spécialistes, les professionnels du droit, mais concevoir le plan de bataille est l’œuvre des citoyens.

    - Donc d’après toi, une personne qui refuse de voter, parce qu'aucun candidat ne lui va, remplit son devoir de citoyen à partir du moment où elle va agir pour la défense des droits, par l’action militante et par des recours en justice ciblés, pour défendre les principes qui fondent la société ?

    - T’as tout compris. Dans une cité perdue, le droit est un trésor.

  • La gauche à 25%....

    La-chute.jpgIl y avait hier le sourire au Parti socialiste après la magnifique victoire de Bruno Hamon à 6,1% sur Nicolas Dupont-Aignant à 4,9%...  Allez, mieux vaut en rire…

    Respect pour les chiffres, respect pour les électeurs, regardons les choses en face et prenons le temps d’y réfléchir. Avec une participation qui fait le plein, la gauche a fait 25%. Une bérézina.

    On pourra parler des heures et des heures des causes, des coups tordus, des malentendus, mais le résultat est là : seulement 25% de suffrages pour la gauche. C’est attristant, consternant, ça renvoie à de lourdes responsabilités vers les leaders, les uns et les autres, la cible est large, très large. Oki, on verra tout ça plus tard.

    Mais en attendant, arrêtons-nous sur ce chiffre de 25% qui marque un terrible échec collectif, et ne faisons pas comme si nous étions déjà demain, avec des projets magnifiques propres à enflammer les meetings. La gauche est en rade, et pour longtemps.

    Elle ne s’en sortira pas par ce piège que sont les présidentielles, mais en définissant une idéologie et un programme, et s’inscrivant dans le terrain de l’action sociale, en France et à l’étranger.

    Elle ne s’en sortira pas par ces illusions que sont les gonflettes de Facebook, Youtube et Tweeter, mais par des vraies rencontres, des vraies discussions, entre de vrais gens qui s’écoutent et se parlent, et agissent là où se crée la solidarité.   

    Elle ne n’en sortira pas, dans un monde fait de dominations, sans une réflexion saine sur la politique internationale, fondée sur l’égalité et la solidarité entre les peuples et les êtres humains. Tous égaux et solidaires, oki ?

    Ce soir, nous sommes politiquement et socialement parterre, et parterre un jour de pluie froide. On n’est pas le matin du printemps de je ne sais quoi, comme chante l’autre phraseur, non, on patauge dans la mouise, et on n'a pas fait avancer d'un centimètre la cause des plus démunis. Et on ne fera pas confiance à ceux qui nous amenés là pour nous en sortir.

  • François et Marine demandent le statut de réfugié politique !

    C’était la blague du week-end : François et Marine demandent le statut de réfugié politique pour ne plus être persécutés par cette odieuse et dictatoriale justice de la République française.

    Alors qu’ils briguent la présidence de la République, ils vomissent sur les services publics de la police et de la justice… rejoignant Hollande qui a traité les juges de lâches.

    Je rassure François et Marine : nous sommes dans un État de droit, avec des juges indépendants dans toutes les villes, et des garanties internationales importantes avec la Cour de justice de l’Union européenne, la Cour européenne des Droits de l’Homme et le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU. C’est-à-dire qu’avec un avocat pas trop manchot, vous avez la possibilité d’exercer des recours efficaces à tous les degrés et tous azimuts.

    Tout le problème est qu’il faut avoir quelque chose à dire, en droit, pour sa défense, défense qui peut être virulente si elle est argumentée, mais qui sombre lorsqu’elle devient haineuse, discréditant les fonctionnaires. Car bien entendu nous ne sommes ni dans un film, ni en Égypte, mais dans la réalité française : les fonctionnaires appliquent la loi, avec scrupule. Dans une société civilisée, tout passe par le droit, et on n'attaque la loi qu’au nom des principes du droit. Sinon, c’est l’oubli de la loi, et on bascule dans la violence.

    Le plus grotesque est cette affirmation partagée par François et Marine : « Du moment que je m’adresse aux électeurs pour être élu, la justice ne peut plus s’occuper de moi ».

    - C’est la trêve

    - Trêve de mes deux !

    Vous déconnez, mes très chers. Comme vous avez la prétention de gouverner le pays, nous avons le droit de savoir si oui ou non vous avez détourné de l’argent public, en embauchant votre femme pour un emploi fictif financé par les contribuables français, ou votre collaboratrice du parti politique pour un emploi fictif financé par les contribuables européens.

    J’espère que la justice va aller vite et loin, bouleversant son calendrier pour que nous puissions voter en connaissance de cause, sur la manière dont ces gens-là manient l’argent public.

    S’ils veulent desserrer l’étreinte de la justice, c’est simple : il leur suffit de s’expliquer. À longueur de journée, ces bavards impénitents nous saoulent de discours sur tout et sur rien, mais quand ça les concerne, ils n’ont plus rien à dire et préfèrent jouer les victimes outragées pour déposer leur dossier de réfugié politique, contre cette justice dictatoriale… qui ne fait qu’appliquer la loi.

    Comme plus personne ne croit en la politique, je compte sur les juges pour que l’on puisse encore croire en la justice.

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    La Justice combattant l’Injustice

    Jean-Marc Nattier (1685 – 1766)

  • Effet Sarko : Damned, je ne peux plus aller chez Ibis ou Mercure !

    $(KGrHqVHJC8E+WwjKDdoBQKLY084+Q--60_57.JPGLes déplacements professionnels, c’est tout sauf fun. Tu arrives en fin de soirée, après une journée de travail, cassé par l’avion ou les heures de train, et loin de la maison, tu souhaites juste un petit endroit tranquille où tu retrouves des habitudes, pour te simplifier la vie. Avec Booking ou la carte de fidélité, tu te retrouves vite chez Ibis ou Mercure. Tu pars à l’étranger, et c’est le même jeu.

    Problème. J’apprends ce soir que, dans le cadre de son stage de réadaptation sociale, le prévenu Sarkozy Nicolas est devenu membre du conseil d’administration de AccorHotels, avec pour mission d’ « accompagner la vision internationale du groupe ». Wahou… L’éliminé de la présidentielle a été « coopté » en tant qu’administrateur indépendant et va présider un comité de « stratégie internationale ». Lequel éliminé se déclare « très heureux de participer au développement et au rayonnement international d’AccorHotels, un des fleurons des entreprises françaises », ajoutant : « La réussite de ce groupe et la qualité de son management en font une des plus belles vitrines du paysage économique français ». Le PDG du groupe, Sébastien Bazin, affirme sans rire que « l’expertise internationale de Nicolas Sarkozy et sa parfaite connaissance des enjeux géopolitiques mondiaux seront de formidables atouts pour le groupe ».

    - Ibis ou Mercure… Mais je croyais que Sarko tapait d’habitude un peu au-dessus ?

    - C’est la crise…

    - Le mec voulait être président de la République, et il se retrouve taulier ? Oh, cher ami de droite, ça te brasse pas un chouïa ?

    - Si.

    - Donc, je réserve chez Ibis ou Mercure, et j'enrichis Sarko ?

    - Oui.

    - Oki. Alors, tchao, Ibis et Mercure… Un tout petit effort pour changer les habitudes, en scrutant du côté des indépendants, chez qui on est si bien.

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  • Fillon veut une justice ferme et rapide

    Ce dimanche à La Villette, Fillon François, aidé par son assistante parlementaire à 8 000 € par mois, nous a délivré un grand discours, et je me suis naturellement intéressé au passage concertant la justice.  

    Pas génial. C’est sommaire et monomaniaque – la justice réduite à la lutte contre la délinquance – avec la volonté d’un renforcement des services publics de la police et de la justice qui est pile incompatible avec la suppression de 500 000 emplois publics… Mais bon.

    Surtout, c’est nul. En effet, lisez :

    « La France unie exige l’autorité de l’Etat, l’autorité de la loi, la nécessité de l’ordre.

    « Il faut mettre les mots sur les actes. Et je rappelle ce que j’ai déjà dit puisqu’il faut bien que ceux qui se jouent des lois l’entendent cinq sur cinq.

    « Un délinquant n’est pas un mineur qui se cherche. C’est un délinquant !

    « Un criminel n’est pas une victime. C’est un criminel !

    « La sécurité doit être partout et pour tous, avec des forces de l’ordre modernisées et une Justice ferme et rapide.

    « Je veux rétablir les peines planchers pour les récidivistes.

    « Un délit : une sanction ! Voilà la règle qui doit être parfaitement claire pour les délinquants ».

    C’est nul, oui, car ce n’est pas un programme, mais la réalité d’aujourd’hui.

    « L’autorité de la loi…. une justice ferme et rapide,… un délit : une sanction » : c’est ce que je vois tous les jours ! Le Parquet se saisit des informations laissant apparaitre des faits infractionnels, la police agit avec diligence et toutes les infractions sont examinées les unes après les autres, par une justice rapide et ferme.

    C’est le vœu de Fillon François, et je souhaite de tout cœur que l’avenir puisse le combler ! Bref, que tout cela ne reste pas fictif…

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    La Justice ramenant l'Abondance et l'Industrie sur la terre.

    Jean Alaux (1786-1864)

    Musée des Beaux-Arts de Quimper    

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