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présidentielles 2012

  • La manif anti-CPE du 23 mars 2006 aux Invalides

    Laisser une manifestation dégénérer – et tant pis pour les violences contre les personnes – pour discréditer un mouvement, et surjouer les braves forces de l’ordre, dernières protections de la société et merci au ministre de l'Intérieur… Ce n’est pas une première, ça se retrouve sur trop de manifestations importantes… mais c’est toujours intéressant de réunir les indices qui, concordant, ressemblent à des preuves. Voici un cas d’école avec une manif anti-CPE du 23 mars 2006 aux Invalides.

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    Le 23 mars 2006, c’est une manif de plus contre le CPE de Villepin, Premier ministre, qui est alors l’ennemi de l’Intérieur de Sarko, le ministre de l’Intérieur. Un demi-million de participants, des casseurs qui foutent la merde tous azimuts, et le cortège arrive sur la place des Invalides en fin d’après-midi. La place est bouclée, mais à l’intérieur, les casseurs attaquent et rackettent les manifestants en toute tranquillité. Un déferlement de violences mis en spectacle, avant que les flics interviennent. Le lendemain, Sarko dénonce les militants qui se mêlent aux voyous. Bref, Chirac sucre les fraises, Villepin fout le pays dans la merde, et heureusement Sarko est là.

    Jusque-là, c’est une histoire,… mais viennent quatre documents.

    1/ Le reportage de Libération le jour des faits :

     «Vers 18 h 30, il ne reste qu’un petit millier de manifestants. Méthodiquement, la police procède au bouclage de l’esplanade avec des barrières métalliques. Les CRS paraissent indifférents à ce qui se joue au milieu de l’arène. Ils regardent sortir les jeunes dépouillés, certains le visage en sang. Les policiers infiltrés assistent au jeu de massacre. Les interpellations tardent. Vers 19 heures, tout est fini. Derrière l’Assemblée nationale, une manifestante croise le député UMP Alain Marsaud. "Alors, lui dit-il, vous êtes comblée par cette débauche de violence ? Vous aimez ça ? » 

    2/ Patrick Buisson, qui était conseiller de Sarkozy

    Dans son livre à paraître aujourd’hui, Patrick Buisson explique : «Nous avions pris la décision de laisser les bandes de Blacks et de Beurs agresser les jeunes Blancs aux Invalides, tout en informant les photographes de Paris Match de la probabilité de sérieux incidents. Nous avons tremblé à l’idée qu’il puisse y avoir un blessé grave. Mais, au fond, ça valait la peine d’endurer pendant une demi-journée les sarcasmes des médias.» Il ajoute : «L’émotion fut en effet à son comble, après la publication de photos dont l’opinion ne retiendrait qu’une chose : des hordes sauvages étaient entrées dans Paris.» 

    3/ Un commissaire de police, ancien chef de section des CRS engagé sur cette manifestation :

    « J’étais présent, en mesure d’interpeller des casseurs, je les avais identifiés, et on ne m’a jamais donné l’ordre, avec ma section, d’intervenir. C’est ça que j’ai vécu. L’ordre aurait dû arriver de la Préfecture de Police de Paris, placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur ».

    4/ Un CRS, présent sur place

    Un CRS, chargé d’approvisionner en grenades ses collègues stationnés aux Invalides, affirme ce 28 septembre que cette compagnie déployée avec une bonne dizaine d’escadrons de gendarmes mobiles et d’unités CRS formait alors une ligne de front impressionnante, étirée de la rue Fabert à la rue Constantine. Et qu’il a vite compris qu’en face se passaient des choses bizarres, puisque des groupes de jeunes très mobiles et déterminés effectuaient des razzias suivies de lynchages et de vols d’effets de valeur sur les jeunes manifestants. Pour lui : « Ça progressait très lentement. Des heures pour passer la rue Saint Dominique puis la rue de l’Université… En tant que responsable de l’armurerie, moi qui pensait ne pas chômer pour ravitailler en grenades mp7 mes collègues, je suis au chômage technique. Pas une grenade n’est lancée, pas une. Des consignes ont été données. »

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    Barrer Sarko, un devoir national

  • Le méchant Parquet en veut-il au gentil Sarkozy ?

    46f85cf849c24.jpgL’affaire Bygmalion, c’est simple et compliqué. Pour les deux tours de la présidentielle de 2012, Sarkozy et Hollande pouvaient dépenser chacun 22,5 millions. Nickel pour Hollande, mais pour Sarkozy les dépenses ont été du double : 45,5 millions. Il a donc fallu mettre en place tout un système de fausses factures pour des évènements inexistants, avec des dépenses de 23 millions affectées en fraude à la campagne de Sarko. Gros, vous êtes partis en vacances avec un budget de 1000 € et vous en avez dépensé 2000.

    Alors, Sarkozy promu en correctionnelle ... Comment se présente l’affaire ?

    Il y a d’abord ce qui concerne les manips pour dégager 23 millions. C’est le volet « usage de faux, escroquerie et abus de confiance ». Pour un homme politique avisé, le fait d’exploser les dépenses induit que les recettes corrélatives sont sans doute vicieuses. Le Parquet en est convaincu : « compte tenu de sa formation et de sa très grande expérience en matière de campagne électorale, il était logique d’estimer que sa seule connaissance du dépassement du plafond de dépenses impliquait la connaissance de l’usage de moyens frauduleux inhérents à une telle dissimulation ». C’est donc une conviction, mais le parquet n’a pas de preuves, et Sarkozy ne sera pas poursuivi pour ces faits.

    Ensuite, il y a le volet maîtrise du compte de campagne par le candidat, une règle que connaissent bien tous les candidats… En un mot : l’État va financer la campagne par un remboursement, et le candidat s’engage à respecter les règles de recettes et de dépenses fixées par la loi, c’est pas plus compliqué.full.largent.jpeg

    La campagne de Sarkozy accrochait mal, et très vite le budget prévu été mis à mal. Le 7 mars 2012, un des experts-comptables de la campagne avait adressé au directeur de la campagne, Guillaume Lambert, une note alertant sur le niveau des dépenses et demandant de les limiter. Lors de l’instruction, Guillaume Lambert a affirmé qu’il avait porté cette note à la connaissance de Nicolas Sarkozy. Problème...

    Sont finalement retenus trois faits :

    - avoir dépassé le plafond des dépenses électorales ;

    - avoir omis de respecter les formalités d’établissement du compte de campagne ;

    - avoir fait état, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d’éléments comptables sciemment minorés.

    Le réquisitoire souligne qu’il s’agit de dispositions spécifiques du code électoral, qui ont créé une responsabilité autonome du candidat : « Certes, Nicolas Sarkozy occupait au moment des faits des fonctions qui lui interdisaient d’être régulièrement informé dans le détail des questions budgétaires. Cependant, ses éminentes responsabilités politiques ne pouvaient effacer celles du candidat qu’il était également et ne l’autorisaient donc pas à s’abstenir de suivre effectivement l’évolution de ses dépenses. » L’argument de Sarkozy selon lequel il avait délégué le suivi des dépenses, est balayé, le parquet soulignant qu’il « n’en avait pas le droit car le texte pénal applicable ne l’est qu’à lui seul puisqu’il vise le candidat ».

    Au niveau de l’accusation, ça tient la route, c’est le moins qu’on puisse dire. Maintenant, à la défense de jouer.

    Pour aujourd'hui, trois commentaires.

    1/ Pas de « risques de procès » avant les présidentielles.

    20399968.jpgLa presse s’accorde à dire, vu les délais de procédure et les recours prévisibles, qu’il n’y a pas de « risques » pour Sarkozy d’un procès avant les présidentielles. Je m’interroge beaucoup sur ce mot de « risques ». Pour un présumé innocent, qui se déclare innocent et veut écrabouiller le Parquet, passer devant le tribunal n’est pas un risque mais une chance, la chance de convaincre le juge de ses bons arguments et d’être innocenté. Il y a donc quelque chose qui doit m’échapper…

    2/ Le Parquet joue avec le calendrier…

    La bonne blague. Cette affaire ne concerne pas que notre excellent ex-futur président, mais treize autres personnes. L’enjeu est loin d’être négligeable, 23 millions de fausses factures, et le financement illégal d’une campagne présidentielle. Pour un dossier ouvert en 2014, la justice a été très diligente. Il y a deux ans il ne fallait rien faire, puisqu’il ne fallait pas s’acharner sur ce looser. Il y a un an il ne fallait rien faire, car il reprenait la tête du parti et c’était donc une manœuvre. Et aujourd’hui, il ne faut rien faire car il a décidé de candidater aux primaires…

    3/ L’affaire a déjà été jugée par le Conseil constitutionnel.

    Exact. Mais la loi a prévu, en cas d’irrégularités du compte des sanctions électorales et pénales. Donc, on applique la loi, no problem. Et puis, le Conseil constitutionnel s’était prononcé le 4 juillet 2013, confirmant la décision de la Commission nationale des comptes de campagne pour un dépassement de 120.267 €. A l’époque on ne savait rien de l’affaire Bygmalion et de ses 23 millions d’euros.

  • Sarko et Copé : Ça plane pour les irresponsables

    Hier soir, toute la presse était encore sur sa lancée, qui avait illuminé sa journée : Sarko plongeant dans l’affaire Bygmalion. Très bien, sauf que c’est faux : Sarko reste étranger aux manips qui ont permis à Bygmalion de détourner 18 millions €, pour le profit de Sarko.

    Oki. En attendant, regardez ces nullards : Copé était le président de l’UMP, et il est mis hors de cause ; Sarko a été le seul bénéficiaire de ces fonds, et il est mis hors de cause. La vie est belle pour les irresponsables,… mais qu’ils ne nous demandent pas de leur faire confiance.

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    Une affaire de financement politique

    Dans cette affaire de financement politique, il y a deux volets bien distincts.

    Pour toutes les campagnes électorales, la loi a mis en place un système qui repose sur deux principes : le montant des dépenses est limité en fonction d’un plafond, et le candidat qui obtient un score raisonnable, en général plus de 5 %, obtient un large remboursement d’environ 50% de ses dépenses. Pour la présidentielle de 2012, et avec les deux tours, Sarko et Hollande ne devait pas dépasser 22 millions €.

    Sarko disposait déjà de moyens importants, par le brassage politique qu’il effectuait en qualité de Président : c’est le jeu. Mais il y a eu aussi la « vraie » campagne, donc 22 millions maximum. Sauf que Sarko a dépensé beaucoup plus, en ajoutant 18 millions. Donc une campagne à 40 millions, déloyale à l’égard de son concurrent qui restait aux 22 millions.

    Pour planquer cette somme, les prestations étaient effectuées par la société Bygmalion, des copains de Copé, et tout ce qui dépassait les 22 millions a été facturé à l’UMP. Ceci est parfaitement établi. Ceux qui avaient les mains dans le cambouis - treize anciens responsables de l'UMP, tous mis en examen – ont confirmé les chiffres, qui résultent des factures.

    Et là, vient le miracle de l’irresponsabilité

    Je pensais que dans une société digne, ceux qui ont dirigé ou qui ont profité, assumaient à la place de ceux qui ont cru devoir rendre service. A l’UMP/Les Rep’, c’est l’inverse : les boss sont inatteignables, et ce sont les tricards qui dérouillent. Joli.

    Copé veut être président de la République. Certes. Mais il explique que quand il était le patron de l’UMP, ses plus proches collaborateurs l’ont enfumé, en lui faisant passer sous le nez 18 millions d’euros en quelques mois, et que lui-même ne s’est pas rendu compte que la campagne de Sarkozy doublait son budget. Le mec ne sera pas poursuivi, mais franchement, comment faire confiance à une nullité pareille ? Soit le mec n’a rien vu et c’est une tanche ; soit il a vu et il se planque, et c’est une ficelle. En toute hypothèse, on ne peut voter ni pour une tanche, ni pour une ficelle.

    Idem pour Sarko

    On ne sait pas ce qu’il y a dans le dossier, donc prudence, mais on se nourrit des déclarations de notre ami François Molins, procureur de la République de Paris, que l’on a parfois connu plus expansif (…). Hier, c’était service minimum, avec ce communiqué :

    « Nicolas Sarkozy était convoqué ce jour devant le magistrat instructeur premier saisi du dossier dit "Bygmalion-compte de campagne" et a, à l’issue de son interrogatoire de première comparution, été mis en examen du chef de « financement illégal de campagne électorale pour avoir, en qualité de candidat, dépassé le plafond légal de dépenses électorales (article 113-1 3/ du code électoral). Il a par ailleurs été placé sous le statut de témoin assisté des chefs d’usage de faux, escroquerie et abus de confiance ».

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    On décrypte ?

    Témoin assisté, c’est le minimum syndical des droits de la défense. Dès lors qu’une personne est nommément visée par un réquisitoire et qu’elle n'est pas mise en examen, elle ne peut être entendue que comme témoin assisté. On passe à autre chose avec la mise en examen, qui relève du sérieux : le juge d'instruction met en examen les personnes « à l'encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elles aient pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission des infractions dont il est saisi ».

    Donc :

    - il n’existe pas d’indices graves ou concordants rendant vraisemblable que Sarko a pu participer, comme auteur ou comme complice, aux magouilles de Bygmalion ;

    - il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable que Sarko a déclaré un compte de campagne qui explosait le seuil autorisé.

    En résumé

    Pour financer la campagne de Sarko en perte de vitesse, il a fallu doubler le budget autorisé. Donc tu dépenses deux fois ta paye, et quand le banquier t’appelle pour dire que tu as explosé ton découvert, tu dis que tu n’es pas au courant.

    Tant mieux pour ces deux irresponsables candidats à la présidence de la République, qui échappent à la répression pénale, ces angelots innocents, qui vont laisser leurs subordonnés patauger devant le tribunal correctionnel. Tant mieux, mais des planqués comme ça qui viennent ensuite donner des leçons...

    Sarko quand même mis en examen…

    Sarko se trouve mis en examen, donc avec « des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'il a pu participer, comme auteur ou comme complice, à la commission d’une infraction », à savoir celle prévue par le troisième alinéa de l’article L. 113-1 du code électoral :

    « I.- Sera puni d'une amende de 3 750 euros et d'un emprisonnement d'un an, ou de l'une de ces deux peines seulement, tout candidat en cas de scrutin uninominal ou binominal, ou tout candidat tête de liste en cas de scrutin de liste, qui :

    « 3° Aura dépassé le plafond des dépenses électorales fixé en application de l'article L. 52-11 ».

    Cette infraction sanctionne un fait : le signataire du compte de campagne a dépassé le plafond des dépenses électorales. Il y a  violation de la loi, donc le financement est illégal, mais cela ne veut pas dire que ce financement était frauduleux.

    La mise en examen prononcée par le juge d'instruction Serge Tournaire ne légitime aucune implication de Sarko dans le système des fausses factures Bygmalion. On reste à la théorie du demeuré crédule : il a signé un compte de campagne qui explosait le plafond, mais il ne se doutait pas un instant que c’est l’UMP qui payait la différence.

    Une infraction purement formelle ?

    Ayant évité la mise en examen pour le volet Bygmalion, mon excellent confrère Herzog avait hier soir d’excellentes raisons de vouloir pousser son avantage en expliquant que le Conseil constitutionnel s’était déjà prononcé sur ce dépassement de campagne, pour se contenter de rejeter le compte de campagne et faire payer une pénalité. Sous-entendu, on va régler ça en cinq minutes, car la sanction a  déjà été prononcée, et l’irresponsable Sarkozy pourra se présenter aux primaires comme l’irresponsable Copé.

    Mais là, l’ami Herzog va un peu vite en besogne.

    Le Conseil constitutionnel s’est prononcé par une décision n° 2013-156 du 4 juillet 2013, qui laisse entier le jeu du pénal. Les procédures comptable et pénale ont des objets différents, la preuve étant que la loi a prévu d’un côté une sanction financière par la Commission des comptes, contrôlée par le Conseil constitutionnel, et de l’autre côté, l’infraction pénale de l’article L. 113-1, 3°.

    De plus, le Conseil constitutionnel avait été saisi d’un recours formé contre la décision de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques qui, le 19 décembre 2012, avait rejeté le compte de campagne de Sarko. Mais à l’époque on ignorait tout de l’affaire Bygmalion, et des 18,5 millions d’euros de dépassement Sarkozy. Le compte avait été rejeté pour un excès de dépenses électorales de 466.118 euros, soit 2,1%, le plafond autorisé.

    Alors, cette mise en examen est à la fois minimaliste et maximaliste. Elle est minimaliste, car l’infraction consistant à avoir dépassé le compte de campagne n’a rien à voir avec l’implication dans des manœuvres frauduleuses pour détourner de l’argent. Dans le même temps, elle est maximaliste, car il sera bien difficile à Sarko d’expliquer qu’il n’a pas «dépassé le plafond des dépenses électorales ».  

    Donc, à prévoir un passage devant le tribunal correctionnel pour notre ami Nicolas, ce qui sera un grand moment d’émotion, Sarko expliquant « je ne savais pas » devant toute l’équipe qui s’est décarcassée pour trouver l’argent indispensable à sa splendide campagne… Et ce mec veut redevenir président de la République…

    Alors Sarko, tu assumes ou tu te planques ?

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  • Sarko jugé par le Conseil constitutionnel du blog

    Notre Sarko 1°, le Bien-Aimé-De-Sa-Dame, comparait devant le Conseil constitutionnel du blog, et ça ne rigole pas.

    Le président. – Sarkozy Nicolas, veuillez-vous approcher de la barre.sarkozy,présidentielles 2012,conseil constitutionnel

    Sarko. – Oki, les amis, je vais rejoindre mon fauteuil,… à 30 000 euros par mois,… sans y siéger,… sauf quand ça m’intéresse. Ça me fait une montre chaque mois…  

    Le président (Doucement). – Eh, fais pas le con, Nico, il y a la presse aujourd’hui…

    Sarko (Très doucement). – Désolé, ça m’a échappé, mais on se sent ici tellement en famille…

    Le président (Drapé dans sa dignité). – Monsieur l’ex- et sans doute futur président de la République, aujourd’hui vous ne pouvez pas rejoindre votre fauteuil, car c’est votre cas qui est jugé. Veuillez nous préciser vos nom, prénom et profession.

    Sarko. – Sarkozy, Nicolas, membre du Conseil constitutionnel.

    Le président (Rouge, comme la honte d’une légion d’honneur). – Pardon ? Pouvez-vous préciser, je n’ai pas très bien entendu.

    Sarko. – Sarkozy, Nicolas, conférencier international pas rasé de trois jours.

    Le président. – Merci. Le Conseil constitutionnel va donc pouvoir juger l’affaire dans la plus grande impartialité. Monsieur l’ex- et sans doute futur président de la République, c'est vous qui avez saisi le Conseil constitutionnel. Pouvez-vous nous expliquer votre recours ?  

    Sarko. – Le Parti communiste vient de rejeter mon compte de campagne !

    Le président. – C’est pas le Parti communiste, c’est la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP).

    Sarko. – Ah bon ?... C’est pareil. Je suis furax…

    Le président (Malicieux (si, si, ça lui arrive)).– Pourtant tu le sais… il ne faut plus dépenser qu’on a de recettes. Ça s’appelle la règle d’or.sarkozy,présidentielles 2012,conseil constitutionnel

    Sarko. – M’en fous, ça c’est un truc de nazes pour faire grimper les sondages. C’est pas çà qui me rend furax.

    Le Président (Soudain très solennel). – Alors ? Qu’avez-vous à plaider ?

    Sarko. – J’aurais dû nommer Roland Dumas président du Conseil constitutionnel.  Je ne serais pas dans cette mouise. Lui au moins, il s’y connait en comptes de campagne.

    Le président. – Mais çà, c’est pas possible. Mitterrand avait nommé son ami Dumas pour présider le Conseil constitutionnel en tout indépendance. Et moi, j’ai été nommé par mon ami Chirac pour présider le Conseil constitutionnel en tout indépendance. Mais toi, t’as perdu aux présidentielles, malgré tes très somptueuses dépenses…

    Sarko. – Oh, ça va…

    Le président. – … et c’est Hollande qui nommera un de ses amis pour présider le Conseil constitutionnel en tout indépendance.

    Sarko (Qui s’approche du président). – Donc, c’est cuit, tu vas m’allumer ? Attends, ça va me coûter 11 millions, et les agences de notation vont me coller au niveau de la Grèce !

    Le président (Doucement). – J’ai pas le choix, tu as fait toute ta campagne sur le budget de l’Elysée. Et puis, avec tout ce que tu as emmerdé Chirac, je suis pas mécontent de t’aligner.  

    Sarko (Qui s’approche encore plus du président). – Attends cinq minutes, je vais donner un coup de fil.

    Le président (Malicieux (si, si, ça lui arrive)). – Tu appelles le Pape, pour un miracle ?

    Sarko. – Non, j’appelle Philippe.sarkozy,présidentielles 2012,conseil constitutionnel

    Le numéro appelé. – Secrétariat du procureur à Nanterre, j’écoute.

    Sarko. – Salut, Liliane, c’est moi. Tu peux me passer Philippe ? J’ai un service à lui demander, en toute indépendance.

    Le numéro appelé. – Mais, Philippe n’est plus là. Il a été viré par le Parti communiste.

    Sarko. – Oh purée, si Philippe n'est plus là, il n’y a plus de justice…

    Le président. – Reprenons nos débats. La Commission Nationale des Comptes de Campagnes et des Financements Politiques (CNCCFP), créée après la loi du 11 mars 1988 sur le financement public des partis politiques, qui contrôle les comptes de campagne des candidats à l’élection présidentielle depuis la loi organique du 5 avril 2006, a rejeté votre compte de campagne car vous avez explosé les dépenses en faisant campagne avec le budget de l’Elysée. Qu’avez-vous à répondre ?

    Sarko. – Je m’en tape.

    Le président (Intrigué, qui ajuste ses lunettes et règle son sonotone). – Pardon ?

    Sarko. – Ca va finir de fiche le bazar à l’UMP qui va devoir payer les 11 millions qu’elle n’a pas, et comme ça, j’aurai place nette pour être candidat en 2017.

    Le président (Emoustillé, qui ressert sa cravate). –  C’est tout le bonheur que je vous souhaite et que je souhaite à la France. Et ça sera génial pour le Conseil constitutionnel, car comme ancien prédisent, vous pouvez siéger à vie, même si vous êtes le nouveau président !  

    Sarko. – T’as raison, Jean-Louis. Et du coup, je n’aurai même pas besoin de nommer Roland Dumas.

    Le président. – L’avenir nous sourit. Le Conseil constitutionnel du blog va rendre son délibéré.

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    *   *   *

    Jugement constitutionnel du blog, et patin couffin

    Au nom de la République et de l’UMP,

    Vu le Code de la famille UMP,

    Vu les statuts de l’UMP,

    Attendu que par principe, la justice doit être indépendante et impartiale ;

    Attendu que tout principe connait des exceptions, sinon on n’est plus en France ;  

    Attendu que Sarko a bien emmerdé Chirac quand il était président, et que Chirac, aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel a nommé Jean-Louis président du Conseil constitutionnel, pour surveiller Sarko ;

    Attendu que ce serait donc une bonne occasion de se l’aligner ;

    Mais attendu que le Conseil constitutionnel en condamnant un de ses membres, se condamnerait lui-même ;

    Attendu qu’aucun principe n’oblige une juridiction indépendante et impartiale à se faire hara-kiri ;

    Attendu que le Conseil constitutionnel sera très honoré de voir un de ses membres devenir président de la République en 2017 ;

    Attendu que pour ce faire, il faut éradiquer l’UMP, laquelle avec un endettement pire que la Grèce, ne s’en remettra pas, ce qui laissera les mains libres à notre ami Nicolas,

    Par ces motifs,

    Rejette le recours formé par le président de la République de 2017,

    Dit que l’UMP devra payer les 11 millions laissés par la campagne de Sarko,

    En toute indépendance, présente à Sarko ses vœux de réussite pour la présidentielle de 2017. 

     

    sarkozy,présidentielles 2012,conseil constitutionnel

    Mais non, DSK, on ne parle pas de toi ce soir...

  • Fessenheim : Le poids politique d'EDF

    pub-edf.jpgDes rougeurs aux doigts pour deux salariés, pas de prescription médicale, pas arrêt de travail, mais dans le même temps, 50 sapeurs pompiers arrivés en urgence, une campagne de presse nationale, la une de tous les jités ce soir, Corinne Lepage suant et soufflant pour faire le tour des caméras et le président de l’Assemblée Nationale sur le plateau de BFM !

    J’aurais aimé saluer cette mobilisation contre les accidents du travail… mais il s’agit uniquement de l’exploitation politique irrationnelle d’un accident du travail parfaitement bénin. Loin de simplifier le dossier, sérieux, de l’avenir de Fessenheim, ça le complique singulièrement car cela donne la fâcheuse impression que les réactions sont affectives.  

    L’accident est un dégagement de vapeur lors de la manipulation d’eau oxygénée dans un bâtiment annexe au réacteur, où sont traités certains effluents des réacteurs.

    Thierry Rosso, le directeur de la centrale, a expliqué que deux salariés « ont simplement une irritation sur les doigts » et qu’il « n'y a pas d'impact environnemental ». Jean-Luc Cardoso, le représentant de la CGT, a confirmé l’absence de toute gravité.

    Pas d'impact environnemental, mais un fort impact politique… 

    Pour François de Rugy, président du groupe écolo à l'Assemblée nationale, cet accident vient « rappeler à tout le monde, à tous ceux qui croyaient qu'avec le nucléaire il n'y avait pas de problème de sécurité, qu'il y a toujours un danger ». Pour Noël Mamère, « c’est la preuve qu'il faut fermer Fessenheim au plus vite ».

    Où est le blème ?

    François Hollande s'est engagé durant la campagne électorale à fermer cette centrale d'ici à 2017.

    L'argument souvent mis en avant est que c’est la plus ancienne des centrales, mise en service en 1977 – avec deux réacteurs à eau pressurisée, d'une puissance de près de 900 mégawatts –  prévue pour 40 ans, dépassée et arrivant à ses quarante ans en 2017. 245974-coralie-balmy-dans-la-pub-pour-edf-637x0-2.jpg

    Raisonnement simpliste, a affirmé l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) dans un rapport en juillet 2011. L’ASN expliquait en substance que l’âge de la centrale n’est pas déterminant si elle a été bien conçue et bien entretenue. Et elle avait conclu, qu’avec des travaux, la centrale pouvait encore fonctionner pendant dix années. Parmi les préconisations, le renforcement du radier – la dalle de béton sur laquelle a été construit le réacteur –  avant juin 2013.

    Hollande a été élu en mai avec un engagement clair, et pourtant en juin, EDF s’est empressée d’investir 20 millions d'euros en un an pour réaliser ces travaux, dont 15 millions pour le ravier !

    En 2013, la centrale respectera les conditions fixées par l’ASN pour un nouveau bail de 10 ans, soit jusqu’en 2027, ce qui ne va pas simplifier la décision politique. Dire « c’est un engagement de la campagne, et on sauvera l’emploi » sera trop court, et les écolos doivent ajuster leurs arguments techniques.

    Question complémentaire. De nombreuses centrales nucléaires ont été mises en œuvre à cette époque. La régle des 40 ans s’appliquera-t-elle à toutes ?

    L’incident d’hier ne pèse rien dans ce débat, mais il va falloir trancher la question de l'avenir de Fessenheim. A voir la frénésie qui a suivi ces « rougeurs aux doigts », je m’interroge sur ce que sera le débat de fond. Mais pas de doute : pour le gouvernement, le plus dur ne sera pas avec les écolos, ni avec les salariés de la centrale, mais avec EDF.

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