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présidentielles us 2012

  • Ben Laden : Le témoignage d’un des assassins

    Le livre sortira le 11 septembre, il s’appelle No easy day et c’est un des membres du commando qui a exécuté Ben Laden le 2 mai 2011, qui raconte l’histoire. media_96c60a33f9aa44188303d263f7fd2fba_t607.jpg

    Je rappelle pour mémoire que :

    -          le Pakistan ne fait pas partie du territoire des Etats-Unis, et seules les autorités pakistanaises peuvent procéder à des arrestations et faire usage des armes ;

    -          les Etats Unis connaissaient bien Ben Laden pour l’avoir financé, formé et armé afin d’alimenter la guérilla contre les soviétiques qui occupaient l’Afghanistan ;

    -          il n’existe aucun jugement ayant condamné Ben Laden à la peine capitale, ni aucune enquête judiciaire d’ailleurs ;

    -          tuer quelqu’un avec préméditation est un assassinat ;

    -          pratiquer un assassinat avec un groupe armé – et d’armes de guerre – en attaquant un domicile privé, de nuit et tuer la personne pendant son sommeil sont autant de circonstances aggravantes ;

    -          emporter le cadavre pour le jeter à la mer et contraire à toutes les lois et à toute morale.

    Le chef du gang, un certain Obama Barack, avait revendiqué l’assassinat, en en faisant l’apologie par la formule « Justice has been done ».

    35fk9n.jpgJe n’ai évidemment aucune sympathie quelconque pour cet agent US retourné qu’était Ben Laden, qui n’a jamais été le leader d’autre chose que de ses intérêts. Le groupe Al Qaeda n’a frappé que des faibles et ses actions, réelles ou supposées, ont été le prétexte donné aux Etats pour renforcer leurs contrôles sur mille choses de notre vie. Quant à son influence réelle, il suffit de constater le désintérêt des populations pour son sort.

    Alors, ce livre… Un membre du commando d’assassins a décidé de publier le récit. Nous verrons.

    Il était militaire, et il ne l’est plus. Mais l’ex-mirliton pourrait être poursuivi si le livre porte atteinte à la sécurité nationale. L’éditeur précise que le texte a été relu par un avocat connaissant bien ces questions.

    Selon le droit français, la publication ne mériterait une condamnation que si le livre était une apologie du crime ou s’il contenait des détails attentatoires à la dignité humaine. L’éditeur attire le chaland en indiquant que l’auteur « était présent lorsque Ben Laden est mort », mais il en faudrait plus, beaucoup plus…

    Dans l’affaire Aussaresses, la France avait été condamnée par la CEDH le 15 janvier 2009 (n° 20989/05) pour avoir condamné l’éditeur des mémoires du vieux tortionnaire.3qai2k.jpg

    Aussaresses n’était pas partie à la procédure, mais la CEDH avait jugé défendable son objectif, à savoir « persuader le lecteur de la légitimité, de l'inévitabilité de la torture et des exécutions sommaires pratiquées durant la guerre d'Algérie ». La Cour soulignait que ce témoignage « s’inscrivait indubitablement dans un débat d'intérêt général d'une singulière importance pour la mémoire collective » et  que « le fait que l'auteur ne prenne pas de distance critique par rapport à ces pratiques atroces et que, au lieu d'exprimer des regrets, il indique avoir agi dans le cadre de la mission qui lui avait été confiée, accomplissant son devoir, est un élément à part entière de ce témoignage ».

    Quand à l’éditeur, la CEDH avait dénoncé que l’on puisse « sanctionner un éditeur pour avoir aidé à la diffusion du témoignage d'un tiers sur des événements s'inscrivant dans l'histoire d'un pays entraverait gravement la contribution aux discussions de problèmes d'intérêt général ».

    Sur le plan de la liberté d’expression, il faudrait donc que le livre aille très loin pour justifier d’une condamnation juridique. Le cas est bien différent pour Obama, qui au lieu d’argumenter, s’était contenté d’un slogan de western « Justice has been done » et qui l’avait fait le jour même de l’assassinat et des funérailles.

    Une chose est sûre : si le chef de gang n’est pas réélu en novembre, il devra rester planqué aux US pour ne pas avoir à rendre des comptes à la Justice.  

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  • Portrait d’un sale mec

    Le voici, le portrait de ce sale mec.

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    Il s’appelle Todd Akin et il vient de déclarer sur la chaîne KTVI : « De ce que j'entends de la bouche des docteurs, la grossesse après un viol est très rare. S'il s'agit d'un véritable viol, le corps de la femme essaie par tous les moyens de bloquer tout ça. Dans les cas où ça ne se passe pas comme ça, je pense qu'il devrait y avoir des représailles. Mais la punition doit retomber sur le violeur et non l’enfant ».

    Todd Akin n’est pas un inconnu. Il a exercé de nombreux mandats dans le Missouri et il est élu à Chambre des représentants depuis 2000. C’est un ravagé des législations anti-avortement, et l’an dernier il avait professé de magnifiques théories sur le « viol forcé », qu'il faudrait distinguer du « viol ». Dans cet Etat d’un autre monde, ce gus a obtenu grâce à ce type d'arguments l’investiture des Républicains pour le Sénat. Il faut dire que c’est un véritable érudit,... membre de la commission des Sciences de la Chambre des représentants.

    La déclaration d'Akin fait des ravages chez nos amis US, l’équipe Obama étant trop contente de l’aubaine. Pressé de question, ce génie des carpettes n’a pas été en mesure de dire comment il distinguait les « véritables viols » des autres, et il n’a pas su expliquer les mécanismes physiologiques qui « bloquaient tout cela ». Enfin,... il a refusé de répondre aux journalistes, car dans ses réunions électorales, ce délabré du bulbe ne va pas renoncer aux belles théories qui lui ont permis d’obtenir la précieuse investiture pour l'élection sénatoriale.

    Avec leurs arguments véreux, les Républicains veulent faire tomber l'arrêt Roe vs. Wade de 1973 de la Cour suprême sur l'avortement. Cet arrêt est pourtant une authentique passoire juridique car s’il reconnait le caractère constitutionnel du droit à l’avortement,… il autorise les Etats à en limiter l’exercice.

    La Belle et Blanche Cour Suprême a même donné un sérieux coup de main à ces allumés du Missouri dans l’affaire Webster v. Reproductive Health Services (1989). Elle a admis la constitutionalité d’une loi du Missouri empêchant les établissements de santé bénéficiant de fonds publics de pratiquer des avortements dont le but n’est pas justifié médicalement par des risques graves pour la santé. Les élus de cet Etat ont ensuite fait pression sur les établissements privés, et dans 95 % des comtés, il n’existe aucune structure sanitaire pour pratiquer des IVG. Autant dire que l’IVG est interdite. C’est ce savoir faire que Todd Akin vend pour être élu sénateur.

    Il faut dire que ça travaille dur au Parti Républicain.

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