Avertir le modérateur

premier ministre

  • Camarade Jean-Marc, on compte sur toi

    Sacré Jean-Marc ! Toi qui t’es battu pour la retraite à soixante ans, voilà qui tu prends ton job à 62 ans, tout jeunot. Vas-y tranquille : Matignon, c’est pas comme les Pompiers de Paris, il n’y a pas de bizutage.premier ministre, président de la république

    Je suis très content de ta nomination car, légaliste forcené, je sais que maintenant on va retrouver un Premier ministre. Ca fait si longtemps… Cinq ans, c’est long. Selon l’article 20 de la Constitution, « le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation ». Et pour ce faire « il dispose de l'administration et de la force armée ». Et toi, tu es le Premier ministre, qui aux termes de l’article 21 « dirige l'action du Gouvernement ». C’est toi qui es « responsable de la Défense Nationale » et en plus tu «  assures l’exécution des lois ». Alors, vas-y,... et vas-y joyeusement ! 

    L’hyperprésident s’occupait de tout et le Premier ministre n’était que son collaborateur. C’était un déséquilibre total. Nul.

    D’abord par rapport au texte de la Constitution. Garde toujours à portée de la main l’article 5 : « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'État. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités ». Alors, comme tu dois assurer l’application des lois, please, commence par la première de nos lois, la Constitution.

    Et puis au-delà du texte, un pays a besoin d’une répartition entre celui qui préside et celui qui gouverne. Nombre de nos voisins ont gardé des reines ou des rois, et ils ne s’en portent pas plus mal. D’autres ont des présidents, mais bien à l’écart de la mêlée, pour représenter l’unité du pays. Le général de brigade à titre provisoire de Gaulle avait une vision très hallu du pouvoir et comme il était fumace de s’être fait virer en 1946, il avait mis le paquet en 1958. Mais tout çà n’est plus d’époque.

    Ceci dit, je me permets amicalement quelques conseils très libres, car je sais que tu n’en tiendras aucun compte. premier ministre, président de la république

    1) Tu es le chef du Gouvernement, et donc tu « détermines  et conduis la politique de la Nation ». Alors, vas-y, c’est à toi. Et comme tu seras pas candidat en 2017, le Président va te ficher la paix. De toute façon, il sait que son idole la Mitte (un peu transfiguré, mais bon…) n’a jamais été aussi populaire que quand il ne faisait rien, pendant les cohabitations, alors il va te laisser gouverner. Pour une fois, les articles 5 et 20 vont être copains comme des larrons en foire.

    2) Il faut que tu lui trouves une occupation. Pas de problème. Pendant la campagne, chaque fois qu’on lui posait une question, il répondait qu’il faudrait tout mettre sur la table. Encore hier soir, itou avec Mamie Merkel pour l'histoire de l'accord européen. Donc, tu prends le catalogue Ikea et tu fais livrer un bon paquet de tables à l’Elysée. Lui, il mettra tout dessus, et ce sera le plus heureux des gars.

    3) Le programme,... laisse tomber ! Et ne fais pas même semblant. C’est juste fait pour gagner l’élection mais ça n’a aucune importance. Ne perds pas ton temps avec çà. L’article 20 vaut mieux qu’un programme, crois moi.

    4) Tu vas te retrouver dès ce soir avec tout un attirail de ministres, alors que tu as sous la main le génial secrétariat général du gouvernement, qui permet de tant faire. Je sais que tu te passerais de tous ces bavards, mais il faut faire avec. D’abord, prends les plus pénibles au gouvernement car tu les contrôleras mieux que s’ils restent en liberté. Ensuite, tu fais une déclaration genre « les ministres doivent être sur le terrain auprès des citoyens, pour la proximité et patati patata ». Comme ça, ils ne sont pas au bureau et tu gères en direct avec les dir’cabs, qui ont une délégation générale de signature.

    Allez, bon travail, camarade Jean-Marc.   

    premier ministre, président de la république

  • Fin de l’hyper-présidence, début de la cohabitation

    affiche.jpgSarko à la ramasse n’a pas pu se débarrasser de Fillon. Ce soir, c’étaient les sourires, mais dès demain commencera la lutte, et elle sera à couteaux tirés. Pour la Droite comme pour la Gauche, la présidentielle de 2012 semble trop forte pour eux : ils ont perdu prise.  

    Si Sarko avait nommé l’amusant Borloo, Fillon devenait à l’instant un candidat à la succession, comme Pompidou remercié par de Gaulle. Et là, Sarko ne contrôlait plus rien, notamment car les parlementaires ne souhaitent pas être ministres, mais seulement réélus.

    Aussi, Sarko s’est résolu à garder Fillon, ce qui est une cruelle défaite car tout le psychodrame entretenu depuis 6 mois était justement fait pour éreinter Fillon. Pour la première fois de la V° République, un premier ministre s’impose face au président de la République.

    Sarko rêvait d’un premier ministre en pâte à modeler, ou en éponge. C'est raté, et il se trouve obligé de donner les clés de l’UMP à Copé, son ennemi intime, car il espère que cet ambitieux, persuadé de son destin présidentiel, pourra contrecarrer Fillon.

    Que va faire Fillon ? Rien, comme depuis trois ans, à part ses discours alambiqués de chèvre pleurnicharde sur les malheurs de la France. Pourquoi changerait-il une méthode qui a assuré son succès ? Il va laisser Sarko se péter les adducteurs entre les œillades à l’extrême-droite, genre discours de Grenoble, et les déclarations à la Chavez sur la taxation de la spéculation financière.

    Et la Gauche ? Des nouilles trop cuites ! Ils ont une chance comme jamais de récupérer, par terre, le pouvoir et ils sont là comme des cornichons au bord de la piste de danse, incapables de se lancer, parce que la danseuse est trop belle pour eux.

    Grâce à l’avachi Montebourg, le candidat sera désigné par des électeurs à un euro, et à six mois de l’échéance... Alors qu’il faudrait rafler la mise maintenant, et pousser, par une mêlée glorieuse, pendant 18 mois. Gagner le pays, ça passe par les tripes, Nom de Dieu ! Or, Martine en est à engager des manœuvres de bassecour avec l’impayable Hamon pour dégouter DSK, lequel parle de la France avec son épouse, mais bien sûr ne lâchera pas un mois de FMI… et ce pendant qu’Hollande nous raconte son régime et ses amours dans Gala.

    Le meilleur espoir de la Droite reste la Gauche, et ça, c’en est à chialer.

    18-Bleu.jpg
    2012 approche : les dirigeants politiques assument comme des chefs
  • Borloo chomdu

    vampire-chronicles-la-legende-du-roi-dechu-volume-6.jpgLe supersocial Borloo va pointer au chômage ou prendre sa retraite. C’est bien dommage pour quelqu’un comme moi qui souhaite ardemment la défaite de Sarko en 2012, car Borloo, tout en éponge, était une vraie chance… Mais restons objectifs : la rébellion de Fillon est un progrès pour les institutions, et force doit rester à la loi... constitutionnelle.

    Hier soir, Fillon a sifflé la fin de la partie. Bien placé dans les sondages, pur produit de la maison UMP, stable dans les tempêtes, Fillon s'est clairement déclaré candidat à sa propre succession à Matignon, affirmant qu’on « ne gagne rien à changer de cap au milieu de l'action », et ajoutant : « Je crois à la continuité de notre politique réformiste parce que je pense qu'on ne gagne rien à changer de cap au milieu de l'action et parce que le redressement de la France réclame de la durée ». Au cas où Sarko aurait les esgourdes embouchées, Fillon a poussé l'ampli : « Les Français nous jugeront sur notre cohérence, notre droiture et notre franchise ».

    Avec ce discours, Fillon redonne un incroyable coup de lustre à nos institutions, et en particulier à l’article 20 que le clown De Gaulle, général en pyjama, avait accepté comme un coussin : « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation ». Le Gouvernement,... pas le président.

    Bravo, mon Fillon ! Tu es entrain de réussir ce tour de force devant lequel ont failli les Debré, Messmer, Pompidou, Chaban-Delmas, Chirac, Barre, Mauroy, Juppé, Ballamolle, Jospin, Rocard, et autre Villepin. Tu as revissé le président sur son trône, genre roi d'opérette,  passant la journée à donner des coups de fil aux dirigeants de la planète, mais décalé du réel. Attention, le discours d’hier, c’était du lourd. D’une certaine manière, c’était l’art de décaler les sons.

    Borloo orfèvre du social, selon le cardinal de Richelieu, euh pardon le révérend Claude Guéant… Borloo a fait fortune comme avocat de Tapie, qui achetait un euro les entreprises pour les détrousser, grâce à la géniale loi Badinter de 1985 sur les faillites. Le socialisme du réel. Et son Grenelle de l’environnement avec le pantin Hulot, financé par les plus grands pollueurs, en chef de bande... pas un centimètre de progrès !

    Je comprends la révolte de Fillon,… et Fillon va rester premier ministre, car le roi Sarko n’a pas de marge de manœuvre. Le match ne s’arrêtera pas là : Fillon va poursuivre, car les députés UMP comptent sur lui pour être réélus. Intéressant et nouveau.

    A Gauche aussi, ça va tanguer, et tout part de la remontée de Ségolène dans les sondages, avec ces ingénues primaires qui permettent de voter pour l’investiture en payant un euro. Inscrivez-vous mes soeurs et mes frères... Tant que Ségo était dans les choux poitevins, le petit jeu Martine ou DSK tenait. Martine a réuni le parti, mais elle peine à embrayer. Si Ségo reprend de l’aise, ce qui objectivement est le cas, ni Martine ni DSK ne prendront le risque de se faire scotcher à des primaires. Ce qui laisse une ouverture magnifique à François Hollande, le protégé de Bernadette. Politique fiction ? On en reparle…

    Roi.jpg
    Un roi écrasé par sa couronne... Saurez-vous le reconnaître ?
  • Un ministre peut-il refuser d'appliquer une loi ?

    JOSHUA%20TREE%20Au%20dessus%20de%20la%20loi%20FR%20cinema%201%20GCAC1031.jpgBesson hors-la-loi et Fillon dans les choux. Les tests ADN leur font perdre la tête. J’ai toujours pensé que cette loi était une salissure sur notre droit, mais en démocratie, la loi votée est la loi.

    Démarrons par notre ineffable Besson : « Je ne signerai pas ce décret d'application, pour une raison simple. Je ne suis pas en mesure dans les délais impartis par la loi de respecter l'esprit et la lettre de la loi. »

    Ben voyons ! Depuis quand les ministres signent-ils les décrets ? Seul le premier ministre a le pouvoir de signer des décrets d’application, et le ministre co-signe, pour son domaine de compétence, si j’ose dire. Un ministre ne peut signer qu’un arrêté, et encore si le décret du premier ministre l’y autorise. Donc le ministre  refuse de signer le décret… Il ne refuse rien, car ce pouvoir ne lui appartient pas.

    Poursuivons avec notre splendide Fillon, qui défend un texte « très équilibré » avec « à la fois des dispositions visant à mettre en oeuvre les tests ADN et des garanties pour les personnes », et explique que « pour le moment », le gouvernement ne parvenait pas à « mettre en oeuvre ces garanties ».

    Très fâcheux, cher Fillon, car le système des garanties avait été précisé par le Conseil constitutionnel dans sa décision du décision n° 2007-557 DC du 15 novembre 2007, de manière à apporter un cadre juridique efficient.

    Et puis, je rappelle que l'exécution des lois est pour le Gouvernement une obligation de caractère constitutionnel. Au termes de l'article 21, il  « assure l'exécution des lois ». C’est d’ailleurs pour cela qu’on parle de « pouvoir exécutif », tenu de mettre en oeuvre les lois votées par le Parlement, qui lui est le dépositaire de la souveraineté.slide0.jpg

    Le Conseil d'Etat a d’ailleurs jugé que « l'exercice du pouvoir réglementaire comporte non seulement le droit, mais aussi l'obligation de prendre dans un délai raisonnable les mesures qu'implique nécessairement l'application de la loi (CE, 28 juillet 2000)». Et si le Gouvernement traîne, bafouant l’autorité de la loi et se dérobant devant son devoir, le Conseil d'Etat peut le condamner sous astreinte à la ponte du décret.

    Le juge administratif sanctionne l'administration dans la mesure où elle manifeste sans équivoque la volonté de ne pas faire application de la loi ou de n'en faire qu'une application partielle, ou encore d'en suspendre ou d'en différer l'application. (CE, 27 novembre 1964)

    Je pense donc que Jean-François Copé, militant de l’Hyper-parlement, ne va pas se faire rouler dans la farine comme un brave bizuth dépassé par les évènements. D’ailleurs, je lis sa déclaration : « Il faut que chacun soit bien conscient qu'il s'agit d'une loi votée et que, dès lors, les gouvernements ont l'obligation de mettre en oeuvre les décrets d'application ».

    Jean-François, bien parlé, maintenant, il faut agir. Vite, une petite requête devant le Conseil d’Etat, avec une solide demande d’astreinte.

    Tu es un ami, alors voici un modèle :

    Sans-culotte.jpgAttendu que le Journal officiel de la République française a publié la loi n° 2007-1631 du 20 novembre 2007 relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile ;

    Attendu que le Conseil constitutionnel dans sa décision du n° 2007-557 DC du 15 novembre 2007 a confirmé la validité de la loi et précisé par certaines réserves d’interprétation le sens de mesures d’application ;

    Attendu que l'exercice du pouvoir réglementaire comporte non seulement le droit, mais aussi l'obligation de prendre dans un délai raisonnable les mesures qu'implique nécessairement l'application de la loi ;

    Attendu que seul le Premier ministre a le pouvoir de signer des décrets ;

    Attendu qu’Eric Besson, qui souffre encore des stigmates de ses années passées au PS, croit que chacun peut faire ce qu’il veut dans son coin ;

    Attendu qu’au regard du principe d’équilibre des pouvoirs, le pays de Montesquieu ne peut tolérer d’un côté un Hyper-président et de l’autre un Parlement croupion ;

    Attendu que Fillon a oublié qu’il était Premier ministre, et qu’une condamnation sévère aura immanquablement des effets vertueux ;

    Par ces motifs ;

    Condamner le Premier ministre à publier sous deux mois les décrets d’application de la loi n° 2007-1631 du 20 novembre 2007,

    Dire que passé ce délai sera fixée une astreinte de 1 000 € par jour, versée à l’amicale du blog actualités du droit.

    Et ce sera justice.

    527736525_small.jpg
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu