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  • Bonsoir Marie, Bonsoir Marianne,

     

    Je vous dirais d’abord que cette présidentielle est insaisissable, et qu’en réalité tout se jouera aux législatives. C’est la seule chose dont je suis sûr. Nous allons élire le Prince de l'Elysée. Si Fillon gagne, ce qui est toujours possible, il aura une majorité écrasante, mais il ne dirigera pas les législatives, ce sera l'affaire de Sarko et Wauquiez. Si c'est Macron, nous allons provisoirement passer à un régime d’Assemblée. Macron est un dérivatif parfumé de Davos, rien de plus. En l’état actuel, les deux grands partis (Les Rep et le PS) laissent des candidats qu’ils ne maîtrisent pas jouer leur vie, car ils savent que la reprise en main se fera à l’occasion des législatives. Ce sont les législatives qui donnent le pouvoir, les réseaux et l’argent, un truc un peu plus sérieux que cette présidentielle qui est devenu un show.

    Il ne se ressortira rien de solide de cette présidentielle, et ne perdez pas votre temps à me foutre la trouille avec une victoire Le Pen, un truc hors sujet. Mélenchon aurait pu surprendre, mais il préfère une défaite honorable, c'est son problème. La vie politique reprendra son cours. Le PS va récupérer les points un à un, en vue des municipales de 2020, sa vraie base. On tournera la page du feuilleton « Macron, Mélenchon, Hamon et leurs amours », pour revenir aux choses sérieuses. La vie politique est structurée, c’est comme ça.  

    Je n’ai pas soutenu Hamon…

    Oui, et c’est pas demain la veille, mais j’ai essayé d’être logique. Une dizaine de jours après la primaire PS, j’exprimais l’idée que Hamon avait vraiment une carte à jouer .

    Je n’ai jamais soutenu Hamon, ni la « Gauche du PS ». Ça avait de la gueule quand c’était Jean Poperen, mais depuis c’est usurpé par des Mélenchon, Hamon, Montebourg et autre Dray, de l’enfumage. Une gauche du discours, comptant cyniquement sur les déceptions que va mécaniquement créer le courant majoritaire du PS, pour garder une zone d’influence qui permet d’avoir son lot de permanents et  d'investitures. No future...

    Retour à 2017

    Littéralement, il y avait des choses intéressantes dans les textes de Hamon. Oki. Mais il ne faut pas inverser le jeu politique. La responsabilité de la campagne dépend du candidat, et pas des soutiens. Or qu’a fait Hamon ?

    Alors qu'il était député PS, il avait soutenu une motion de censure contre le gouvernement PS, il y a un an. Ce n’est pas rien. Il avait sans doute raison, mais quand un an plus tard, il voulait être le leader de ce parti, il fallait quand même faire des gestes politiques,... surtout quand il n’a jamais fait plus de 10 % aux congrès du PS. Vouloir être Président de la République, ce n’est pas animer un club d’amis philosophiques. Il devait abandonner son confort de minoritaire, et assumer l’étiquette PS qu’il avait sollicitée.

    Candidat PS, faut assumer

    Au premier tour de la primaire, Hamon a fait le score inespéré de 36 %. Or il sait très bien qu’il ne pèse pas 36 %, mais que nombre d’amis ont voté pour lui pour bloquer El Blanco.

    Hamon sait qu’il ne représente, au mieux 20 % du PS, et je suis généreux. Aussi, parce qu’il ne se présentait pas en free-lance mais comme institutionnel du Parti, il devait dès le lendemain partir à l’assaut des élus, fédérer les réseaux internes, composer avec tous dans le respect des influences, jouer la fibre historique du PS, et dealer avec l’arme-clé, les investitures pour les législatives.

    Or, il est allé se perdre dans des configurations insensées avec les Verts, et pour quel résultat ? Il a fini de se marginaliser pour laisser une circonscription indue à Paris à Duflot, qui n’a aucun programme à part emmerder le PS.

    Tout le monde aurait accepté que Hamon modère son programme, tourne la page des frondeurs, aille rameuter les sections PS du territoire, restées fidèles à 95 %, et basta. Mais Hamon a oublié les sections pour ses petits jeux parisiens. Et puis pour quelle politique européenne ? Quelle politique internationale ? Quelle politique sur la Syrie ? Incapable d’assumer une posture PS crédible, donc c’était cuit pour lui. Mélenchon a beaucoup défauts, mais il est seul et il assume. Si vous êtes élu en interne du PS, il faut savoir respecter les codes.

    Hamon a choisi une autre voie et il s’est isolé. C’est sa responsabilité, pas la mienne. Mais vous verrez qu’Hamon est décevant. Je donne rendez-vous au prochain congrès du PS, où on le verra batailler pour récupérer son pourcentage, avec ses permanents et ses investitures. Il se retrouvera heureux et minoritaire, et pourra nous livrer son « discours de gauche ».

    Je ne crois pas être négatif, mais seulement réaliste.

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  • Fillon va-t-il ressusciter le Parti Socialiste ?

    6a00d8341c8d6753ef00e54f3c27698833-640wi.jpgMalédiction de malédiction : Fillon est en train de ressusciter le Parti Socialiste.

    Pour la présidentielle, les programmes n’ont une importance que très relative. Dans la mesure où tout montre que Marine Le Pen sera au second tour, la seule question est de savoir qui sera en tête au premier tour pour affronter la leader du FN, et gagner, car il est bien évident que cette candidate, non crédible et isolée, n’a aucune chance d’accéder au pouvoir en France.

    Phase 1 du feuilleton : La Droite en force

    À la fin du quinquennat, le bilan est tellement désastreux que Hollande renonce à se présenter. La Droite caracole en tête, et se choisit pour leader Fillon, qui s’est présenté sur une posture très à Droite, pour mordre sur l’électorat Le Pen. Le PS en désordre et une Droite très à droite, cela laisse un espace pour Macron, qui se voit des ailes.

    Sauf que tout change quand Fillon s’effondre, et qu’au lieu de se retirer rapidement pour donner une chance à un successeur, il s’accroche, et mobilise l’appareil politique pour le soutenir, contre toute vraisemblance. Fillon sait qu’il doit partir, et, cynique comme nous le voyons, on peut se demander s’il n’a pas fait le choix de savonner la planche de son successeur. Quoi qu’il en soit, bonne chance au Plan B pour objet l’enthousiasme…

    Phase 2 du feuilleton : La Droite affaiblie

    À partir du moment où la Droite est affaiblie, le PS remonte mécaniquement. C’est constant, et cela renvoie à la structuration profonde du corps électoral en France. S’ajoute quelques éléments.

    1/ Macron avait une chance quand la Droite était surpuissante, et que la seule possibilité d’accéder au second tour était de se placer sur les thèmes dominants, en cherchant à mordre sur la partie centriste de l’électorat de Droite. Mais si la Droite s’affaiblit, l’espace se libère à Gauche, où l’herbe redevient verte. Bien différent des dirigeants politiques, le peuple français est généreux, et reste très attaché à la solidarité. 

    2/ Macron – qui n’a toujours ni encadrement, ni programme – a commis deux fautes majeures. D’abord, il s’est lancé dans le jeu de contrôler les investitures pour les législatives, espérant capter les députés PS, mais il n’a pas su offrir la moindre garantie quant au processus de désignation. Or, le PS est un parti d’élus, et le processus d’investiture est vital. Alors pourquoi rompre avec ce si bienveillant parti, et pour quel avenir ? La seconde faute est cet appel public sur un plateau télé à un accord électoral avec Bayrou, le genre de truc qu’on adore sur les plateaux-télés mais qui n’a aucune consistance sur le terrain. Bayrou a toujours été l’allié de la Droite, et les élus PS ont toujours trouvé les élus centristes à Droite, contre eux. Ce n’est sûrement pas en agissant comme cela que Macron le banquier peut espérer recycler les masses d’élus PS…

    3/ Les sondages vont faire le reste. Du fait de l’effondrement de Fillon, le PS va mécaniquement retrouver des scores présentables. Cela va permettre à Hamon de siphonner l’électorat de Mélenchon en cinq minutes, sur le thème : « le vote anti-Le Pen, c’est moi ». Le PS va se rapprocher du score de Macron, qui n’est pas structuré pour résister à l’épreuve, et tous les élus vont rester scotchés au PS, pour défendre la maison commune. Et pour combiner avec l'appareil du PS, Macron est un expert.

    - Tu veux dire que Hamon peut dépasser Macron dans les sondages, se trouver face à une Droite affaiblie, et devenir le futur président de la République ?

    - Il y aura d’autres rebondissements dans le feuilleton, mais aujourd’hui ce schéma est tout à fait crédible, grâce à Fillon.

  • Le feuilleton de la présidentielle : Le cas Fillon reste central

    Hier, le Parti Socialiste a désigné son candidat, mais le feuilleton de la présidentielle reste focalisé sur le cas Fillon, avec cette question simple : va-t-il pouvoir rester candidat ?

    Penelopegate

    Lors du meeting d’hier après-midi, tous les boss de la Droite étaient bien gentils. La déflagration serait fatale pour le premier qui ferait un pas de travers. En attendant que la justice progresse et mette – ou non – Fillon à terre, c’est le concours des hypocrites, qui en sous-main travaillent tous à un plan B.

    L’enquête a bien progressé depuis mercredi, et il y aura des étapes importantes dans la semaine à venir. Pour ce qui est du travail d’assistant parlementaire, on verra, mais de toutes les informations qui viennent les volets La Revue des deux mondes et suppléant sont cramoisis de chez cramoisi.

    Du 2 mai 2012 au mois de décembre 2013, Fillon Penelope été rémunérée 5 000 € brut par mois, soit 100 000 €. Commentaire de Michel Crépu, le directeur de la rédaction de l'époque : « J'ai découvert comme vous, l'existence de ce poste. Je n’ai jamais rencontré Penelope Fillon, je ne lui ai jamais parlé, je ne l’ai jamais vue ». Il ajoute : « Marc Ladreit de Lacharrière m'a téléphoné une fois pour me dire : 'Pourriez-vous me transmettre des livres qu'on pourrait donner à traiter à Mme Fillon qui s’ennuie ?'". Marianne a retrouvé les deux notes de lectures signées par « Pauline Camille ». Vous pouvez apprécier… Au total, deux pages pour 100.000 €. C’est mal barré.

    Mal barré aussi le travail est d’assistant parlementaire pour le suppléant devenu député. Fillon François explique que Fillon Penelope travaillait pour lui ardemment… mais quelles explications et quelles preuves pour le travail apporté au suppléant, avec une rémunération de 8.000 € par mois ?

    Par hypothèse charitable, admettons que le volet « assistant parlementaire de Fillon François ne soit pas retenu », et alors notre ami peut rester candidat. Mais il y a des fortes probabilités pour que ce soit bien chaud pour Fillon Pénélope à propos des deux autres volets. Alors, une question : peut-on rester candidat à la présidentielle quand son épouse est convoquée en correctionnelle ? Ceux qui applaudissaient Fillon François au meeting d’hier avaient tous ces questions en tête, ce d’autant plus qu’au-delà de la procédure pénale, l’impact médiatique de cette affaire rend inaudible la campagne du candidat. Le mec qui voulait sabrer dans les effectifs publics…

    Dans ce monde politique sans idéologie, sans programme et sans personnalité, les sondages qui vont dicter la solution. Rendez-vous au troisième sondage qui donnera un deuxième tour Macron – Le Pen…, et là, on verra.

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    Hamon,… et le rassemblement de quoi ?

    Hamon a gagné, mais notre joie est la défaite d’El Blanco. Une immense satisfaction. Le blog a contesté dès le premier jour sa nomination sinistre de l’Intérieur… une responsabilité de Hollande d’avoir promu ce sarkozyste. Cela dit, la défaite d’hier résultait du premier tour, et c’est juste une confirmation.

    Beaucoup ont voté pour faire perdre El Blanco, ce qui était un impératif catégorique. Mais Hamon va-t-il conserver ce mouvement ascendant ? Pas évident. Le vote contre El Blanco n'est pas un vote pour Hamon. Hamon est un vieil apparatchik du parti, qui avait toujours fait des scores minables. Il a su créer de la sympathie, c’est une chose, mais l’opportunité a été pour beaucoup de payer un euro pour se débarrasser d’El Blanco.

    Quoi qu’il en soit, Hamon se retrouve avec l’appareil et la finance du PS, ce qui n’est pas rien. Mais il doit maintenant « rassembler ».

    S’il se situe dans une perspective présidentielle, il doit d’abord reprendre contact avec les supporters d’El Blanco, et c’est pas gagné, car on retrouve le match « les frondeurs contre la majorité molle du PS ». Hier, El Blanco a fermé la porte, en disant en substance que l’histoire avait été injuste et qu’elle lui rendra raison. Donc, pas facile. Mais à supposer que Hamon arrive à stabiliser les soutiens d’El Blanco, il lui faudrait ensuite convaincre les aficionados de Macron, et là c’est une autre paire de manches. On est dans l’irréalisme complet avec ce type qui n’a toujours pas de programme mais qui engrange…, et qui est d’autant moins enclin à faire des concessions à Gauche que Fillon patauge.

    Aussi, Hamon, constatant que la présidentielle est fichue, peut prendre une autre option, à savoir siphonner l’électorat de Mélenchon, un phraseur qui n’est pas si fort que ça. Alors que c’est un vieux de la vieille, qui comme Mélenchon doit toute sa carrière au PS, Hamon se présente comme un personnage moins lunatique, et il offre une alternative crédible au discours sur la révolution et l’insoumission. Il va laisser filer un Macron hors d’atteinte, pour viser l’électorat de Mélenchon, avec pour perspective de reprendre un PS à sa main.

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  • Dislocation du PS : Phase 2

    La journée n’aura pas été trop bonne pour le PS.

    Ah, ces incroyables bidouilles sur le chiffres… Les mecs se sont crus à un Congrès PS, où la magouille est statutaire, sauf que là c’était sous les yeux de la presse. Rigolo et lamentable, mais ce n’est pas le plus important.

    Non, ce qui compte vraiment, c’est la hargne à 100% manifestée par Hamon et El Blanco, tout pour dézinguer l’autre et inversement. Ca pilonne avec des mots, des formules, donc ce n’est pas très méchant, mais le message est clair : l’autre est un ennemi, et il n’y a rien de bon chez lui.

    A ce petit jeu, El Blanco ne fera qu’accélérer sa perte, ce qui est une bonne nouvelle, mais c’est surtout à une phase décisive de l’explosion du PS que vous assistons, avec un vrai bonheur.

    Gauchiste irréaliste contre traitre de droite, ce sera un joli spectacle cette semaine, mais ça va surtout finir de ruiner le PS : comment rassembler ensuite, et rassembler quoi ?

    Hamon, qui reçoit le soutien d'Aubry – qui ne vaut plus rien dès lors qu’elle a renoncé à tous les combats – veut récupérer le PS pour en faire une SFIO du XXIeme siècle, un peu comme ce vieux PC qui continue à nourrir ces cadres, en perdant toutes les élections. Le PS comme club de retraite des frondeurs.

    Avec Mélenchon qui est entre 13 et 15 et Macron entre 20 et 22, le PS fait environ 10. Soit 6% pour Hamon et 4% pour El Blanco. Oki ? Leur division hargneuse nous assure la fin du PS de gouvernement, mal nécessaire pour retrouver, un jour, une Gauche en France.

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