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psychiatre

  • L’horreur d’une société normalisée

    C’est le beau ouïk de Pâques, le printemps montre son nez, les premières fleurs sont un bonheur, et je souhaite à toutes et à tous de belles journées de détente et de joie, en famille et entre amis. Cool trois jours, ça fait du bien.

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    Alors, promis juré, je ne vais pas vous prendre la tête aujourd’hui, promis juré,… mais quand même… Je craque. Contrôle social et hygiénisme : ça devient insupportable, et il faut s’en occuper.

    Ce premier trimestre finit avec l’image d’une France qui se décolle de ce qu’elle était, et qui bascule. On peut aussi garder une vision optimiste, et sur le blog, c’est tendance : la France reste, portée et nourrie par sa belle société, alors qu’un amoncellement de lascars encravatés – Droite et Gauche – veut la faire basculer dans le contrôle social, et va se rétamer.

    Nos plus précieuses libertés – celle de l’intime, de la pensée, des idées, des interrogations, du combat pour les révolutions, du goût suave de la subversion contre la violence de l’ordre établi – sont remises en cause par la loi sur le renseignement intérieur. Attention, je ne rigole pas : le PS fait ce que l’UMP de Sarko-Buisson n’osait pas. Une horreur inefficace dans la lutte contre la criminalité, comme nous l’expliquent nos amis des Etats-Unis, qui ont payé pour savoir. Cette loi, c’est la cérémonie des adieux avec cette Gauche de gouvernement. Et je vois – la larme à l’œil – le spectacle consternant de tous nos braves compatriotes qui acceptent de livrer le cœur de leur vie privée au ministre de l’Intérieur, sur le mode : « moi, je n’ai rien à me reprocher, alors qu’on épie ma vie privée ne me gêne pas ». Oh, les amis, rebranchez votre cerveau, c’est urgent ! 

    Dans le même temps, il y a aussi tout cet insupportable hygiénisme sanitaire et social. Rien que pour la journée d’hier, et tout à coup de taxes et de sanctions pénales :

    - interdiction des kits mains libres (demain, on va interdire au conducteur de parler aux autres personnes dans la voiture);

    - pénalisation des sites dits pro-ana (alors que l’anorexie est une maladie dont il faut parler);

    - pour les cigarettes, les paquets neutres (au passage, prévoir un joli recours en droit des marques…et bien penser à provisionner).

    - bien dans la même lignée (parmi tant d’autres), l’autre naze qui vole à 1% et qui veut nous condamner à voter pour lui !

    Dans la tradition, la loi fixe des limites, laisse chacun s'organiser en fonction de ces limites, et prévoit la sanction des abus. C'est un régime de liberté, à l'opposé de ce qu'on nous prépare: une loi qui nous dit ce qu'il faut faire. C'est la société du contrôle et de l’asservissement : votre destin est d’entrer dans la case qui vous est réservée par ceux qui savent. Dans un pays de liberté, tu fais ce que tu veux, sachant qu’il n’y pas de liberté sans responsabilité, et qui si tu fais le con, tu vas dérouiller. Ça, c’est la belle liberté, notre terre nourricière. Ces lois de comportement sont celles d'un régime qui nous réduit à être des acteurs économiques, vivant pour dépenser ce que la puissance économique nous alloue. La loi se permet de nous dire ce qu'il faut faire et penser. Elle punit quiconque transgresse le code social,

    Et puis après, qu'on se calme sur les transgressions, les excès: il font partie de l'équilibre. Tu déconnes, tu dérapes, tu exagères ? Oui, comme moi, hier ou demain. Cette liberté parle à l’être humain, qui n’est pas une machine contrôlée par expert et cotée en bourse, mais une personne fragile, avec un destin de quelques décennies sur terre, et qui pense... Nous sommes aussi forts que nous sommes faibles, nous avons autant de qualité que de défauts, les erreurs, les fautes et les excès font partie de notre vie. Comme la folie qui la régule, parle de nous. 

    Notre devoir le plus essentiel est d’organiser la riposte à ces faiseurs de système qui, en fait, sont obnubilés, car ils ont peur des peuples, des gens, de vous et moi. Ils mendient nos suffrages, mais rien ne leur fait plus peur que ce peuple, ce peuple qu’ils veulent piéger dans le jeu moral de l’élection. Comme des mauvais bergers, leur seul projet est de nous faire filer droit, en nous culpabilisant et nous cadenassant à coup de lois pénales. Ils se font élire car ils s'estiment supérieurs, et veulent nous mater. Ils croient même pouvoir s'autoriser à penser pour nous, définissant ce qui est bien et ce qui est mal, et voulant l'imposer à coup de taxes et de lois pénales. Insupportable.

    La transgression est inhérente à la vie comme elle l’est au droit. Ne nous laissons pas faire.  

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  • Il faut fermer la shoot-room de l’Elysée

    descente-aux-enfers.jpgLa shoot-room de l’Elysée, où l’on se défonce sec à la Securitoïne… Il est temps de fermer ce lieu, car notre devoir est lutter contre le fléau des drogues dures, élections à la clé.

    Ces toxicos, encravatés jusqu’à l’os, dissimulés dans leurs burqas de marque, élevés comme des poulets de ferme au bon air de Neuilly, sont hélas totalement accros : c’est la dépendance pour ces absolute junkies à la Securitoïne.

    Depuis maintenant plus de trois ans, ils se pressent tous les mercredi matins à la shoot-room de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, pour fiévreusement se faire administrer leur dose. Une intra-veineuse directe de Securitoïne, genre la guerre contre le monde entier, et ils sont regonflés à bloc, semaine après semaine. A peine le garrot lâché, les voici à nouveau l’œil resplendissant devant les journalistes installés dans la cour de la shoot-room, qui face à cette fulgurance, hésitent à appeler le centre 15.

    Car hélas les ravages de la drogue sont bien connus. Les toxicos non pris en charge vomissent toute aide, que ce soit celle des parents, du juge, de la loi ou du psychiatre.

    La Securitoïne est une drogue dure : elle apaise les angoisses en créant une angoisse encore plus forte, à savoir un bonheur illusoire, aseptisé, qui devient mortel devant le moindre obstacle.

    Ces malheureux ont troqué l’andouillette grillée et le Côtes-du-Rhône contre la pureté, exempte de toute origine étrangère, avec à l’appui un certificat génétique garanti par le ministère de l’Identité Nationale. Une ombre, et pour ces malades, toutConnolly.jpg est destroy. Il leur faut alors tenir, s’accrocher, compter les jours, puis les heures, jusqu’au nouveau passage à la shoot-room, le mercredi béni de la seringue.

    Comme des amis dépassés, nous avons assisté à ce naufrage dans la défonce, psalmodié sur l’air de « Tu l’aimes ou tu la quittes » : refus de toute amnistie, objectif chiffré d’expulsions, racaille, karcher, 58° loi sur l’immigration, peines plancher, 49° loi contre les mineurs, guerre contre la Cimade, homme africain qui ne sait pas comprendre l’avenir, flambée délirante contre les patients-psy, suppression du juge d’instruction, saillie contre les Talibans et envoi de soldats en Afghanistan, guerre déclarée à l’hamburger hallal, refus de visas aux étudiants étrangers (qui partent donc au Canada), loi bidon anti-burqa, suppression des allocs pour les enfants dont le frère a déconné, dénonciation des Français d’origine étrangère, gens du voyage qui ne voyagent plus, parents emprisonnés pour la faute de leurs enfants, déchéance de nationalité pour sauver la République, critiques enflammées contre le Conseil Constitutionnel et la Cour Européenne des Droits de l’Homme, … et hier dénonciation de l’ONU qui est nulle et ne comprend rien au monde.

    Nos desperados junkies ont largué les amarres. Oui, il faut de toute urgence fermer la shoot-room de l’Elysée.

    La base des shoot-rooms, c’est la politique réaliste de diminution des risques. Tout repose sur un principe, intangible : le psychiatre est le soignant, et le junky est le malade. Si les rôles s’inversent, le junky vire le psychiatre, et c’est la spirale de la perdition. La seule solution est alors de tirer le rideau.  

    Albert von Keller "La descente aux Enfers" 1912.

    Albert Von Keller, La Descente aux Enfers, 1912

  • L’hypnose aux assises

    hypnose.jpgViols pendant des séances d’hypnose ? Ou racontars de mauvais film ? C’est l’alternative que doit trancher la Cour d’assises de la Dordogne, amenée à juger toute la semaine le Docteur Daniel Cosculluela, médecin psychiatre à Bergerac, 52 ans, pour une accusation de viols, suite à la plainte de quatre patientes.

    Le viol ? C’est l’article 222-23 du Code pénal qui donne la définition : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. » Compte tenu du cadre – le cabinet médical – la question de la preuve se pose de manière très inhabituelle : la simple existence des relations sexuelles placerait dans la culpabilité. Et le psychiatre conteste tout. 

     

    Deux thèses s’affrontent, et le compromis est impossible. Pour le Docteur Cosculluela, c’est l’acquittement ou une lourde peine.

     

    Un travail très difficile pour la Cour d’assises, car il va falloir se forger une conviction à partir de peu de choses et de beaucoup de paroles.

     

    Du côté de l’accusation, trois éléments. D’abord, les déclarations des victimes, des anciennes patientes, quatre femmes, pour des faits anciens, remontant parfois à vingt ans, soit entre 1989 et 1996. Ensuite, des descriptions précises de l’anatomie intime du psychiatre. Et puis, les experts désignés lors de l’instruction. Quatre noms de la psychiatrie française : Daniel Zagury, Roland Coutanceau, Michel Dubec, et Jean-Claude Chanseau, qui dans des termes assez différents, mettent en cause leur confrère.

     

    Pèseront aussi deux points qui ne sont pas à eux seuls de pièces dans l’accusation. Bien sûr, et surtout, la pratique de l’hypnose, qui n’est pas illégalle, mais qui place objectivement dans une situation de passiveté. Ensuite, l’analyse de l’Ordre des médecins, qui a sanctionné lourdement le Docteur Cosculluela : trois ans d’interdiction, la peine maximale avant la radiation, prononcés en 1998.

     

    Du côté du psychiatre, les arguments ne manquent pas. L’absence de preuves matérielles, les invraisemblances des récits : pourquoi revenir se soumettre à de nouvelles séances après des agressions sexuelles ? De même, pourquoi tant attendre avant de porter plainte, alors que toute prise en charge a pris fin ? Le Docteur Cosculluela a fait citer de très nombreux témoins : des confrères, des patientes, et des experts, qui parleront de ses méthodes et de sa personnalité.

     

    Les femmes décrivent un sorte de dépendance : « Nous n'avions aucun désir pour lui, nous n'étions pas amoureuses mais c'était plus fort que nous, nous avions envie d'aller le voir », explique l'une d'elle. Les experts psychiatres sont attendus sur deux terrains : la crédibilité de la parole des femmes parties civiles, et la notion de transfert dans une psychothérapie incluant l’hypnose.

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  • Equipe de France: C'est un psychiatre qu'il faut!

     

     

    Equipe de France : c’est un psychiatre qu’il faut ! Raymond Domenech, finalement, est un type sympa. Sympa en tout cas avec son employeur, Jean-Pierre Escalettes, le président la Fédération Française de Football. Car, en annonçant que son projet est de se marier, Raymond Domenech a simplifié le jeu.

     

    A l’issue de cette cinglante défaite devant l’Italie, qui signait la sortie de la France de l’Euro 2008 au stade des éliminatoires, et alors le coaching a fait l’objet de toutes les critiques, les premiers commentaires de Raymond Domenech étaient particulièrement attendus. Quelques mots lui ont suffit pour expliquer qu’il était fier de ses joueurs, que la perte du match résultait d’une série de circonstances conjuguant la blessure d’un joueur, un pénalty et l’expulsion d’un autre joueur. Et quant à l’avenir, il a annoncé tout de go que son projet était de se marier avec sa compagne, Estelle. Une demande de mariage en direct, et dans ces circonstances : du jamais vu.

     

    Alors, restera, restera pas ? Bien malin qui le sait. Il faut être spécialiste pour décrypter les ramifications de la Fédération Française de Football, qui a mainmise sur le sort de l’équipe de France. Les positions tactiques, le jeu individuel et les bouderies, ce n’est pas réservé pour le terrain… Et la manière dont Aimé Jacquet avait été vilipendé avant d’être adulé encourage à la prudence.

     

    Ceci dit, par cette iconoclaste demande en mariage, Raymond Domenech replace toutes les cartes dans les mains des dirigeants de la Fédération Française de Football. Au lieu de dire : « j’ai fait mon temps, j’ai assuré une transition, nous avons eu de grandes réussites et l’équipe a de quoi répondre pour le Mondial de 2010, donc je tire ma révérence », Raymond Domenech explique que ses projets d’avenir sont d’ordre privé. Stupéfiante insouciance ? Inadmissible provocation ? Absence de sens des responsabilités ? C’est ce que l’on entend… Plus basiquement, c’est peut-être aussi une manière d’indiquer qu’il a choisi la porte de la sortie, et qu’il laisse à d’autres le soin de le confirmer.

     

    Dès hier soir, la chasse à l’entraîneur avait commencée tant pour dézinguer Domenech que pour repérer le successeur. Et circulaient déjà plusieurs noms de grands footballeurs. Des footballeurs ? Ce se serait là réitérer dans l’erreur. Le football est une chose trop sérieuse pour être laissée aux footballeurs.

     

    Pour diriger l’équipe de France, c’est un psychiatre qu’il faut. D’abord parce que ce grand corps souffrant qu’est l’équipe de France ne peut plus longtemps traiter ses bleus à l’âme par de la médecine de bazar. Pour ces pros, il faut un vrai pro, c'est-à-dire un psychiatre, et encore un qui ait fait ses preuves dans la gestion des égos surdimensionnés.

     

    Et oui, le soin psychique. Qu’est-ce que l’on entend à chaque interview : « Ce qui compte, c’est le mental ; la victoire, c’est dans la tête… » Ce n’est pas en trois semaines de stage dans les installations de l’équipe de France que ces professionnels vont apprendre à jouer au football. Ce qui compte, c’est qu’ils puissent comprendre qui ils sont, savoir où ils vont, assumer l’altérité, gérer l’angoisse, maîtriser les émotions… Non, vraiment, le psychiatre est tout indiqué.

     

    Mais pour diriger une équipe, il faut un staff. Et au lieu d’aligner tous ces anciens sportifs en survêtement, il faut renouveler et s’adjoindre des compétences qui répondent aux besoins de l’équipe de France.

     

    Le premier assistant du psychiatre en chef devra être un humoriste, car à voir la tronche des joueurs et l’ambiance qui régne dans l’équipe, il y a grand besoin de faire travailler les zygomatiques. Un peu d’humour et de la franche rigolade, cela fera le plus grand bien. L’humoriste pourra déjà s’adjoindre les services d’un chansonnier, car beaucoup de choses passent par la parole et ce serait très bénéfique de voir nos 23 joueurs enchaîner les airs les plus célèbres, des chansons de carabins à l’Hymne à la joie.

     

    Ensuite, il faudra soigner l’organisation. Je préconise le recrutement d’un haut diplomate issu du quai d’Orsay, rompu à l’exercice des négociations difficiles. Ce diplomate travaillera en lien avec un spécialiste du renseignement, compétence indispensable pour infiltrer les réseaux qu’établissent les joueurs entre eux, et un autre des services secrets, pour avoir de vraies infos sur l’adversaire.  

     

    A prévoir aussi, un conseiller financier pour expliquer aux joueurs fatigués par le championnat que bien jouer sous le maillot bleu peut être excellent pour les contrats qui les attendent dans les clubs.

     

    Comme le sport c’est la vie, il faudra songer à remplacer les diététiciens et leurs plats millimétrés par de vrais cuisiniers, car ne racontons pas d’histoires, un bon cassoulet arrosé par du vin de Cahors, c’est bon le moral.

     

    Et oui, la question n’est pas le sport mais le vivre ensemble et la convivialité. Et si au moins l’équipe de France était joyeuse, détendue et amicale, le défaite serait moins douloureuse car elle ne donnerait pas l’image d’une France qui perd.

     

     

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