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  • Angela : « Notre volonté d'accueillir des gens en détresse »

    Il y a presque un an, Angela Merkel lançait son plan d’accueil des migrants, soulignant que c’était le devoir d’un grand pays, et ajoutant : « Wir schaffen das » (Nous y arriverons). C'est devenu son leitmotiv. 

     

    Ces dernières semaines, l’Allemagne a elle aussi été touchée par le terrorisme, dans sa criminelle diversité. Moins que la France mais durement. Angela Merkel, comme la classe politique allemande, a réagi avec mesure, montrant à ces criminels, qui font bien assez de dégâts, que le pouvoir d'Etat n’est pas dans leur rayon d'action. La communication publique sur les premiers éléments de l’enquête a été assurée par le chef de la police locale. Angela Merkel ne s’est pas rendue sur les lieux. Sur le plan politique, c’est le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, qui a fait le nécessaire, dans le cadre normal de ses fonctions. Le pouvoir est fort. Il répond, et bien, mais dans le calme, la sobriété et la sérénité.

     

    Hier, Angela Merkel a fait un point pour la presse, et le message a été clair : « Les terroristes veulent nous faire oublier ce qui est le plus important pour nous. Ils veulent détruire notre cohésion, notre capacité à vivre ensemble, notre façon de vivre, notre ouverture et notre volonté d'accueillir les gens en détresse. Ils voient de la haine et de la peur entre les cultures et les religions. Notre réponse à cela est déterminée ».

     

    Certes, les attentats ont provoqué « une grande insécurité » dans l’opinion, mais « la peur ne peut servir de fondement pour l’action politique ». La Chancelière explique : « Le principe fondamental selon lequel un pays comme l'Allemagne ne peut renoncer à sa responsabilité humanitaire, mais au contraire doit l'assumer, est valable. Je n'ai pas dit il y a onze mois qu'il s'agissait d'une entreprise des plus simples à réaliser. Mais je suis aujourd’hui comme hier convaincue que nous allons arriver à mener à bien cette épreuve historique en ces temps de mondialisation. Nous allons y arriver et nous avons déjà réussi beaucoup, beaucoup de choses ces derniers mois. C'est pourquoi nous surmonterons également ce nouveau défi du terrorisme islamiste en garantissant la sécurité de nos concitoyens et en faisant des progrès dans l'intégration des réfugiés ».

     

    Elle a énuméré des mesures prises ces derniers jours, comme le renforcement des effectifs de police, l’expulsion plus facile des réfugiés délinquants, des actions préventives plus efficaces contre la radicalisation, mais pour souligner : « Nous travaillons de façon à trouver l'équilibre entre liberté et sécurité. Et pour que nous puissions continuer à vivre comme nous voulons vivre ».

     

    Un vrai chef d’Etat, un gouvernement solide et une classe politique responsable : la maison est bien tenue.

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  • Cet enfant syrien, c’est nous qui l’avons tué

    Une plage de la Méditerranée, notre mer, vers Bodrum en Turquie. Ce cadavre rejeté par la mer, c’est celui d’un enfant syrien de 3 ans. Tee-shirt rouge, short bleu, petites baskets,… la mort l'a saisi. L’enfant est couché face contre terre, et les vagues s’échouent sur son visage livide. Dans la nuit, deux bateaux étaient partis des côtes turques pour tenter d’atteindre l'île grecque de Kos. L’un d’eux a chaviré. Des sauveteurs ont pu sauver 15 personnes, mais douze autres sont mortes noyées. Parmi elles, ce bambin que la mer a finalement rejeté sur la plage.

     

    Quelle a été la vie de cet enfant, originaire de Kobane ? La guerre, la destruction de son pays, les camps de réfugiés, la mort par noyade… Quelle faute lui a-t-on fait payer ?

     

    Ses parents ont voulu tout faire pour lui, se ruinant pour payer les mafieux. S’extirper de la misère, des camps, du pays détruit… Le rêve devenu vital de pouvoir poser leur enfant sur le sol de l’Europe, ce berceau de civilisation, la plus grande zone de prospérité du monde, et ensuite rejoindre le Canada, où des membres de la famille pouvaient accueillir tout le monde. Il allait encore rester bien des murs à passer, mais les parents auraient tout enduré pour un jour voir le visage de leur enfant illuminé par la joie simple, celle de l’insouciance qui parle du bonheur. Hélas, les mafieux avaient installé trop de personnes dans l’embarcation. Les parents étaient paralysés par la peur et l’immense espoir, serrant bien fort l’enfant. Soudain, l’eau froide a tout envahi : le bateau s’était retourné. Le petit a glissé des bras de ses parents. On voudrait croire que la mort l’a surpris dans son sommeil, mais il n’y a pas de repos dans ces embarcations, et la mort se vit en direct.

    Cet enfant syrien, c’est nous qui l’avons tué. C’est horrible ce que nous avons fait. Il s'appelait Aylan Kurdi. Son frère Galip et sa mère Rihan sont morts aussi. Il ne nous reste qu'à pleurer... 

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  • Saint-Domingue : Le gouvernement crée 250 000 apatrides, et les expulse !

    L’affaire, c’est un classique de l’immigration économique, mais particulièrement violent : un Etat a besoin pour son expansion d'une main d’œuvre stable et pas cher qui, en quatre générations, va s’installer, mais quand vient la crise, ces travailleurs et leur famille deviennent indésirables, et on les fait dégager. A Saint-Domingue, l’affaire est dramatique car pour les virer, on leur retiré la nationalité, et ils deviennent apatrides. Attention, cela concerne 250.000 personnes, et le sympathique gouvernement a commencé les expulsions massives. Horrible.

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    Depuis le début du siècle, Saint-Domingue a cherché à faire venir de la main d’œuvre pas chère, essentiellement d’Haïti, pour répondre aux besoins de son développement agricole, spécialement la production de cannes à sucre. Parfois, des accords ont été passés entre les deux gouvernements. L’histoire a été toujours été rude, marquée notamment par un massacre en 1937.

    En vertu de l’article 11 de la Constitution dominicaine, toute personne née sur le territoire avait droit à la nationalité, à l’exception des enfants de diplomates et de personnes « en transit ». Donc, pas de problème pour les haïtiens entrés avec une carte d’identité. Mais quid pour les autres, arrivés dépourvus de papier d’identité, vu l’état de l’administration à Haïti, et reconnus comme travailleurs ? Le gouvernement de Saint-Domingue, qui avait trop besoin de cette main d’œuvre, acceptait tout document laissant apparaitre une identité, et enregistrait les personnes. Tout ceci était parfaitement connu, répondant à des pratiques constantes. A ce jour, pour une population totale de 10 millions d’habitants, on compte environ 400.000 originaires d’Haïti.

    Depuis une dizaine d’années, l’économie dominicaine a moins besoin de cette main d’œuvre, et un bon vent xénophobe souffle sur ce joli pays, destination pour des vacances pas regardantes. D’ailleurs, en janvier 2010, une modification de la Constitution a réformé la nationalité, réservant la citoyenneté aux personnes nées dans le pays d’au moins un parent d’origine dominicaine ou de parents résidents étrangers en situation légale.

    A partir de 2007, le Conseil central électoral, qui gère l’état civil a commencé à faire des difficultés pour délivrer des extraits d’actes de naissance et renouveler les cartes d’identité aux citoyens dominicains d’ascendance haïtienne.

    Le contentieux s’est cristallisé sur la situation d’une jeune femme, Juliana Deguis Pierre, le Conseil lui ayant confisqué son acte de naissance au motif que ses aïeuls étaient haïtiens.

    La Cour constitutionnelle s’est prononcée le 25 septembre 2013, par un retentissant arrêt 168-13. Pour les juges, Juliana Deguis Pierre, née sur le territoire dominicain en 1984 de parents haïtiens, s’était vue octroyer à tort la nationalité dominicaine à sa naissance, car il n’était pas prouvé que ses aïeuls étaient entrés à Saint-Domingue en situation régulière. Elle n’aurait jamais dû avoir la nationalité dominicaine, et celle-ci devait lui été retirée.

    En outre, la Cour a ordonné au Conseil central électoral de reprendre tous les registres de naissances depuis 1929, dans un délai d’un an, et d’en retirer les personnes inscrites à tort.  

    Une décision d’une violence rare… car la situation d’origine avait été acceptée par l’Etat en toute connaissance de cause. Ces personnes n'étaient pas « en transit », mais installées et reconnues comme travailleurs par les autorités. Suite à cet arrêt, l’administration remonte à l’aïeul arrivé à Saint-Domingue, et si la certitude du port de la carte d’identité n’est pas établie, tous les descendants se voient retirer la nationalité, et deviennent apatrides. En effet, ils avaient la citoyenneté dominicaine depuis la naissance, ont toujours vécu dans cet Etat, et n’ont d’autres attaches nulle part. Cela concerne essentiellement des personnes originaires d’Haïti, mais aussi d’autres pays.

    Le Conseil central électoral a repris tous les dossiers, et 250 000 personnes se sont vues réduites à l’apatridie, chiffre confirmé par Mouvement socio-culturel pour les travailleurs haïtiens (MOSCTHA).

    saint-domingue,apatrides,réfugié

    Les protestations ont été unanimes, jusqu’à l’ONU, et le gouvernement a voulu tempérer en adoptant en mai 2014, la loi 169/14 qui a instauré un plan de régularisation. En fait, les conditions sont si restrictives que la loi est de facto inapplicable. En octobre 2014, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a dit que cette loi bafouait la Convention américaine des droits de l’homme, mais les autorités dominicaines répondu qu’elles maintenaient ce texte. Le plan de régularisation, qui a pris fin le 17 juin, a été un fiasco. Le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, redoute des conséquences « dévastatrices », l'ONU demandant qu’il soit renoncé aux expulsions d’apatrides.

    En effet, la République d’Haïti refuse d’accueillir sur son territoire des personnes en situation d’apatridie que déporterait la République Dominicaine voisine, a fait savoir le ministère des affaires étrangères haïtien. Et ces personnes, vivant à Saint-Domingue depuis des décennies, n’ont rien en Haiti, et ne pourront faire valoir aucun droit, n’ayant pas la nationalité.

    On estime qu’à ce jour, 65 000 personnes apatrides ont déjà fait l’objet de rapatriements forcés, organisés par le gouvernement dominicain.

    Il y a vraiment des salopards en liberté, dans ce pays raciste qui procède à des pendaisons publiques quand ce sont des haïtiens. 

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  • Le Premier ministre s’engage à accueillir les réfugiés !

    Hier matin, le Premier ministre s’est rendu dans un des camps de réfugiés de la capitale, pour veiller à ce que, sur le terrain, tout se passe au mieux, et pour assurer aux réfugiés qu’ils seront traités comme des êtres humains, dignement et dans le respect du droit.

    Ecoutons le Premier ministre : « Chaque jour, 2000 réfugiés arrivent sur notre territoire. C’est énorme pour nous. La pression croît, mais je me refuse à l’appeler un problème comme d’autres peuvent le faire. Nous allons nous en occuper. Nous ne construirons pas de barbelés, ni de mur, ni rien de tel. Nous allons traiter les migrants comme des gens bien ».

    De fait, les images montrent une population apaisée, des visages graves mais souriants, des enfants qui jouent… Toutes les difficultés sont là, mais la vie reprend... Une action forte de la puissance publique, mettant les capacités de l’Etat au service des plus vulnérables, puisant dans les plus nobles valeurs du droit… On ne demande que cela, mais c’est le devoir du pays des droits de l’homme. Rappelant à chacun que s’il a eu la chance de ne pas connaitre personnellement l’exil, il y a certainement quelqu’un de sa famille ou de ses amis qui un jour a du tout fuir, abandonner tout ce qui était sa vie, pour sauver sa peau,… et alors qu'il était au seuil de la misère, trouver au moment le plus difficile une main qui s’est tendue et qui l'a sauvé.

    Bon, n’ayez crainte, et rassurez-vous. Cette politique conforme au droit ne se tient pas à Paris, avec notre pitoyable El Blanco, calé sur la pensée rétrécie de celui qui a assuré son dépucelage politique. Les plus lâches de nos sociaux-traitres…

    Non, cette politique, c’est celle de Belgrade, en Serbie, et le Premier ministre s’appelle Aleksandar Vuvic.

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  • Le droit d’asile réformé par le ministère de l’Intérieur ?

    Nous perdons le sens des mots, et donc le sens des réalités. Réfugié ? Obligé de fuir mon pays, je cherche une terre d’asile. C’est un droit fondamental, constitutionnellement et internationalement reconnu, qui illustre l’idée de l’homme sur terre, une terre qui est sa terre. 

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    Il faut réformer le régime du droit d’asile… Admettons,… mais pourquoi et au nom de quoi revient-il au ministère de l’Intérieur de piloter cette réforme ? Les questions à traiter – statut des personnes, libertés fondamentales, droits de la défense, droits de l’homme – relèvent évidemment du ministère de la Justice.


    Pendant des années, le droit d’asile relevait du ministère des Affaires Etrangères, ce qui plaçait la question sous l’angle de la diplomatie : une prime à l’opportunité.  Avec l’ami Sarko, la compétence est passée au funeste « ministère de l’Identité Nationale » : l'étranger menace notre identité… Sarko a ensuite refilé l’affaire au ministère de l’Intérieur, et tous les braves gens de Gauche ont protesté : la protection due aux réfugiés n’est pas une question d’ordre public ! Mais – le changement c’est presque maintenant – Hollande a maintenu le choix de Sarko.

     

    L’Intérieur pour définir le cadre des libertés des réfugiés…  C’est inadmissible, mais dans notre société si tristement sécuritaire, ça passe comme une lettre à la poste… Comme l’a si bien dit Rousseau, « Les esclaves perdent tout dans leurs fers, jusqu’au désir d’en sortir ». Si nous réagissons pas, la journée de l’esclavagisme va devenir notre fête nationale.

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    Comme nous sommes dans les citations, en voici une belle, d’Emmanuel Kant.

     

    « Hospitalité signifie le droit qu’a un étranger arrivant sur le sol d’un autre de ne pas être traité en ennemi par ce dernier […], le droit qui revient à tout être humain de se proposer comme membre d’une société en vertu du droit à la commune possession de la surface de la Terre, laquelle étant une sphère, ne permet pas aux hommes de se disperser à l’infini, mais les contraint à supporter malgré tout leur propre coexistence, personne, à l’origine, n’ayant plus qu’un autre le droit de se trouver en un endroit quelconque de la Terre. Cependant, ce droit à l’hospitalité, c’est-à-dire le droit accordé aux nouveaux arrivants étrangers, ne s’étend pas au-delà des conditions de la possibilité d’essayer d’établir des relations avec les premiers habitants. C’est de cette manière que les continents éloignés peuvent établir entre eux des relations pacifiques, qui peuvent finir par être légalisées. »


    Par quelle déliquescence de l’esprit pouvons-nous abandonner Kant au ministère de l’Intérieur ? 

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