Avertir le modérateur

régionales

  • Politique : La question qu’il ne faut surtout pas poser à vos amis socialistes

    Bien installé avec le droit pour compagnon, le blog ne cherche qu’à défendre la civilité, aussi, pour garder la bonne ambiance, voici la question qu'il ne faut surtout pas poser à vos amis socialistes : « Si le FN est en tête au premier tour des régionales, tu fais quoi ? ».

    Le FN sortant en tête au premier tour, ça fait partie des prévisions raisonnables, et au moins dans deux grandes régions : le Nord avec Marine, et PACA avec Marion. Ce sera vraisemblablement le cas aussi dans le Midi-Pyrénées et la région Champagne-Alsace, mais avec une configuration du deuxième tour assez différente du fait de réserves de voix.

    Le problème est aigu pour le PS,… car dans ces deux régions, il va de toute vraisemblance se trouver en troisième position, et en situation de se maintenir au deuxième tour, sans aucune chance de gagner.

    Là, commencent les choix difficiles.

    L-heure-des-choix-dilemme-pour-l-equipe-C.jpg

    Le premier est de jouer la vieille carte du front républicain, donc le PS  se retire et appelle à voter pour les Rep’. Le PS n’est pas maître de ses électeurs, mais dans un choix entre les Rep’ et le FN, l’hypothèse réaliste est qu’ils reportent sur le vote anti-FN. Ce serait donc une victoire électorale pour les Rep’, une victoire politique pour le FN qui soulignerait la confusion PS-Rep, et une défaite cuisante pour le PS, qui sortirait du jeu et n’aurait plus aucun élu pour cinq ans…, avec tout ce que cela signifie comme difficulté pour reprendre pieds ensuite.

    Le second est de faire une fusion des listes, en proportion du score du premier tour. Ce serait le moyen parfait pour dégager une majorité. Il y aurait des déclarations « jusque-là » pour dire qu’il n’y a pas de rapprochement politique mais juste un aménagement technique, chaque groupe retrouvant son autonomie ensuite, et ne votant de concert que pour les actes principaux, dont le budget. C’est la solution qui est envisagée en Champagne-Alsace, pour bloquer Floriant Philippot. Efficace sur le plan électoral, mais bon courage pour donner des explications politiques cohérentes….

    Le troisième est de se maintenir, ce qui aura pour effet mécanique de donner la victoire dans ces deux régions – Grand Nord et PACA – à la SARL Le Pen. Deux régions PS qui passeraient au FN, comme une lettre à la poste... Dans un premier temps, il faudra supporter le choc de tels événements politiques, et la ligne serait de dire qu'il a été fait choix d’affirmer la différence entre le PS et les Rep’. Mais in peto, il y aussi de petits marchés, genre conserver quelques places, minoritaires, au conseil régional… et donner un coup d’accélérateur à Marine Le Pen, pour affaiblir l’UMP, en rêvant d'un deuxième tour de présidentielle Hollande/Le Pen, la clé vers le second mandat.

    Valls, qui cherche à soigner sa sortie, est partisan du front républicain – comme posture glorieuse… –alors que Hollande, qui veut être réélu en 2017, cherche à valoriser Le Pen comme adversaire… Se faire dégager au bout de cinq ans est la signature de l'échec, et avec le quinquennat, le président élu s'organise dès le premier jour pour sa réélection... C'est l'un des vices de la V°, avec cette délirante suprématie institutionnelle du chef de l'Etat. 

    Pour trancher, il faudra attendre les scores du premier tour, mais attention, ces choix feront des ravages… 

    41n5CKqig0L._SX307_BO1,204,203,200_.jpg

  • Le yoyo politique

    yoyo.gifBuvons un coup à la santé de Martine. On en pense ce qu’on veut, mais quand même... Je n'oublie pas que les dernières régionales de 2004 avaient été un grand succès pour la Gauche, pour conduire à la mémorable gamelle de 2007. Mais depuis hier soir, il est bien clair que la mieux placée pour battre Sarko en 2012, c’est Martine. Et franchement, quel parcours depuis le congrès de Reims, en novembre 2008 ! A peine 16 mois…

     

    Eh oui, le Congrès de Reims… C’était déjà la fin de la fin. Le PS était cuit ! Tout ça parce qu’entre autres petites joies, le génial Jospin nous avait laissé ce cirque de l’élection du secrétaire du PS au suffrage direct. Le vote proportionnel, le vrai, sur les programmes, avait donné en gros trois tiers. Delanoë et Aubry étaient en quasi accord, ce qui se retrouve aujourd’hui dans la majorité du PS. Mais le tiers de Ségo était soudain devenu 50% pour l’élection de la première secrétaire. D’où le foin insensé sur le thème de la victoire volée et des recours en justice. Que reste-t-il aujourd’hui de cette agitation fébrile ? Martine avait une solide majorité issue de la proportionnelle. Avançons.

     

    Six mois plus tard, en juin 2009, ce sont les européennes. Résultat calamiteux : l’UMP bien en tête, le PS à 16,5 talonné par les Verts à 15. Que n’a-t-on pas entendu ! Je ne résiste pas au plaisir de vous rappeler les brillantes analyses de BHL : « Le PS va mourir ? Non. Il est mort. Personne, ou presque, n'ose le dire. Mais tout le monde, ou presque, le sait. À quoi bon se voiler la face ? On est à la fin d'un cycle. Le PS est dans la situation du PCF de la fin des années 1970, quand la désintégration s'amorçait et qu'on tentait de la conjurer par des formules incantatoires sur - déjà - la refondation , la rénovation ». Avançons.

     yoyo_yinyang.jpg

    Hier, l’UMP a pris une raclée. En gros et en détail. Tous les ministres laminés. 54% pour la Gauche, 36 % pour la Droite, 8% pour le FN - 25 % en PACA et 22 dans le Nord - et le reste éclaté. Alors, je ne vois pas pourquoi on s’empêcherait de saluer cette belle victoire électorale, et de féliciter Martine Aubry. Franchement, la machine électorale du PS a bien fonctionné.

     

    Maintenant, il y a tout ce qui ne va pas, et tout ce qui reste à faire.

     

    Une abstention très élevée, d’ici et d’ailleurs, c’est-à-dire de partout. Les régionales sont peu lisibles, et c’est d’abord le fait des présidents de région, dont plus d’un a un charisme d’huitre. De grandes régions comme l’Ile de France, Rhône Alpes ou PACA dirigées par des Huchon, Queyranne ou Vauzelle… Absents du débat national, planqués dans leurs hôtels de région, démissionnaires de tout débat d’idée. Autant dire qu’entre un vote aux régionales et le choix d’un président pour la France, ce sont deux mondes.

     

    Le niveau de l’abstention se combine aux brusques évolutions de l’électorat. Je dis que Martine a bien joué en un an, certes, mais qu’est-ce qui justifierait ce doublement du score ? Rien. Rien, à part le libre choix des électeurs, qui donnent des signes d’un côté ou d’un autre. Qui peut dire sérieusement que les électeurs font confiance en leur personnel politique ? Le vote d’hier est un vote tendance, mais la Gauche serait bien prétentieuse si elle pensait avoir retrouvé l’adhésion populaire.

     

    Le sentiment majeur de ces résultats en yoyo est la perte considérable de crédibilité du monde politique. A quoi sert la politique ? Est-elle encore en mesure de gouverner et comment ? Celui qui répondra à la question raflera la mise. Les élections d’hier dépassent largement le cadre des régionales, et remettent les compteurs à zéro, certes. Le PS reste une belle mécanique électorale, certes aussi. Mais après, tout reste à faire.  

     

    yoyo2_800w.jpg

    Electeur dans le secret de l’isoloir

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu