01.05.2012
Une campagne qui pue le racisme et l’islamophobie
J’ai vraiment honte pour la classe politique qui co-gère cette campagne électorale pourrie, puant le racisme et l’islamophobie.
Il est impossible à cinq jours d’un second tour de présidentielle de débattre des causes de cette fureur et de dégager des pistes pour en sortir. Nous sommes sous la vague, et il faut encore attendre quelques jours.
Mais, chères amies et chers amis, cela n’empêche pas de faire le constat : avec cette campagne électorale, nous avons vu les principaux partis politiques se vautrer dans les thèses de la xénophobie et de l’intolérance. Dans le spasme de cette campagne sans idées ni projets, les vérités enfouies sont ressorties, et ce n’est pas beau.
C’est Marine Le Pen qui donne le la. Il n’y a pas de FN light : c’est génétique, et c’est la tradition de la France nationaliste, planquée dans les frontières de la trouille. C’est une permanence d’un siècle dans la vie politique française. N’imaginez pas de tourner la page, et arrêtez d’être surpris quand on annonce des scores à 18-20%.
Ce qui a été plus nouveau, c’est de voir le Président-candidat larguer toute réserve pour légitimer le discours xénophobe et islamophobe. Lors de son discours de Villepinte, il a fait huer par ses supporters « l’étranger qui vient en France pour le seul attrait de nos prestations sociales ». Jour après jour, il n’a cessé d’enfoncer le clou, d’excès en excès, allant jusqu’à dire que « Marine Le Pen est compatible avec la République ». Aujourd’hui d’ailleurs, leurs mots sont les mêmes.
Ce qui a été consternant, c’est de voir le PS se planquer sous la table devant les hauts-parleurs xénophobes. François Hollande s’est montré incapable de dénoncer, et il a au contraire accrédité. Par son silence, par ses silences, et plus grave, en légitimant. Pour la première fois, un candidat « de Gauche » a dit qu’il y avait trop d’immigrés légaux, et il s’est engagé en fonction de chiffres – il a déclaré qu’il garderait le niveau de régularisation que Sarkozy – et non pas en fonction des droits des personnes. Et avez-vous entendu Ségolène Royal ces jours-ci, qui se lâche à son tour ? Le PS est aussi engagé sur la pratique des lois antimusulmanes, qui donc violent le droit. Enfin, voir les soc' agiter leur ridicule projet de droit de vote achève le tableau. Clairement, ils sont dépassés.
Tous les trois s’expriment de manière différente, mais tous partagent la même conviction, qui s'exprime de manière simple : il y en a trop. Même quand ceux qui sont de trop sont français... Ils ne s'arrêtent pas à cela. Etranger, c'est pour la vie.
On peut d’ailleurs poursuivre. Cette ambiance pourrie crée quelques soubresauts dans la presse, chez les intellectuels ou les artistes, mais la masse acquiesce en silence. Le monde de la culture ? Aux abonnés absents.
Les racines de la maladie sont profondes, mais la parole s’est libérée il y a une dizaine d’années quand Houellebecq est venu donner un maquillage d’écrivain au discours bien connu de Le Pen. Il a scellé l’alliance entre le racisme et l’islamophobie, pour en faire un thème honorable de discussion. Tous s’en sont nourris.
Il faudra donc combattre les idées de tous ces braves gens pour les amener au respect de l’égalité et leur rappeler que sans solidarité, il n’y a pas de vie sociale. Leur dire aussi que la liberté n'est pas un mal.
Il faudra qu’ils cessent de nous saouler avec leurs discours de fin de banquet, et qu’ils apprennent à regarder le monde tel qu’il est. Ils ont le contrôle des appareils politiques, mais ils n’ont plus la considération de la société civile, qui vaut bien mieux qu’eux.
Pour le moment, autant se planquer et lire un bon bouquin. Je vous propose Panaït Istrati, cet écrivain du début du XX°, vagabond venu des Blakans, génial constructeur d’une pensée au milieu d’une époque fracassante, et qui a adopté la langue française pour nous dire tant de choses. Vous trouverez ses textes dans deux recueils publiés chez Phebus.

00:57 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles 2012, sarkozy, hollande, racisme, islamophobie
23.03.2012
Merah : Des failles ? Non, c'est plus grave.
La vérité, comme souvent, vient de femmes, pour peu qu’on sache les entendre. Cette femme, nous l’appellerons Malika. C’est Le Télégramme de Brest qui a reçu son témoignage.

Malika habite dans le quartier où vivait Mohamed Merah.
En juin 2010, le fils de Malika, alors âgé de 15 ans, avait été apostrophé par Merah. Il lui avait dit de monter dans sa voiture pour écouter un CD, en lui faisant croire que c’était le Coran. Malika raconte : « Il a conduit mon fils à son domicile. Dans son appartement, il y avait un immense Coran dans son salon et plusieurs grands sabres accrochés au mur. Il en a décroché un, puis lui a imposé de regarder des vidéos d'Al Qaïda ». Le fils de Malika lui a raconté des scènes « insoutenables ». Des femmes étaient exécutées d’une balle dans la tête, et des hommes étaient égorgés. Malika raconte : « Mon fils m'a appelé. On a finalement pu le récupérer. Il est resté enfermé là bas de 17h à minuit... ».
Pour Malika, la loi existe et le rôle de la police est de la faire appliquer. Alors, elle a porté plainte. Merah l’a appris, ce qui suppose qu’il a été convoqué chez les flics, et ça l’avait rendu dingue : « Il est venu devant chez nous. Il m’a menacée et frappée. Il disait que j’étais athée et que je devrais payer comme tous les Français. Il n'arrêtait pas de répéter qu'il était un moudjahidin et qu’il mourrait en martyr, qu’il effacerait de la Terre tous ceux qui tuaient des Musulmans. Il disait aussi que lui et ses amis viendraient prendre mon fils et qu'il ne me resterait plus que mes yeux pour pleurer ».
Le surlendemain, Merah s’en était pris au fils de Malika : « Pourquoi t’as tout raconté à ta mère ? », et il l’avait frappé. Sa sœur était intervenue et il l’avait rouée de coups devant de nombreux témoins. Malika a tout gardé : la robe de sa fille tâchée de sang et déchirée, le dépôt de plainte, les courriers de relance, des photos et les certificats médicaux...
Malika avait alors demandé à un avocat, Me Mouton, de déposer une plainte auprès du procureur de la République. Me Mouton confirme qu’une plainte « très circonstanciée » a été déposée le 25 juin 2010, et il explique : « La maman a été entendue, mais j’ignore si une enquête a été déclenchée et si, oui, quelle suite lui a été réservée ».
Malika ajoute : « Il nous a menacés de mort. Il m’a fait le signe de l'égorgement », et elle précise que « du fait de ses opinions extrémistes , il s’était fait refouler des mosquées ». Elle accuse : « Pourquoi, malgré tous mes signalements, Mohamed Merah n’a-t-il pas été arrêté ? Nous l’avons encore vu la semaine dernière. Il nous narguait. J’ai tout raconté à de nombreuses reprises à la police et à la préfecture. Et aujourd'hui, on en est là. C'est incompréhensible et révoltant ».
Il faut lire ce que dit Malika, y réfléchir, et ensuite commencer à poser les questions. Parmi mille questions, quelques unes émergent.

Pourquoi n’a-t-il pas été donné suite à la plainte de Malika ? Nos bouffons de parlementaires se sont vantés d’avoir créé l’infraction de violences psychologiques. Ici, nous avons plusieurs infractions graves : association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, apologie de crime, menaces de mort sur un mineur de quinze ans, et menaces de mort contre une maman qui avait porté plainte. Ajoutons que ces menaces sont le fait d’une personne fichée par la DCRI pour ses voyages en Afghanistan et au Pakistan. Pourquoi ni la police, ni le procureur de Toulouse n’ont-ils pas donné suite ?
Merah, judiciairement bien identifiable avec son casier noirci, serait allé en Afghanistan et au Pakistan pour rejoindre des groupes activistes. Pourquoi n’a-t-il été pas été entendu sérieusement par la DCRI ? Pourquoi n’a-t-il pas été poursuivi, alors que la loi le permet, via l’infraction d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste (Sarko le menteur, qui veut masquer qu’il ne fait pas appliquer les lois, fait comme si la loi n’existait pas et qu’il fallait la créer).
Que reste-t-il du discours excité de Sarko sur la récidive quand une plainte concernant un homme qui a ce passé n’est suivie d’aucun effet ?
Guéant se moque du monde en disant qu’il est difficile de surveiller ces personnes de retour de camps afghans ou pakistanais. Nous avons un multirécidiviste qui fait l’objet d’une plainte circonstanciée pour avoir montré des vidéos criminelles à un enfant de 15 ans, et à la suite de la plainte, la mère a été menacée. Guéant, pourquoi tu ne démissionnes pas ?
Entre l’assassinat des soldats à Montauban et ceux de l’école juive de Toulouse, la police avait des indices très sérieux, et notamment des adresses IP. Pourquoi ces renseignements n’ont-ils pas été exploités ? Pourquoi la plainte de Malika n’a-t-elle pas été réactivée ? Les flics dorment ?
Alors que l’enquête était judiciaire et, donc, dépendait de la Justice, sous la direction du procureur, comment expliquer la présence sur place, en situation de commandement, de Guéant, ministre de l’Intérieur ?
Condamné plus de quinze fois, allé deux fois dans les camps d’entrainement en Afghanistan et au Pakistan, instable psychologiquement, objet de la plainte de Malika, comment Merah a-t-il pu, alors qu’il avait une situation professionnelle si fragile, se procurer tant d'argent et d’armes sans que la police ne se rende compte de rien ?
A quoi sert la DCRI dans une telle affaire ?
Dans quelles conditions le RAID a-t-il donné l’assaut le premier soir, alors qu’on savait si peu de choses sur l’armement de Merah, et que les habitants du quartier étaient encore là ? Le pire a été évité quand Merah a tiré à travers la porte, blessant deux policiers. Qui a donné l’ordre ? Dans quelles conditions ?
Pourquoi avoir donné l’assaut jeudi 22 vers 11h 30 ? Le quartier avait été vidé, et Merah n’avait pas d’otages. Les liens étaient-ils rompus avec le négociateur ? Pourquoi ne pas avoir attendu l’épuisement de Merah ? S’est-il montré menaçant ? Un risque particulier est-il apparu ? Qui a donné l’ordre ? Le procureur ou le ministre ?
Le RAID est réputé pour son professionnalisme, dans la maîtrise des forcenés. Trois cents balles tirées par rafales en cinq ou six minutes, c’est du jamais vu. C’était sans doute nécessaire, mais il faut nous dire. S’il voulait mourir, Merah se serait suicidé, et il ne l’avait pas fait. Il allait donc répliquer à l’arrivée de la police en tirant sur les policiers. Où s’est situé l’imprévu ? Dans cet appartement fermé, ne pouvait-on pas préparer le terrain ? Le RAID a un grand crédit, mais il faut répondre à ces questions. Comme il faut répondre à toutes les interrogations sur le tir mortel, lors de la fuite par la fenêtre.

Un gamin réinvente le crime de série, à lui tout seul, en laissant sur son parcours, et depuis des années, d’innombrables preuves. La police ne fait rien, le parquet ne fait rien, et nos flegmons d’hommes politiques accréditent que ce gamin tueur, ce lâche assassin, a la force d’un groupe terroriste. La preuve pour ces décérébrés ? Il a invoqué Al Qaida ! Des revendications aberrantes : tuer des musulmans pour dénoncer le sort des musulmans en France...
Selon la loi française, le moindre lien avec une entreprise terroriste – le passage par les camps – suffit à la qualification juridique. Mais pour ce qui est des assassinats commis ces derniers jours, la réalité factuelle est l’action d’une petite crapule. Lui donner trop d’importance est une faute grossière.
Que Merah soit un criminel suffit à condamner tout ce qu’il a fait, et à comprendre la peur qu’il a répandue. Mais pour un esprit raisonné, il est impossible de confondre un salopard isolé, qui vit sous son identité, dans son appartement, suivi par un juge d’application des peines, et des groupes organisés, déterminés à combattre la République…
De ce point de vue, Sarko et Hollande pataugent dans le même jus. Qu’ils dégagent ! Seul Mélenchon a été cohérent. C’est le seul qui a su garder une lecture politique, le seul responsable politique qui ne s’est pas mis à frétiller devant le crime. Ca compte.

On peut essayer de réfléchir, non ?
01:33 Publié dans droit pénal | Lien permanent | Commentaires (90) | Envoyer cette note | Tags : assassinat, racisme, loi, ump, présidentielles 2012
04.03.2012
Heureusement qu’il y a les étrangers et l’Islam…
Oui, heureusement qu’il y a les étrangers et l’Islam…, sinon de quoi parleraient-ils ? C’est un festival, et ça vient de tous les côtés. Etrangers, musulmans,… étant précisé que les musulmans sont condamnés à être des étrangers à perpétuité. C’est la poire pour la soif de ces délabrés du bulbe, incapables de voir le monde tel qu’il est.
Pour Sarko, il faut ajouter une option « mineur ». Les enfants menacent la société. Donc, si vous voulez faire plaisir à Sarko, histoire qu’il reprenne un quart de demi-point dans les sondages, vous trouvez un mineur, étranger, musulman, voleur récidiviste, et vous filez l’info à un journaliste du Journal officiel « Le Figaro ». L’idéal serait que sa copine soit une Rom, et qu’un de ses parents soit hospitalisé d’office en psychiatrie et l'autre fonctionnaire européen à Bruxelles. Alors là, ça serait le top. De quoi lui faire oublier les plans pourris de MAM à Bayonne...
Les étrangers et l’islam… c’est le marché de Noël de ces andouilles.
Du côté de l’Extrême-Droite, je veux dire le FN et l’UMP, c’est le concours Lépine. Chaque matin, on attend la nouvelle bulle xénophobe. Lequel est le plus hallu ? Franchement, je m’y perds. Trop d’étrangers en situation régulière, assimilation de l’immigration et de la délinquance, délires sur la viande hallal, restriction à la vie familiale, rejet des étudiants étrangers… Impossible de savoir si ça vient du FN ou de l’UMP. Guéant est quand même très en forme, et le jury du blog lui décerne la médaille. Aussi, je souhaite d’autant plus que Marine puisse se présenter pour que l’électorat de la Droite traditionnelle puisse trouver une candidate moins allumée.
Du côté de la Droite centriste, je veux dire du PS mou, on la joue empapaoutée, mais c’est le même cirque. Hollande veut inscrire la loi de 1905 dans la Constitution tellement l’Islam est une menace pour la République. En urgence, les soc’ font voter la loi anti-voile pour les nounous, et bien sûr, ils ne reviendront pas sur la loi anti-niqab, œuvre sarkoziste. Inédit, le leader minimo s’engage, devant le CRIF, à combattre avec la même volonté, les actes antisémites et antisionistes. Et pour les étrangers, ce sera une révolution : examen de leur situation au cas par cas,… ce qui se fait depuis trente ans, en compensant par un droit de vote bidon aux élections locales, histoire d'avoir une petite réserve électorale sous la main. Pourquoi bloquer les régularisations et les naturalisations ? Ils ont peur ? Le PS reste bloqué à SOS Racisme des années 1980 : l’arabe, je vais en faire un bon blanc.
Alors inquiet ? Pas trop, car je sais qu’on peut compter sur la sagesse de ces communautés, qui ont appris à se blinder. Mais juste une remarque : à force de se voir désignées comme enjeu électoral n° 1, il faudrait peut-être qu’elles s’organisent pour faire le travail électoral elles-mêmes. Il n’y a pas de Français de seconde zone, non ?

02:04 Publié dans racisme | Lien permanent | Commentaires (165) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles 2012, racisme
08.02.2012
Letchimy Président
Toujours hurler, ne jamais réfléchir, et surtout n’avoir aucune mémoire. Hier, à l’Assemblée nationale, Serge Letchimy a fait honneur au débat d’idées et au respect de l’histoire. Aussitôt, ça a fusé : pour flinguer, sur le mode sarkosyste ; pour paternaliser, sur le mode hollandiste. Vieil air bien connu : dans la société du mensonge, on condamne celui qui dit la vérité.
Mais qu’a donc dit Serge Letchimy ?
Respect pour le texte.
« Monsieur le Premier ministre,
« Nous savions que pour M. Guéant, la distance entre « immigration » et « invasion » est totalement inexistante, et qu'il peut savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique.
« Ce n'est pas un dérapage. C’est une constante parfaitement volontaire. En clair : c'est un état d'esprit et c’est presque une croisade.
« La preuve c’est qu’il vient de s’autoproclamer protecteur d'une civilisation supérieure, la civilisation française, en déclarant du fond de son abîme, sans remords ni regrets, que «toutes les civilisations ne se valent pas ». Que certaines seraient plus « avancées » ou « supérieures » à d’autres.
« Non, monsieur Guéant, ce n est pas du bon sens». C’est simplement une injure faite à l’homme. C’est une négation de la richesse des aventures humaines. Et c’est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations.
« C’est triste de devoir le rappeler ici : Toutes les civilisations ont déployé d’une manière égale des ombres et des lumières. Aucune civilisation ne détient l’apanage des ténèbres ou de l’auguste éclat. Aucun peuple n'a le monopole de la beauté, de la science, du progrès, et de l'intelligence.
« Montaigne disait que « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition ». J’y souscris. Et j’ajouterais que chaque culture, chaque civilisation, dans sa lutte permanente entre ses ombres et ses lumières, participe à l'humanisation de l’homme.
« Mais vous Monsieur Guéant, vous privilégiez l’ombre ! Vous nous ramenez, jour après jour, à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration, au bout du long chapelet esclavagiste et colonial.
« Monsieur Guéant le régime nazi, si soucieux de purification, si hostile à toutes les différences, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, portée par toute la chrétienté, était-ce une mission civilisatrice ?
« Il existe, M. le Premier Ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque. Mais, il en existe une autre : celle de Montaigne, de Montesquieu, de Condorcet, de Voltaire, de Schœlcher, de Hugo, de Césaire, de Fanon, et de bien d’autres encore. Une France qui nous invite à la reconnaissance que chaque homme, dans son identité et dans sa différence, porte l’humaine condition, et que c’est dans la différence que nous devons chercher le grand moteur de nos alliances.
« Vos déclarations ne sous-tendent pas une stratégie, un calcul politique médiocre et pitoyable.
« Votre seul but, Mr. Guéant, au mépris de l’éthique la plus élémentaire, c'est de vous servir de la récupération des voix du front national pour tenter d’installer une idéologie douteuse. C’est un jeu dangereux. Un jeu ignoble qui vous a déjà anéanti mais qui nous insulte tous.
« Alors monsieur le premier ministre : Quand, mais quand donc votre ministre de l’intérieur cessera t-il de porter outrageusement atteinte à l’image de votre gouvernement et à l’honneur de la France ? »
Voilà le texte. Alors, ou est la faute ?
Merci, chères amies et chers amis, de réagir d’abord à la lecture du texte. Vous pouvez bien sûr réagir aussi aux commentaires excités ou lexomylisés, mais compte d’abord le texte.
Or, le texte est impeccable. Il a été prononcé par un élu de la République devant l’Assemblée nationale.
Autres textes, autre époque, même pays
Voici un autre discours, prononcé lui aussi devant l’Assemblée nationale. Respect pour le texte.
« Le régime nouveau sera une hiérarchie ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle des hommes, mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des « chances » données à tous les Français de prouver leur aptitude à « servir ».
« Seuls le travail et le talent deviendront le fondement de la hiérarchie française. Aucun préjugé défavorable n’atteindra un Français du fait de ses origines sociales, à la seule condition qu’il s’intègre dans la France nouvelle et qu’il lui apporte un concours sans réserve. On ne peut faire disparaître la lutte des classes, fatale à la nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont formé ces classes et les ont dressées les unes contre les autres
« Ainsi renaîtront les élites véritables que le régime passé a mis des années à détruire et qui constitueront les cadres nécessaires au développement du bien-être et de la dignité de tous.
« Certains craindront peut-être que la hiérarchie nouvelle détruise une liberté à laquelle ils tiennent et que leurs pères ont conquise au prix de leur sang.
« Qu’ils soient sans inquiétudes.
« L’autorité est nécessaire pour sauvegarder la liberté de l’Etat, garantie des libertés individuelles, en face des coalitions d’intérêts particuliers. Un peuple n’est plus libre, en dépit de ses bulletins de vote, dès que le Gouvernement, qu’il a librement porté au pouvoir, devient le prisonnier de ces coalitions.
« Que signifierait, la liberté – l’abstraite liberté – pour un ouvrier chômeur ou pour un petit patron ruiné, sinon la liberté de souffrir sans recours, au milieu d’une nation vaincue.
« Nous ne perdrons, en réalité, certaines apparences trompeuses de la liberté que pour mieux en sauver la substance ».
C’est le discours du criminel contre l’humanité (80 000 Juifs déportés en accord avec les nazis) et du traitre à la patrie, Philippe Pétain, le 11 octobre 1940.
La défense de la belle civilisation ? L’exposé des motifs de la loi constitutionnelle de juillet 1940 revendiquait le lien entre les valeurs éternelles de la France et la fierté de la race.
« La restauration de la hiérarchie des valeurs restera dans tous les domaines la tâche la plus urgente. Chaque Français de la métropole ou de l’Empire doit être mis à la place où il servira le mieux notre pays. Une seule aristocratie sera reconnue, celle de l’intelligence, un seul mérite, le travail ; ils dirigeront le pays vers son nouveau destin, celui de la France éternelle, pour continuer l’œuvre sacrée des millénaires.
« Ainsi, notre pays, au lieu de se laisser abattre par l’épreuve, retrouvera par son effort et dans ses traditions la fierté de notre race ».
Pierre Laval a magnifié ce racisme fondé sur l’idée de préservation de la civilisation française. Lors d’une réunion tenue avec les maires du Cantal, le 9 novembre 1943, il avait été acclamé pour son racisme.
« Je parle dans un vieux pays de liberté et j’affirme que nous sommes entrés dans un conflit mondial pour des idées qui n’étaient pas les nôtres. Que la Russie ait son communisme chez elle, cela la regarde, mais qu’elle garde son communisme. Que l’Allemagne ait son national-socialisme chez elle, cela la regarde, mais qu’elle garde son national-socialisme. Que l’Amérique et la Grande-Bretagne caressent des idéologies antifascistes, çà les regarde.
« Mais nous qui sommes Auvergnats, qui ne connaissons pas le fascisme, qui n’avons jamais subi l’empreinte d’aucune autre race que la vieille race de notre terroir, personne ne nous obligera à accepter ces idéologies ».
Une idéologie qui a produit des lois criminelles françaises
Avant même le premier statut des Juifs, la loi du 4 octobre 1940 organisait l’internement par mesure préfectorale des juifs étrangers, sans autre motif.
« Art. 1. – Les ressortissants étrangers de race juive pourront, à dater de la promulgation de la présente loi, être internés dans des camps spéciaux par décision du préfet du département de leur résidence ».
Le premier statut d’octobre 1940 était mal rédigé. Le Maréchal Pétain et l’Amiral Darlan ont tout repris à zéro en créant par la loi du 29 mars 1941 le Commissariat général aux questions juives, qui grand technicien, a permis de faire adopter une série de textes de plus en plus précis et criminels, tous commentés avec science par les grands professeurs des universités, et appliqués avec conscience par la Cour de cassation et le Conseil d’Etat.
Voici l'article 1 de la loi du 17 novembre 1941.
« En vue d’éliminer toute influence juive dans l’économie nationale, le commissaire aux questions juives peut nommer un administrateur provisoire à :
« 1° Toute entreprise industrielle, commerciale, immobilière ou artisanale ;
« 2° Tout immeuble, droit immobilier ou droit au bail quelconque ;
« 3° Tout bien meuble, valeur mobilière ou droit mobilier quelconque.
« Lorsque ceux à qui ils appartiennent ou qui les dirigent ou certains d’entre eux ou lorsqu’ils ont été vendus ou cédés à des Juifs depuis le 23 mai 1940, dans des conditions n’assurant pas l’élimination de toute influence juive mais, dans ce dernier cas, à condition que la nomination de l’administrateur provisoire intervienne au plus tard un an à dater de la publication de la présente loi. »
L’Institut d’études des questions juives et ethno-raciales
Les lois contre les étrangers se sont également multipliées. La loi n° 941 du 16 décembre 1942 relative à protection maternelle et infantile s’ouvrait par un exposé des motifs qui est un éloge des politiques raciales :
« Monsieur le maréchal,
« La sauvegarde physique et morale de la race exige que des mesures énergiques soient prises en vue de réaliser une large protection préventive, sanitaire et sociale, destinée notamment à lutter contre la mortalité infantile… ».
L’arrêté du 10 novembre 1942 signé par Darquie de Pellepoix, commissaire aux questions juives crée une commission scientifique pour l’étude des questions de biologie raciale.
« Art. 1°. – Une commission scientifique pour l’étude des questions de biologie raciale est créée.
« Art. 2. – Sont nommés comme président M. Vacher de Lapouge ; comme vice-président : M. Saint-Germes ; comme secrétaire : M. Hayaux du Tilly ; sont désignés comme membres : MM. Achard, Renault, Bergougnoux, Cruveilhier, Héricault, Tanon, GuillermondFabre, Labroue, de Camas, Durnerin, Mettetal, Sarret, Leroy, Morei, Martial et Castille.
Cette commission aura une courte, mais fructueuse, existence : elle deviendra le 23 novembre 1942 l’Institut d’Anthropolo-Sociologie, inauguré le 22 décembre 1942 en présence de Darquier de Pellepoix, et largement subventionné par le Commissariat Général aux Questions Juives. Son président, Claude Vacher de Lapouge est le fils de Georges Vacher de Lapouge, théoricien du racisme.
Dans la foulée, seront créées deux organismes satellites : en direction de l’opinion, l’Union française pour la défense de la race, le 6 janvier 1943, et à destination de l’élite, l’Institut d’études des questions juives et ethno-raciales, dirigé par l’universitaire George Montandon, expert-ethnoracial auprès du CGQJ le 26 mars 1943.
Une chaire d’histoire du judaïsme est créée à la Sorbonne, et Henri Labrousse, son premier titulaire, auteur du pamphlet Voltaire antijuif, donnera son premier cours en décembre 1942. Parmi les autres enseignements de l’institut, on trouvait Gérard Mauger, eugénique et démographie, Arnaud Bernardini, spécialiste de généalogie sociale, Charles Laville, qui professait la "judéocratie", et Pierre Villemain, expert en "philosophie ethnoraciale".
* * *
Serge, tu as juste dit la vérité : l’histoire de notre pays porte dans son sang les crimes de lois qui se sont nourries des idéologies pourries qui vomissaient les civilisations qui ne leurs plaisaient pas. Mitterrand faisait fleurir la tombe de Pétain, et il a fallu attendre 1995 pour que Chirac reconnaisse la responsabilité de la France dans la déportation. Combien de temps faudra-t-il pour qu'elle reconnaisse sa rôle dans l’esclavagisme ou les crimes contre l’humanité qu’elle a commis en Algérie ?
Toute polémique n'est pas vaine. Ces dernières années, le pays s'est passionné pour des polémiques idiotes, souvent utilisées comme dérivatif. S'interroger sur les dangers des idéologies qui fondent l'action politique est en revanche très utile, et ne mérite ni des excuses, ni le mépris, mais la réplique. L'UMP ne peut impunément lancer le débat sur l'inégalité des civilisations, et refuser de répondre quand on lui rappelle les grandes maladies qu'ont connu les pays européens. On doit reconnaitre des réussites, de grandes réussites, mais on doit aussi chercher pourquoi ces grandes civilisations ont conduit à ce que l'Europe soit le berceau d'un des crimes les plus graves de l'histoire.
Sincèrement, merci Serge. Tu es un ami.

02:04 Publié dans droits de l'homme | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : xénophobie, racisme, colonisation, liberté
08.12.2011
Le droit de vote aux étrangers ? Non, la nationalité !
Droit de vote des étrangers… Et c’est reparti pour un tour... Trente ans après la proposition de François-Le-Polygame, revoici le vote des étrangers, et toujours à quelques mois des présidentielles.
Le PS ressort sa panoplie de dame patronnesse, et la Droite s’égosille sur le thème « vous faites le jeu du FN ». Le FN ? Cette entreprise familiale qui cherche à renflouer ses caisses grâce à la loi électorale ? Juste un minable profiteur du système. Hors sujet.
S’agissant du vote des étrangers, le PS et l’UMP jouent à Dupont et Dupond, et je dirais pour résumer qu’ils nous saoulent grave.
Il n’y a qu’eux pour croire que ce vote – aux élections locales – intéresse les populations concernées. Elles s’en contrefichent. Elles veulent un travail et un logement, une école et des transports corrects.
Le droit de vote ? Oui, plein et entier, en qualité de citoyen. Ce n’est pas plus compliqué.
La Droite est désespérément perdue dans une dérive xénophobe, tapant à longueur de journée sur les étrangers. Tous les problèmes de la France viennent des étrangers, c’est bien connu. La finance internationale nous cause quelques soucis, certes, mais c’est rien à côté des étrangers. En 2007, le FN disait qu'il y a trop d’étrangers, et aujourd’hui, c’est l’UMP qui entonne le refrain. Chères amies et chez amis qui vous apprêtez à voter à Droite, il va falloir assumer.
La Gauche tente son air de mandoline sur le thème nous sommes tous frères, et moi je suis le gentil qui aime bien les étrangers. Elle nous ressort l’engagement de 1981, alors qu’elle conserve une fonction totalement décorative à la « diversité » : je rappelle que la question, c’est l’égalité, pas la diversité. Le même jour, le PS soutient au Sénat une nouvelle proposition de loi islamophobe. Avec un parti qui estime toujours, contre les évidences du droit international et de la démocratie, que le blocus de Gaza est légitime. Des blaireaux génétiques.
Le vote aux élections locales pour renforcer le PS-SFIO qui s’incruste dans la vie locale et laisse la direction du pays à la Droite ? Et puis quoi encore ! Si le PS était sincère – hypothèse d’école – il proposerait de libéraliser l’accès à la nationalité. Ce n’est pas plus compliqué que cela.
Il est devenu beaucoup trop compliqué d’acquérir la nationalité, et le problème est là. Si la France veut rayonner, elle doit monter son ouverture au monde, et accueillir en masse tous ses amis. C’est la clé de toutes les réussites.
Nos gouvernants factuels et gouvernants potentiels n’arrivent pas à passer le cap du 11 novembre 1918 car ils restent adorateurs de la ligne Maginot. Paix à leur âme.
Suite au refus de ma demande de carte de séjour en qualité «profession artistique et culturelle», voici mes dernières peintures dans la série "LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE", clin d'oeil aux droits de l'homme et du citoyen.
Shi Xiang
01:07 Publié dans Etrangers | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : racisme, xénophobie, ump, ps










