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retraite

  • Sarko veut une loi pour garder son Préfet Lambert

    chiquita.jpgLa République bananière prend ses aises : Sarko cherche à faire voter une loi concernant une personne, son pote le préfet Christian Lambert, qu’il veut garder en poste en Seine-Saint-Denis jusqu’aux présidentielles.

    Le gouvernement, qui consacre toute son énergie à l’intérêt du pays, a ressenti ce mois d’avril un besoin pressant : modifier la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la l’âge de la retraite dans la fonction publique, en ajoutant que les hauts fonctionnaires placés à la discrétion du gouvernement atteignant l’âge limité de 65 sont autorisés à rester deux ans de plus. Un texte technique et imbuvable appelé loi sur le « maintien en fonction au-delà de la limite d’âge de fonctionnaires nommés dans des emplois à la décision du gouvernement », et présenté au Parlement selon la procédure d’urgence.

    Une loi d’urgence pour un problème d’importance, à coup sûr ! Or, l’étude montre seules 600 personnes sont potentiellement concernées. Ce qui fait peu. Le Sénat a bravement voté ce projet le 12 mai, avant de le transmettre fissa à l’Assemblée, car le vote doit impérativement intervenir à l’Assemblée nationale avant le 5 juin 2011. Bigre : quel mystère…

    Les députés devaient adopter hier cet excellent projet en commission, et ils se sont un peu renseignés. Là, ça devient franchement rigolo, car le 5 juin 2011, voyez-vous, c’est le jour des 65 ans de Christian Lambert, le préfet de Seine-Saint-Denis. Joyeux anniversaire Monsieur le Préfet ! Et comme Sarko voudrait bien garder son préfet adoré pour passer les présidentielles, il a inventé cette loi, qui finalement ne vise pas 600 personnes, mais une seule. Trop fort.

    Hier une partie des voix de Droite a rejoint la Gauche, pour rejeter cette loi. Rendez-vous désormais pour le vote en séance publique… avant le 5 juin. Parmi les UMP lâcheurs, on trouve le facétieux Patrick Devedjian… qui avait dû quitter la présidence de l’EPAD Paris-La Défense… car il avait atteint les 65 ans. Je vous précise qu’il ne s’agit pas de la cour de récré de l’école primaire mais bien du gouvernement de la France.

    Cette grosse farce me rappelle, avec une larme à l’œil, mon premier cours à la faculté de Droit : « La loi est générale et abstraite. Elle s’applique sans distinction à tous les personnes qui se trouveront un jour ou l’autre placées dans la situation prévue par la loi ». Je m’étais dit : c’est bien la loi, un truc vraiment démocratique.

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    Restons calmes...
  • Les socialistes adorateurs d’un banquier

    18429511.jpgDSK serait « de Gauche ». Voire « socialiste ». De détestables rumeurs sans fondement. Cet homme a le droit de vivre dans la paix et la sérénité, et les mendiants du Parti socialiste doivent lui lâcher la grappe. Car il y a récidive. Ce n’est pas la première fois que courent ces bruits infondés, et il faut donner crédit à DSK d’une grande constance pour les combattre.

    En 2002, le candidat par fax à la présidentielle se retrouve éliminé de tous les quartiers populaires de France par le poète Le Pen Marie-Jean. Dépité, le seigneur de l’Ile de Ré et du trotskisme réunis  se casse. Tchao, vous êtes trop bêtes pour moi. La suite ? Les petits camarades, leurs larmes à peine séchées, s’inscrivent en stage de formation bancaire, avec option cirage de pompes, choisissant pour mémoire de fin d’études : « La morale sauvant le vice ». Avec Cambadelis comme chef cuistot, préparant les plats pour DSK. Que fait DSK ? Abonné absent. Rien. Planqué. Sorti du trou après cinq ans de réflexion, pour dire à Libé qu’il était favorable au mariage homo, après que la CEDH ait ouvert un boulevard. Un destin a failli se dessiner.

    En 2007, la prêtresse du chabichou se plante. Et DSK, à nouveau, se planque. L’analyse socialiste dominante était que la victoire de Sarko était surtout une défaite de Ségo. Les regards se tournent à nouveau vers DSK, tout de même candidat en interne quelques mois plus tôt, affirmant sa rage de vaincre et tout et tout. Il lui suffisait de vouloir faire le job : prendre un abonnement TGV France entière, partir aux huit coins des campagnes profondes du pays, s’organiser pour cinq ans, reprendre toutes les équipes, définir les principes d’un programme, prendre à bras le corps les histoires qui font le quotidien de la vie des Français. Rien. Mieux, c’est « l’ennemi juré Sarko » qui, la main sur l’épaule, se charge de promouvoir sa candidature au FMI. Rien, avant un repas tenu secret avec les chargés de com’ de Stéphane Fouks, et une gentille fuite organisée dans Libé, pour voire comment le bon peuple réagit. Puis une grandiose interview sur France 2, depuis Washington, avec le Capitole en second plan. Avec cette forte parole : « L'économie de marché, c'est un système qui a des qualités et des défauts ». Et inversement, cher ami.  clown%20farceur.jpg

    Le mec complètement décalé du réel. « Bientôt, on vivra jusqu’à cent ans, alors comment songer à arrêter de travailler à soixante ans ». Bien vu. Et lorsque nos descendants vivront jusqu’à deux cents ans, ils travailleront jusqu’à cent soixante ans. Le problème, c’est la réalité, et elle nous place loin de ces fantasmes. Un garçon né en 2008 a une espérance de vie moyenne de 77,5 ans et une fille de 84,3 ans, chiffres de l’INSEE. La réalité de ceux qui sont nés en 1950, qui arrivent à 60 ans ces jours-ci, c’est une entrée dans la vie active souvent avant 18 ans, et d’immenses difficultés à pouvoir conserver leur job jusqu’à soixante ans. Trop vieux, pas assez qualifiés, et trop chers. Alors, les épitres du boss du FMI... 

    Tout ceci n’est hélas pas très nouveau. Le PS est un truc tellement sympa qu’il n’est pas besoin d’être de Gauche pour y adhérer. Il suffit de payer le timbre. Cette adoration de DSK, qui est le fait de la Gauche plus que du PS, c’est le signe d’une possible perdition de la Gauche. Une politique de Gauche, en 2010, c’est le marché assumé, avec des pratiques indiscutables, et donc ouvertes à tous, en matière de solidarité et de droits de l’homme, pour donner au plus grand nombre la possibilité de changer la société. Avec réalisme, donc par étapes, et sans imposer de modèle : que la politique lève certains freins, et la société trouvera ses nouveaux équilibres, dans son immense diversité.

    DSK et consorts, c’est la fin de la Gauche, car c’est un discours qui se pare de la vertu pour mieux faire passer une politique de Droite. Genre : « Amis du Cac’, nous sommes entre nous, et nous nous connaissons bien les règles. D’abord créer la richesse, pour mieux servir notre pouvoir, et faire croire aux benêts qu’on pourra mieux la partager. Saint-Simon expliqué aux enfants. Soyez réalistes : ça passera mieux avec moi, car j’ai mon certificat d’ami du peuple ». La tendance DSK-Cambadelis, avec Collomb Gérard portant la roue de secours sur ses frêles épaules, c’est toute la politique de Droite, ripolinée en Gauche moderniste et bien propre sur elle.

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    Cambadelis, DSK et Fouks s'entraînent pour la campagne des présidentielles
  • Aubry met les années Mitterrand à la retraite

    affichemitterand1981.jpgLa grande loi sur les retraites du 26 mars 1982 est mise à la retraite. Martine Aubry, l’air de rien, vient de bouleverser les doctrines empoussiérées du Parti Socialiste.

     

    Relisons les déclarations de Madame la première secrétaire au Grand Jury : « Je pense qu’on va très certainement aller vers 61 ou 62 ans, je n’imagine pas qu’on aille plus loin, mais à condition qu’on traite le problème de la pénibilité et des seniors ». Elle poursuit en affirmant la disposition du PS à travailler sur la réforme avec le président de la République, à condition que soit gardé le principe de la retraite par répartition. Et elle ajoute : « Si pour la première fois nous avons, depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, une réforme juste, qui va dans le sens du progrès social et règle un vrai problème, je serais heureuse d’y contribuer. »tout_est_possible-affiche-du-ps-du-temps-du-programme-commun_1181599926.jpg

     

    Propos que je salue, bien sûr, avec tout même un peu d’amusement. Au PS, il y a les discours pour les congrès – à Gauche toute – et les discours pour la vraie vie – on arrête les conneries et on apprend à compter.

     

    Il n’empêche que l’air de rien, c’est un pilier des acquis historiques de la Gauche – à prononcer la main sur le cœur et avec un léger trémolo dans la voix – qui part avec les soldes d’hiver. L’âge légal du départ à la retraite à 60 ans lâché par le PS, ça ne va pas passer inaperçu, et il y a même de quoi défriser Jospin. Franchement, il était temps.

     

    Chacun connait les évolutions démographiques. Il se trouve que l’INSEE vient de publier les derniers chiffres. L’espérance de vie est désormais de 77,8 ans pour les hommes, et de 84,5 ans pour mes chéries. Deux mois de plus qu’en 2008.

     

    Rappelons l’évolution sur les dix dernières années.

     

    - L’espérance de vie à la naissance a augmenté de 3 ans pour les hommes, et de 2,04 pour mes chéries.

     

    - L’espérance de vie à 60 ans est passée de 20,2 ans à 22,2 ans pour les hommes et 25,3 ans à 27 ans pour mes chéries.

     

    - marchais.jpgQuant au pourcentage des plus de 65 ans dans la population française, il est passé de15,8 % à 16,6%.

     

    Autant dire, qu’il n’y a plus grand-chose à voir avec les chiffres de 1980. Un autre monde démographique.

     

    Dans le même temps, il est plus logique de prendre pour référence une durée de cotisation qu’une limite d’âge. Et quand on regarde la réalité, le principe légal de la retraite à 60 ans est troué comme un bon gruyère, entre ceux qui ont perdu leur emploi qui n’arrivent à retrouver du travail du fait de leur âge, et ceux qui ont besoin de dépasser la limite pour parvenir à une retraite décente. De même, on trouve ceux qui ont commencé à travailler à 16 ans, et d’autres qui ont poursuivi des études, peiné à trouver du travail et qui entrent dans la vie active à 26 ans ou davantage : rien à voir.

     

    Le débat est débloqué, et les négociations peuvent commencer. Merci donc à Martine Aubry, la future présidente de la République, cette petite chérie.

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