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  • Carnets d’Yves Bertrand : Un scandale d’Etat ?

    B7SDHCAKHBLU0CA5QSA8WCAZ1B4LKCAYIZ41DCAX043TKCABMG2X0CA1MSC1ICAS3WL7ACA9SVV1KCAGK1DJYCAII10VTCAH4QRKDCATN9SCICAZKIC4PCA965EPXCAQ72SCLCA2P5PCLCA8BN33Y.jpgCarnets d’Yves Bertrand : Un scandale d’Etat ? Un grand service de police détourné de sa mission pour enquêter sur la vie privée d’adversaires politiques et monter des coups tordus, ce serait un scandale d’Etat. C’est la question après la plainte déposée par Nicolas Sarkozy.

    Les « renseignements généraux », c’est une vieille affaire. Un service créé en 1911, et enterré en 2008, pour devenir, après la fusion avec la DST, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Cette DCRI, créée par le décret n° 2008-609 du 27 juin 2008, conserve la mission qui était celle des RG: lutter, sur le territoire de la République, contre toutes les activités susceptibles de constituer une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation.

    Désormais, le décret définit avec précision les missions du service de renseignement :

    - Elle est chargée de prévenir les activités inspirées, engagées ou soutenues par des puissances ou des organisations étrangères et de nature à menacer la sécurité du pays, et concourt à leur répression ;

    - Elle participe à la prévention et à la répression des actes terroristes ou visant à porter atteinte à l'autorité de l'Etat, au secret de la défense nationale ou au patrimoine économique du pays;

    - Elle contribue à la surveillance des communications électroniques et radioélectriques susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l'Etat ainsi qu'à la lutte, en ce domaine, contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication ;

    - Elle participe également à la surveillance des individus, groupes, organisations et à l'analyse des phénomènes de société, susceptibles, par leur caractère radical, leur inspiration ou leurs modes d'action, de porter atteinte à la sécurité nationale.

    LEYI6CABQ9AHDCA58C01NCA9BEBM6CAVWFL4HCAINJO4XCAQLZJYRCA1AMBB3CA8VLLXGCAWASW0LCAQPNLSCCA65C3O2CAMS2YVKCA2ZN2TYCAV8X886CAT2KLHSCA48JKOFCAABZAC1CAXPCX4W.jpgUn changement de cap, qui avait été annoncé par Nicolas Sarkozy. Il faut dire que l’ancien ministre de l’Intérieur avait toujours buté sur le responsable de RG, Yves Bertrand, et déplorait que ce fonctionnaire, pourtant placé sous son autorité, répondait en réalité à l’autorité de Jacques Chirac, et travaillait en direct avec Dominique de Villepin. Quelques années plus tôt, sous la première cohabitation, c’est Lionel Jospin premier ministre qui avait fait le même constat. A ceci prêt qu’Yves Bertrand bénéficiait alors de la douce attention de Jean-Pierre Chevènement, qui depuis le ministère de l’Intérieur, préparait sa candidature aux présidentielles de 2002.

    Résultat des courses. Pendant les mandats de Jacques Chirac, entre1995 à 2007, le patron des RG est resté inchangé. Le nomination dépendait d’un décret, et rien n’était possible sans la signature du président de la République. Bon, le service fonctionnait. Mais, restait le sentiment d’un dévouement à la cause chiraquienne. Avec la création de la Direction centrale du renseignement intérieur, la page était tournée. Tournée ? Croyait-on ! EL7VRCAC4F0SRCAOC1SS4CADLSCCZCA3O5S32CAVJNFGFCAAW9BTRCA1Z4PXPCA12ZW4ECA233K9XCA1D8U8OCAKUI7YECABINY76CAF7UJN1CAHLIZYLCAEFZOH3CAKYISO8CAZ0IUPDCAN7OORH.jpg

    Le nom d’Yves Bertrand était apparu en marge de l’affaire Clearstream. La police était tombée sur ses carnets, une quinzaine, sorte de cahier de bord. La trouvaille était assez intéressante pour que les carnets soient mis sous scellés. Impossible d’en savoir davantage. Mais, tout change la semaine dernière : l’hebdo Le Point a eu accès à ces fameux carnets, et en a publié de larges extraits.

    A coup sûr, il y a de quoi être prudent devant une telle lecture. Manips contre manips, on entre dans un univers bien incertain. Mais si ces cahiers, tenus pendant une décennie, contiennent des petits faits du quotidien – les déjà fameux rendez-vous chez le dentistes – on y trouve essentiellement les traces d’une sériée d’enquêtes et d’investigations qui visaient, non à l’information du gouvernement et à la préservation de l’ordre public, mais à la surveillance des adversaires politiques de Chirac. Des enquêtes fouillées sur la vie de Lionel Jospin et de Nicolas Sarkozy, et des personnes qui leurs sont proches. De la puanteur, des ragots, des rumeurs, des détournements de procédure – par exemple la retranscription d’écoutes téléphoniques liées à la vie conjugale de Nicolas Sarkozy –, et des opérations de fuitage en direction de la presse ou d’adversaires politiques, dans un but de déstabilisation de Jospin et de Sarkozy.

    7DGXICAV5E1Y2CAO0V61NCA3VNTGOCARR0RWHCAE8GSQHCAHH2E6FCAXBWCT3CALUB0KSCAA7QEIHCAZ0CMGUCATVVXRVCAYQGLW7CARF9F7ACAN49H8VCAU92AICCA2K0MT0CAT2MI36CA3EK0HX.jpgYves Bertrand répond aujourd’hui : ce sont des brouillons privés, publiés par un journal qui n’aurait jamais du y avoir accès. Cher ami, il va falloir trouver plus convaincant… Car le problème n’est pas la publication par Le Point, ni la manière dont l’hebdo a eu accès à ces documents. C’est le contenu de ces cahiers. J’ai de la peine à penser qu’Yves Bertrand était un maniaque des ragots, et qu’il gardait toutes ces infos pour lui. Difficile de croire aussi qu’une telle activité, dont on retrouve tant de contre coups dans la vie publique, restait ignorée du président de la République et de son premier ministre. Le Point relève notamment trente trois rendez-vous avec Dominique de Villepin entre janvier 2001 et octobre 2002. L’hypothèse la plus réaliste est qu’il lui était demandé d’abuser de ses fonctions pour servir des intérêts politiques personnels. 

    Aussi, une enquête pénale était indispensable. L’initiative aurait du venir du garde des sceaux, qui assume la responsabilité des poursuites. Etait-il opportun que Nicolas Sarkozy, président de la République porte plainte lui-même ? Je n’en suis pas sûr. Cela donne à l’affaire une touche très personnelle, alors que la question posée est de savoir s’il s’agit ou non d’un scandale d’Etat.

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