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  • J’approuve le Roi du Maroc

    c_croisade7_depart.jpgLe Roi du Maroc se fiche de mon blog comme de sa première gandoura, mais il a bien tort, car je lui donne raison. Je ne crois pas que la seule manière de penser la démocratie soit de transplanter le modèle occidental partout et tout de suite.

    Bien sûr qu’est contraire à la liberté d’expression la décision d’un ministre de l’Intérieur – même pas d’un juge – de saisir et détruire les exemplaires d’hebdos très respectables, TelQuel et Nichane, au motif qu’est publié un sondage sur un sujet qui ne doit pas faire l’objet de sondage. Assez ridicule aussi, car n’importe quel marocain peut trouver le document sur Internet. Alors, égosillons nous, mes frères et mes sœurs, et entonnons l’air de la liberté outragée avec nos gentils amis du Monde… qui ont vraiment beaucoup de mal à abandonner la position du missionnaire.

    L’interdiction est une bévue. Oui, mais. Au delà de l’indignation, ce qui ne va pas du tout, c’est cette manière de vouloir faire ingurgiter, comme un gavage, les bons préceptes de la démocratie occidentale, en dépit des réalités locales.

    Le Maroc est un des pays qui bouge, et dans le bon sens. En Afrique et dans le monde musulman, c’est un exemple. Lent, critiquable, ambiguë parfois… Oui, mais un peu de calme ! Quel chemin parcouru ! Faut-il faire un essai comparatif des histoires ?

    Le Maroc est une monarchie constitutionnelle, comme le proclame l’article 1 la Constitution du 13 septembre 1996.

    La légitimité, la question qui chatouille, et traitée par l’article 2 et l’article 19. Un équilibre intéressant. roi_20061114113016_20061114113627.jpg

    Art. 2. « La souveraineté appartient à la Nation qui l'exerce directement par voie de référendum et indirectement par l'intermédiaire des institutions constitutionnelles. »

    Dans la foulée, l’article 3 garantit le pluralisme politique, alors que l’article 4 définit la loi comme « l'expression suprême de la volonté de la Nation. »

    C’est l’article 19 qui régit la fonction du Roi :

    « Le Roi, Amir Al Mouminine, Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l'État, veille au respect de l'Islam et de la Constitution. Il est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités.

     « Il garantit l'indépendance de la Nation et l'intégrité territoriale du Royaume dans ses frontières authentiques.

    La souveraineté à la Nation, par l’expression démocratique, et le Roi comme garant : un modèle de monarchie constitutionnelle. Pas si mal, et à vrai dire, plus d’un Français admire ce système, rêvant de reproduire dans le cérémonial républicain le mythe de ce garant au dessus de tout, indiscutable, protecteur dans un monde aussi incertain que dangereux.

    Alors que tous côtés on voit des pouvoirs torturer le principe électoral pour mieux renforcer leur dictature, la solution marocaine est très présentable, du moment que les droits individuels, économiques et sociaux progressent. 

    Critique ? Oui dans l’absolu, non dans le relatif. Gouverner un pays, convalescent de la dictature, économiquement modeste, entouré de périls, ce n’est pas une sinécure, et il doit rester des domaines pour la raison d’Etat. Que le Roi y place les symboles du pouvoir ne me gêne pas plus que cela.

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  • Et c’est alors que Chirac adopta Yade…

    yoda-Howard-Senft.jpgRappelez vous…Nous vivions une époque abominable, un aspirateur à embrouilles, un accélérateur du désespoir. C’était en avril 2009, et cela nous parait si lointain.

     

    Il y avait la crise, certes, mais elle avait bon dos. Il y avait surtout cette France qui n’était plus que l’ombre d’elle-même, gérant la politique à travers les sondages bidonnés de Séguela et de ses affidés, et les comptes de résultat de ministres faméliques, accrochés à leurs ambitions comme les moules à un rocher quand la mer se retire. Le premier sinistre avait définitivement adopté la robe de bure, agrémentée d’une magnifique corde autour du cou, toujours avec son flacon de Lexomyl à portée de la main.

     

    Comme au temps de la triste Pologne des années communistes, les ministres faisaient la queue devant le bureau de l’intendant-en-chef Guéant pour quémander l’un quelques euros pour boucler son budget, l’autre une autorisation pour une circulaire qui lui ouvrirait les portes de l’histoire, et d’autres encore cherchant à négocier une interview à la radio ou une heure à l’ordre du jour de l’Assemblée. Il ne restait plus pour briller que les carrosseries des limousines qui amenaient cette frêle légion de déprimés au conseil des sinistres, où les attendaient quelques scènes d’humiliation que n’aurait pas désavouées le marquis de Sade, et les dernières fanfaronnades d’un ex-maire de Neuilly, désormais squatter au Cap nègre.hibou.gif

     

    Aussi, il était bien temps que poussé par ces 74 % d’opinions favorables, Jacquou-le-Croquant reprenne le pouvoir. D’abord, ce ne pouvait être pire. Et comme le PS préparait gaillardement son retour au pouvoir pour les années 2080/2090, il fallait bien faire quelque chose. Notre héros de la Creuse profonde allait enfin pouvoir appliquer son programme : pour être populaire, il suffit de ne rien faire. Toute initiative par principe est néfaste. Le rêveur Mendès-France avait théorisé « gouverner c’est choisir »… moyenne en quoi il n’avait tenu que quelques mois. Non, soyons sérieux : gouverner, c’est ne rien faire. Et moins vous en faites, plus longtemps vous gouvernez, et plus vous êtes populaire.

     

    AR093%7EBicentenaire-Revolution-Francaise-Posters.jpgAlors qu’un tâcheron malheureux – seule sa mère se rappelle de son nom – passait jours et nuits sur une hypothétique réforme du mode de scrutin des législatives, Jacquou-le-Croquant a bien eu raison de reprendre le pouvoir par les sondages. Pas besoin de coup d’Etat. Il suffisait de dire « c’est là que ça se passe ». Dans la démocratie d’opinion, le sondage est roi, le sondeur est son serveur, et l’homme politique son serviteur. La France avec sa surpuissante présidentielle rêvait d’un roi élu. Mais l’élu de 2007 n’ayant su remplir le costar, la place était libre. C’est n’est pas du pouvoir que nous avons besoin, mais d’une image du pouvoir, quand tout se joue à Washington, à Bruxelles, à Pékin, ou dans les arrière-salles des banques. Le roi des sondages est notre roi ! Longue vie à notre Jacquou.

     

     Mais le plus fort fut cette décision du roi républicain Jacquou : adopter Yade, pour en faire sa régente. Le préféré et la préférée dans un même bateau, l’affaire était emballée. 74% d’un côté, et la plus cotée des sous-ministres de l’autre. Un truc d’enfer. De la vraie culture de résultat, ou je ne m’y connais pas… Et tous deux se retrouvaient sur une ligne politique imbattable : ne rien faire, au maximum parler, mais alors surtout pour ne rien dire.

     

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