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  • Besancenot et Rouillan

    Besancenot et Rouillan.  Voici le recrutement d’avenir : Jean-Marc Rouillan au Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).  Ne pas se tromper sur les valeurs,… ne pas se tromper sur les hommes ! Quel dommage de ne pas avoir invité Rouillan chez Drucker.

    Jean-Marc Rouillan, ancien membre du groupe terroriste Action Directe, s'intéresse au NPA. « Je n'ai aucun problème pour le dire », a affirmé Besancenot sur France 2. « J'appartiens à un courant politique qui désapprouvait et qui décriait les méthodes d'Action directe à l'époque. La question qui se pose, c'est de savoir si des personnes qui ont connu le système carcéral ont le droit de faire de la politique. Nous, on pense que oui ».

     

    Petit rappel : Jean Marc Rouillan est le fondateur du groupe armé d'extrême-gauche Action directe à la fin des années 1970 et a été condamné en 1989 à la perpétuité, dont 18 ans de peine de sûreté incompressible, pour complicité d'assassinats de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985 et du P-DG de Renault Georges Besse en 1986. Après vingt ans de détention, il a obtenu en décembre 2007 une mesure d’aménagement de peine : semi-liberté liée à un emploi dans une maison d’édition.

     

    Premier commentaire consternant de Besancenot, sur France 2 : « Ils devaient faire 18 ans incompressibles, en l'occurrence aujourd'hui ils font du rab ». Et non. 18 ans incompressibles, ça veut dire 18 ans sans sortir, mais la peine c’était la perpétuité. Donc il n’y a pas  « rab ». Et pas de doute que les enfants de René Audran ou de Georges Besse apprécieront la référence au « rab ». Le respect est sûrement une valeur capitaliste.

     

    Il n’y a pas de raison qu’un ancien condamné ne puisse avoir une action politique ? Je suis bien d’accord, et je souhaiterais que des recours soient exercés contre l’Etat si les détenus continuaient à rencontrer tant de difficultés à voter. De fait, ils sont privés de l’exercice de ce droit, et ce n’est pas acceptable.   

     

    Alain Krivine vient à la rescousse, avec cette belle phrase que n’aurait pas renié l’Abbé Pierre : « Si lui accepte le programme, il viendra, on ne demande pas aux gens leur passé ». Quel humaniste, et là encore je suis d’accord. Que serait la vie si l’on nous opposait toujours nos fautes passées ! Yves Montant est devenu le chantre du libéralisme épanoui après avoir été le chantre du communisme épanoui. Et tant d’autres.

     

    D’accord pour dire qu’il faut voir le présent. Et, c’est une chance, Jean-Marc Rouillan nous fait connaître sa pensée actuelle, dans un texte publié par le site Le Jura Libertaire  

     

    http://juralibertaire.over-blog.com/article-20822738.html  

     

    comme la reprise d’un article publié par Rouge, le journal de la LCR, le 5 juin 2008. Je n’ai pas retrouvé le texte sur Rouge, mais le texte est bien lisible sur Le Jura Libertaire et bien signé par Jean-Marc Rouillan.  De quoi dynamiser la débat au sein du NPA !

     

    D’abord, l’analyse de la détention et de la responsabilité dans les crimes commis. Accrochez-vous !

     

    « Dans la détention des «Quatre d’Action directe», l’État a imposé un arbitraire total (quartiers spéciaux, transferts disciplinaires réguliers, censure politique…). L’enjeu du chantage reposait sur l’exigence de reniement. Concrètement, la pacification de la mémoire et la disparition d’une expérience révolutionnaire armée figuraient le but ultime de ce traitement spécial. La menace était claire. Tant que nous n’options pas pour la repentance, ils nous appliquaient les méthodes pénitentiaires de destruction physique et psychique. Et, ayant assumé jusqu’au bout la responsabilité de nos actes et de nos choix, nous l’avons payé cher. »

     

    Vous lisez comme moi, et comme Besancenot et comme Krivine : « assumer jusqu’au bout la responsabilité de nos actes et de nos choix ».

     

    On poursuit, avec ce très joyeux cet encouragement à la sincérité qui conduit en prison…

     

    « La mobilisation de l’arme carcérale est au cœur du conflit mené par la bourgeoisie des centres impérialistes contre les masses du Sud, et contre les pauvres globalement. En fait, contre la figure actuelle et transnationale du prolétaire précaire. Il y a donc urgence ! Pour les militants sincères, je dirais qu’il est crucial qu’ils se posent le problème de la prison, car la prison risque fort de devenir tôt ou tard un problème pour eux. »

     

    Et pour conclure, une saine analyse des réalités pénitentiaires.

     

    « Pas besoin d’écouter un CD de rap pour comprendre que le flic et le maton sont leurs ennemis déclarés. Et que croit-on qu’ils pensent de l’inaction frileuse de la gauche dite révolutionnaire sur le terrain de la répression de masse ? »

     

    « Le flic et le maton ennemis déclarés ». Les représentants de l’ordre public rangés dans la catégories des ennemis déclarés. Jean-Marc Rouillan pense ce qu’il veut. Alors, action ?

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