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  • L'impôt Sarko

     

    L’impôt Sarko. « Le bouclier fiscal … » Rappelez-vous, c’était il y a très très longtemps, peut-être au moins un an. Et bien, un an après, c’est nouveau et sympa : voici l’impôt Sarko.

    Le truc au départ, c’est le Revenu de solidarité active (RSA), piloté par Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives, un ancien pote de l’Abbé Pierre et de Ségolène, un monsieur à soigner. D’autant plus que son projet est intéressant. Le RMI n’est pas assez dynamique. Il faut donc partir sur des projets individualisés, en veillant à ce que le retour au travail ne remette pas en cause le petit mais stable statut de RMIste. Une aide comme une rampe de lancement. Très bien. A terme, c’est la sortie des galères, et adieu aux circuits sociaux. Oui, mais au départ ça coûte.

    Au printemps dernier, l’idée c’était la réaffectation de la prime pour l’emploi (PPE). De la solidarité pas très active : les pauvres paient pour les encore plus pauvres. L’idée n’est pas abandonnée, mais la réflexion estivale a été fructueuse, et on en revient au classique : les réformes sociales financées par l’impôt.

    L’impôt Sarko consiste à taxer les revenus du patrimoine – la perception de loyers – et de placements – les dividendes d’action et les fruits des assurances-vie – via un prélèvement de 1%. Le résultat attendu de cet impôt est de 1,4 milliard d’euros. Je comprends l’air épanoui de Martin Hirsh : un impôt comme la plus douce des musiques que tu verses au creux de ma solitude…

    1% des riches pour les pauvres : la gauche applaudit ! Bienvenue à ce petit nouveau, qui rejoint la famille des CSG, RDS, Contribution de 2%, cotisation de solidarité autonome de 0,3 %...

    Du côté des assureurs, des épargnants, des professionnels de l’immobiliers très actifs dans la course à la détaxation, ça fait la tronche. Genre réveil brutal. Surtout qu’on connaît l’histoire du 1%, qui devient 1,1, puis 1,3… Pas compliqué : à 1%, le produit est de 1,4 milliard, donc le 0,1% vaut 140 millions d’euros : pas dégueu. Dans un an ça coince. Argument : « C’est la phase de lancement, l’Etat doit accompagner l’effort, et puis après tout ira mieux. Il y a déjà des résultats prometteurs. Donc, je donne un petit coup de pouce de 0,2%. Qu’est ce que c’est que 0,2% ? C’est 0,50 centimes d’euros par français et par mois. Ce geste de solidarité, qui le refuserait ? En tout cas, il est de mon devoir de l’imposer, et nous ferons le bilan dans un an. Dormez en paix, et payez. »

    Laurence Parisot vient gâcher l’ambiance. Depuis les Universités d’été du Medef, elle s’est interrogée sur « l’opportunité d’une taxe plus ». En revanche, François Hollande, en route pour les universités d’été du PS c’est lui félicité de cette mesure. « Faire payer les riches » et « Prendre l’argent là où il est », c’étaient les slogans du parti communiste en 1981. Que de bons souvenirs…

    Un impôt, c’est en principe du domaine de droit fiscal. Mais le fait que cet impôt Sarko soit annoncé en cette période de rentrée des classes me fait plutôt penser que c’est une affaire qui relève de l’éducation. Et oui, tous les éducateurs le savent : on revient toujours vers la source, qui est la bonne source chiraquienne pour un militant UMP normalement constitué. Discours d’un côté, taxe de l’autre, plus c’est gros, et plus ça passe.

    Moi, je serais Chirac, j'enverrai un CV à l'Elysée. Là-bas, ce sont des gens biens, ils savent apprécier les compétences et encouragent l'expertise des seniors. Ca aussi, c'est de la solidarité active.   

     

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