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sécurité sociale

  • Le modèle social président

    Fillon était lundi soir au jité de France 2. Pour triompher de sa jolie victoire ? Non,… pour défendre la Sécurité sociale : « Je le dis ce soir, je prends l'engagement de faire en sorte que toutes les personnes qui doivent être protégées, qui ont des revenus modestes ou moyens, ne seront pas moins remboursées demain qu'aujourd'hui. L'objectif, c'est de regarder s'il n'y a pas, sur certains types de soins, des personnes qui ont des revenus convenables qui peuvent participer un peu plus».

    - Wahou, Fillon, t’as rejoint le Parti communiste, et tu veux faire payer les riches... Fais gaffe à nos lèvres gercées, t’es trop drôle.

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    En 2001, séguiniste défroqué et insipide, Fillon est recruté par Raffarin comme ministre des Affaires sociales. Un bilan plus que moyen, et une branlée aux régionales de 2004,… mais Raffarin lui offre une bouée de sauvetage comme ministre de l'Éducation nationale. Va suivre une réforme Fillon que tout le monde a oublié, sauf lui. Arrive le référendum européen, en mai 2005, pour lequel Fillon soutient le « oui », trahissant Séguin, avec le résultat que l’on sait. Raffarin démissionne et laisse la place au bellâtre Villepin, qui reprend Sarko au gouvernement, mais vire l’inutile Fillon. Lequel vexé comme un pouls explique que « on ne souviendra de rien du mandat de Chirac, sauf de mes réformes ». Ah bon ?

    Quand Sarko se déclare contre Villepin, il prend comme collaborateur ce rescapé. Collaborateur qui va tout approuver et tout signer pendant une campagne et un quinquennat, même sa propre humiliation. 

    Et on se retrouve en 2016. Tricard dans les sondages, il a besoin d'un positionnement marketing. Toutes les places enviables étant prises, il se résout à l’incarnation de Thatcher, avec une déclaration d’amour à la Manif pour tous.

    La semaine dernière encore, Fillon voulait redéfinir les rôles respectifs de l’assurance maladie et de l’assurance privée, expliquant que les remboursements de l'assurance maladie allaient être réservés aux « affections graves ou de longue durée », le reste devant être financé par l'assurance privée. Et comme si ça ne suffisait pas, le mec annonçait la purge des patients « par l’introduction d’une franchise maladie universelle ». Donc tu payes, et on te soigne après.

    C’était samedi. Lundi, c’est déjà l’inverse. La France, c’est ça : un modèle social. Tu piges ? Quand tu es malade, on te soigne sans que tu paies, car tu as fait l’effort par tes cotisations, toi, tes parents, tes enfants ou tes amis. Loin des slogans aussi triomphateurs qu'avachis, la Sécu, c'est la forme vivante de la solidarité, et ça, c'est notre vie.

    Fillon est une mise bien incertaine... et on verra ce qu'il pèse face à un Hollande qui va se présenter,... sans passer par la primaire, j'en fais le pari. 

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  • 9-3 : Pas de budget pour dépister la tuberculose

    Tout va bien en Seine-Saint-Denis (93). Mardi, le 26, le président PS du Conseil général, Stéphane Troussel (PS), a annoncé que le département ne pouvait plus assurer le financement des centres de dépistage de la tuberculose et des maladies sexuellement transmissibles (MST). Yurghhh ! Troussel ajoute : « Nous sommes dans une situation d’économies forcenées ».344286575_ebd6bce97c_z

    La tuberculose reste une réalité, et le 93, qui cumule les populations défavorisées, est le plus concerné. C’est le seul département français où la tuberculose n’a pas reculé entre 2000 et 2010. La maladie touche environ 31 personnes pour 100.000 habitants chaque année, soit quatre fois la moyenne nationale, selon l’Institut national de veille sanitaire.

    De longue date, le budget du conseil général, car ce volet de la médecine de prévention est une compétence du conseil général, ne suffit pas, et c’est l’Assurance-maladie qui versait une subvention de 1,5 million d’euros par an, soit 15 % du budget sanitaire du département. Parfait, sauf que c’était illégal, car la Caisse n’a pas pour mission de substituer à l’Etat aux collectivités locales.

    Alors ? C’est planté.

    Selon le conseil général, cette annulation de crédit remet en cause sept centres de dépistage, et les « opérations de dépistage itinérantes », qui permettent par exemple de prendre en charge les habitants des bidonvilles ou des foyers de travailleurs migrants.  Pour le Dr Jeanine Rocherfort, de Médecins du monde, « Cela poserait un problème de santé publique avec un développement des formes multirésistantes ». Le ministère de la santé a été contacté depuis des mois par Troussel pour remplacer les fonds qui étaient alloués par l’Assurance-Maladie, mais pas de réponse de Marisol Touraine.

    Comme le disait lundi l’excellent Rebsamen, « ce pays va bien ». Comme notre ado-contrarié El Blancos, soyons nous aussi amoureux de l’entreprise, et refusons ces discours dépassés qui opposent les riches et les pauvres, alors que la réussite des riches rejaillit naturellement pour faire le bonheur des pauvres. En plus, on nous explique que la nomination de la cosmétique Bambi à l’Education nationale montre que l’ascenseur social marche.

    Mais, dans ce monde merveilleux, de quoi se plaint-on, alors ?

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  • Prélèvements obligatoires : 46,5% ! On n’en peut plus !

    Les prélèvements obligatoires, c’est ce qu’on paie aux administrations publiques et aux services sociaux, non par une décision de dépense à la recherche d’une contrepartie, mais en exécution de mesures d’autorité et sans contrepartie directe. En pratique, cela concerne les impôts et les taxes, d’une part, et les cotisations sociales obligatoires, d’autre part.  

    Des chiffres ?

    Pour ces quatre dernières années, le résultat est une réussite : 

    - en 2010, 822,1 milliards d’euros (Md€)

    - en 2011, 876,3 Md€

    - en 2012, 913,9 Md€

    - en 2013, 966,9 Md€

    Joli, non ? Si les entreprises avaient connu la même progression, le chômage serait résiduel.

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    La progression du taux

    Le taux des prélèvements obligatoires, soit le rapport entre les prélèvements obligatoires et le produit intérieur brut, la richesse du pays, donne le tournis :

    - 2010, 42,5 %

    - 2011, 43,9 %

    - 2012, 44,9 %

    - 2013, 46,3%

    Les Echos ont publié une étude non contestée par notre si incompétent sinistre de l’économie : on atteindra un record en 2014 à 46,5%. Oui, on s’approche de 50%, c’est dingue.

    Pour bien mesurer la mouise dans laquelle ils nous collent, il faut prendre un peu de recul sur l’évolution de ce taux :

    - en 1970, 34,1%

    - en 1980, 40,2%

    - en 1990, 41,6%

    - en 2000, 42,1 %

    Des évolutions contrastées

    Sur la période 2000 à 2011, les évolutions sont contrastées :

    - pour les organismes sociaux, on est passé de 12,7% du PIB en 1970 à 21,5 % en 2000 et 23,9 en 2011 ; 

    - pour les collectivités territoriales, l’évolution a été de 2,1% du PIB en 1970 à 5,2% en 2000 et 5,9 en 2011 ; 

    - pour l’État et l’Union européenne, la part est à la basse, avec 19,3% en 1970, 17,5% en 2000 et 13,2% en 2011.

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    Les beaux engagements de Hollande

    Quand Hollande est arrivé à l’Elysée, on était à 44,9, pour passer à 46,3 en 2013 et 46,5 en 2014, ce 0,2% représentant six milliards de ponction supplémentaire, et exclusivement fiscal.

    Voici un extrait d’une interview de Hollande à Ouest-France, ce 1° juillet 2013 : « En 2013, la dépense de l’État sera strictement maîtrisée. Pas un euro de plus ne sera versé par rapport à ce qui a été prévu dans le budget. Mais, la récession nous prive de toutes les rentrées fiscales espérées. D’où le risque d’un déficit plus important que prévu. Que faut-il faire ? Augmenter les impôts ? Non. Nous n’alourdirons pas la pression fiscale des Français en cours d’année. Alors, nous prendrons de nouvelles mesures d’économies en 2014-2015. Et pas simplement dans la sphère de l’État mais aussi dans celle des administrations locales et dans les dépenses sociales. »

    Hollande le boni-menteur…

    Et si seulement ça marchait !  

    C’est bien ça le plus fort : le taux de prélèvement obligatoire est passé en 40 ans de 34 à 46 %, et de tout côté, on n’entend parler que de la crise des services publics et du déficit des organismes sociaux. On est à 46,5% de prélèvements OBLIGATOIRES, et la semaine dernière on voyait des enfants virés de la cantine de l’école car les parents n’étaient pas à jour des paiements. C’est accablant.

    Droite ou Gauche, quand je vois ce qu’est devenu la « Gauche », je m’en contrefiche… Je souhaiterais seulement qu’il existe un responsable politique pour nous expliquer, en termes compréhensibles, comment on peut se sortir de ce bazar. 

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    Ma photo

  • Fusillade d’Aurora : Une ruine pour les victimes…

    La fusillade d’Aurora, ce sont 12 morts et 58 victimes, dont vingt toujours hospitalisées, souvent dans un état grave. A prévoir une hospitalisation qui se prolonge et de longues périodes de rééducation. Problème : plusieurs d’entre elles, surtout parmi les plus jeunes, ne bénéficient d’aucune prise en charge par l’assurance maladie.

    Le coût des soins s’annonce astronomique,… et il va falloir payer. En fait, c’est le lot courant de la population jeune et pauvre, mais cette tuerie donne un redoutable effet de loupe. Dans le Colorado, un habitant sur trois ne dispose pas d'une assurance crédible.

    Seule solution : le charity business.

    Le plus simple pour vite obtenir quelques sous a été de négocier des récits exclusifs avec la presse, mais l’actu passe à autre chose.

    Un fonds de soutien a été créé avec appel aux donataires via Internet, et la Warner Bros, qui produit Batman, s’est dépêchée de faire savoir qu’elle avait versé son écot.

    Pour le reste, chacun se débrouille.

    Voici l’un des sites ouverts pour l’appel à la générosité, celui de Farrah Soudani, blessée à la jambe et à l’abdomen :

    http://www.gofundme.com/Help-Farrah#description

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    On parle beaucoup de la situation de Caleb Medley, un jeune artiste blessé d’une balle reçue dans l’œil. Il est placé en coma artificiel et sa vie sera sauve, mais il faut prévoir des soins très lourds, évalués à 2 millions de dollars. La famille dit avoir récolté 500 000 dollars. Voici le site :

    http://calebmedley.com/help

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    Chloe Anderson est la sœur d’une des victimes, Petra, jeune étudiante blessée à la tête et au bras. Elle explique sur une vidéo que la famille s’était organisée pour financer les soins de leur mère, atteinte d’un cancer, et qu’il n'y a plus de marge :

    http://diasolifeontheborder.org/2012/07/23/the-petra-anderson-story-readytobelieve4petra/

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    Les hôpitaux examinent les situations individuelles, et vont proposer des solutions exceptionnelles de solidarité…

    L'État du Colorado dispose d’un fonds d'aide aux victimes de crime, mais il n'offre que 20.000 dollars d'assistance par personne.

    Je pense que ce dessin résume bien le problème.

    http://www.cartoonmovement.com/cartoon/4459

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  • Il commet un braquage pour se faire soigner en prison

    5HEkSP-fQ1CdyZvsbn50Mw.jpgPlus de sécu, plus d’accès aux soins ? Pas de problème ! Il suffit de commettre un braquage pour se retrouver en prison, et bénéficier du service de santé d’Etat.

     

    L’histoire se passe en Caroline du Nord, dans la ville de Gastonia. James Verone, 59 ans, connait des problèmes de santé, et doit se faire soigner. Le problème au pays des valeurs, c’est que sans argent, on n’a pas de soins : ils sont 52 millions dans ce cas.  James a été livreur chez Coca-Cola pendant 17 ans, mais il a perdu son emploi, il y a 3 ans. Il a retrouvé un job de commis à temps partiel, mais des problèmes d'arthrite l'empêchent de lever les charges lourdes. James n’avait plus ni emploi, ni assurance maladie.

     

    Alors, notre ami a eu l’idée de commettre un braquage pour se retrouver en taule, où là, il pourra être soigné aux frais de l'État. Petit détail, d’après le site RealCostsOfPrison.org, le coût pour un an de détention s’élève à 27 310 $.

     

    James s’est présenté dans une succursale de la RBC, non armé, bien propre sur lui, et a remis une note à une guichetière de la banque, expliquant qu'il était un voleur et qu'il voulait qu'on lui remette un dollar : « Ceci est un vol de banque. S.V.P donnez-moi 1 $». Il s’est fait remettre le précieux butin, et a ensuite déclaré: « Je vais m'asseoir ici, sur la chaise, en attendant la police.»

     

    Bien sûr, la police a débarqué, et a interpellé le bandit. Mais le procureur n’a retenu que la plus légère des qualifications de vol, et James ne risque qu’un an de prion. Ce qui sera un peu court, surtout si par malheur le tribunal fait preuve de bienveillance. James visait le vol qualifié, avec à la clé, un taf  de trois ans de prison, ce qui est quand même beaucoup plus sérieux pour la prise en charge d’une longue maladie.

     

    Comme il l’a expliqué dans un journal local, le vol lui permettait de régler ses problèmes les plus urgents : logement, nourriture et soins médicaux. « Je suis une personne logique, et c'était ma logique. C'est la solution qui me semblait être la meilleure. Le médecin de la prison m'accuse d'avoir manipulé le système. Si on peut manipuler le système par nécessité, pour recevoir des soins de santé, alors oui, je suis un manipulateur.»

     

    S’il sort trop tôt, il lui restera toujours la récidive.

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    La prison permet aussi de soigner certains aspects de la dépression
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