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santé

  • CHU de Grenoble : Magnifique réussite du merveilleux service public

    Voici quelques nouvelles de notre beau pays, que nos curieux voisins de Macronie considèrent comme non-entré dans le XXIe siècle.

    L’histoire, c’est un dramatique accident survenu à la gare de Chambéry, le 14 août à 15h30. Une jeune mère de famille de 30 ans, en cherchant à monter dans le train, chute et se sectionne les deux bras, juste au-dessus du coude. Le 14 août dans l’après-midi, c’est-à-dire le jour de relâche générale… Sauf que tout le monde a répondu présent. Le principe de continuité du service public, c’est du solide.  

    Les sapeurs-pompiers ont été les premiers sur place, avec le bon réflexe : aviser le Centre 15 pour prendre les consignes auprès du médecin régulateur, et récupérer les deux avant-bras sectionnés, pour les placer dans un sac et sur de la glace : « On a demandé rapidement aux agents de la SNCF de venir avec des glaçons et des sacs en plastique pour conditionner les bras ». Déjà, le SAMU est là, et le médecin urgentiste pose les garrots pour juguler l’hémorragie et administrer un traitement antalgique. Dans le même temps, est lancée l’alerte via SOS Mains, pour savoir où se trouve la plus proche équipe disponible. Réponse : le CHU de Grenoble. La patiente est installée dans l’ambulance, et le convoi fonce, protégé par les motards de la police.

    À l’hôpital, l’équipe se met en place. Il faut ouvrir le bloc en urgence, constituer les équipes autour de deux chirurgiens spécialistes - de jeunes médecins, produits de la grande université française – les anesthésistes, l’équipe infirmière… Tout le monde est au taquet quand moins de deux heures plus tard, l’ambulance du SAMU passe la porte de l’hôpital. A 17 heures, la patiente est admise au bloc opératoire. Le temps de l’anesthésie, et la chirurgie commence à 17h20. Une équipe sur chaque bras, et tout se termine avec succès à 21h30.

    La clé a été dans la coordination des secours : « Dans ce genre de circonstances, le facteur temps est essentiel. Au-delà de six heures, la réimplantation est bien souvent impossible à cause d’un risque de nécrose ». Quinze jours après, la patiente va bien et récupère. Commence une longue période, dépendant de la cicatrisation et de la rééducation, en espérant le meilleur résultat fonctionnel.

    Le professeur François Moutet, du service de chirurgie de la main du CHU de Grenoble, souligne : « N’allez pas dire que nous avons fait des miracles. Réimplanter un bras n’est pas véritablement une prouesse sur un plan chirurgical. Nous le faisons régulièrement. Ce qui est une première en France, c’est le fait d’avoir réussi à réimplanter les deux bras en même temps ».

    Si on écoute notre ami, c’est presque banal… Mais attention François, ce qui nous bluffe c’est ce banal service public, financé par la banale Assurance maladie, qui fonctionne si bien. Merci à toutes et à tous, et tous nos vœux à la patiente et à sa famille.

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    Nos deux héros : le CHU et la CPAM

  • Le gouvernement se prépare à des attaques chimiques

    A priori, l’arrêté du 14 novembre 2015  « autorisant l'utilisation de sulfate d'atropine, solution injectable 40 mg/20 mL PCA antidote des neurotoxiques organophosphorés » n’a pas de quoi passionner les foules. Sauf que ce texte montre que le gouvernement se prépare à des attaques chimiques. Gouverner, c’est prévoir, et une mesure de prévention n’est pas en soi un drame, mais cet arrêté en dit long sur la mouise dans laquelle le pays est installé.  

    Petit délire catastrophiste de la part du blog ? Rien du tout, c’est le gouvernement qui nous expose la réalité des menaces dans les considérants de cet arrêté. Lisons :

    « Considérant l'accueil sur le territoire français de la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique de 2015 (COP21/CMP11) du 30 novembre au 11 décembre 2015 ;

    « Considérant l'accueil sur le territoire français d'un sommet de chefs d'Etat, préparatoire à la COP21, le 29 novembre 2015 ;

    « Considérant que le risque d'attentats terroristes et le risque d'exposition aux neurotoxiques organophosphorés constituent des menaces sanitaires graves qui appellent des mesures d'urgence ».

    Voilà un décor joliment planté ! Le reste est plus technique, mais franchement, ça ne rigole pas.

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    L’arrêté vante les mérites du sulfate d'atropine, sous la forme d’une solution injectable 40 mg/20 mL PCA comme antidote des intoxications aiguës par les gaz neurotoxiques de guerre, genre le gaz sarin et le gaz VX. Ces gaz ralentissent le rythme cardiaque, et l'administration d’atropine joue comme un antidote efficace.

    Le sulfate d'atropine a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM), mais l’industrie civile le produit sous des dosages très légers, destinés à certains traitements de pathologies cardiaques. En cas d’attaque chimique, il faut administrer, et rapidement, des doses bien plus importantes – le 40 mg/20 mL PCA – et l’industrie n’est pas en mesure de fournir les dosses nécessaires pour palier l’exposition « d'un nombre potentiellement important de victimes à des neurotoxiques organophosphorés » dixit le gouvernement. Donc, l’hypothèse est une attaque massive aux gaz toxiques pendant la COP 21. Dont acte.

    Le sulfate d'atropine à dose efficace pour les attaques au gaz est fabriqué par la pharmacie centrale des armées, sous l’égide de la direction des approvisionnements en produits de santé des armées (DAPSA), et il n’est utilisé que sur les zones de combat. La DAPSA remet les produits à l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS), et l’arrêté autorise à titre dérogatoire la délivrance du produit aux SAMU.

    La publication de cet arrêté au JO du 14 novembre était déjà « dans les tuyaux » et n’est pas liée aux attaques terroristes du 13 novembre. Ceci étant, elle montre que le gouvernement est parfaitement informé des risques, que ces risques sont de haut niveau, et que nous sommes entrés dans une période durable et fort difficile, du fait de cette guerre hier exportée, et aujourd’hui importée.

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  • Hollande et les sans-dents : « L’avenir du social-libéralisme passe par le dentiste »

    - Alors, François, comme ça, tu n’aimes pas les pauvres ?

    - C’est pas que je les aime pas, c’est que j’en ai rien à foutre. Et c’est pas nouveau.

    - Pas nouveau ?

    - Ben oui, rigolo. Mon souffre-douleur El Blancos est allé devant le MEDEF pour clamer, la larme à l’œil « J’aime l’entreprise ». Tu ne l’imagines pas aller avec les sans-dents de Paris pour leur clamer « J’aime les pauvres ». Faut pas déconner… Les pauvres menacent notre économie. C’est un mal pire que les « puissances de l’argent », qui elles, cherchent à bien faire.

    - Mais c’est l’inverse de ton programme…

    - Peut-être,… mais c’est la continuité de mon action. De toute ma carrière politique, je ne me suis jamais intéressé à la question de la pauvreté, et je ne vais pas commencer à mon âge ! Regarde bien : j’ai toujours fait le minimum légal, et le plus tard possible, pour les bas revenus et les seuils sociaux. Comme Sarko était qualifié « de Droite », il devait lâcher du lest, mais moi je suis « de Gauche », alors ça passe tout seul. Je fais des moulinets devant la statue de Jaurès, et on me fiche la paix.

    - Quand même… Les appeler les « sans-dents »…

    - Je n’ai rien inventé. Notre profonde sagesse ancestrale nous a légué un dicton d’une grande puissance d’analyse : « Un homme sans argent est un loup sans dents ». Et puis, franchement, les sans-dents c’est « pas jojo »…

    - C’est pas que t’en as rien à foutre, c’est que tu les méprises…

    - Mais pas du tout, je dis juste la vérité. Depuis l’Abbé Pierre, on parle des sans-abris. Moi je les appelle les « sans-dents », et il n’y a pas diffamation car le fait est vrai. T’as vu les pauvres ? Ils ont des dentitions pourries. Et mon devoir est de dire la vérité aux Français. Le mieux, c’est les sans-abris, sans-dents et sans-papiers… Ceux-là, les Roms, je leur botte le cul depuis le premier jour de mon mandat… et tout le monde applaudit ! Pour ce qui est des sans-dents, ils n’ont qu’à aller chez le dentiste,… s’ils en trouvent un qui prend les patients CMU ! L’avenir du social-libéralisme passe par le dentiste… Ce que je suis drôle…

    - Et puis que je les méprise ou non, les pauvres votent pour la Gauche. Ça aussi c’est un fait. Il suffit que je dise « c’est vrai, je n’aime pas les riches » ou « mon ennemi, ce sont les puissances de l’argent », et les sans-dents votent pour moi. C’est trop drôle…

    - Attention, François, il y a plein de pauvres qui, écœurés par l’incurie politique, votent maintient FN…

    - Mais dit donc, toi t’es un vrai puceau de journaliste… Réfléchis un peu… Pour 2017, il n’y a que le vote FN qui peut me sauver la vie, en dégageant l’UMP au premier tour…

    - Et pour les puissances de l’argent, tu fais quoi ?

    - Je fais le max… mais le max pour elles, pas contre elles ! Je suis leur meilleure garantie, et avec moi elles sont tranquilles. Dès qu’il y a un mouvement de grève, je culpabilise la CGT en disant qu’elle joue contre le camp du progrès social, et ça marche… C’est comme le gadget Obama : il fait comme Bush, mais avec l’étiquette morale, c’est tout bénef. Non, il faut être réaliste. Avec les mecs de Gauche comme moi, la Droite n’a plus d’avenir, car je lui ai bouffé le marché… et à pleines dents !

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  • 9-3 : Pas de budget pour dépister la tuberculose

    Tout va bien en Seine-Saint-Denis (93). Mardi, le 26, le président PS du Conseil général, Stéphane Troussel (PS), a annoncé que le département ne pouvait plus assurer le financement des centres de dépistage de la tuberculose et des maladies sexuellement transmissibles (MST). Yurghhh ! Troussel ajoute : « Nous sommes dans une situation d’économies forcenées ».344286575_ebd6bce97c_z

    La tuberculose reste une réalité, et le 93, qui cumule les populations défavorisées, est le plus concerné. C’est le seul département français où la tuberculose n’a pas reculé entre 2000 et 2010. La maladie touche environ 31 personnes pour 100.000 habitants chaque année, soit quatre fois la moyenne nationale, selon l’Institut national de veille sanitaire.

    De longue date, le budget du conseil général, car ce volet de la médecine de prévention est une compétence du conseil général, ne suffit pas, et c’est l’Assurance-maladie qui versait une subvention de 1,5 million d’euros par an, soit 15 % du budget sanitaire du département. Parfait, sauf que c’était illégal, car la Caisse n’a pas pour mission de substituer à l’Etat aux collectivités locales.

    Alors ? C’est planté.

    Selon le conseil général, cette annulation de crédit remet en cause sept centres de dépistage, et les « opérations de dépistage itinérantes », qui permettent par exemple de prendre en charge les habitants des bidonvilles ou des foyers de travailleurs migrants.  Pour le Dr Jeanine Rocherfort, de Médecins du monde, « Cela poserait un problème de santé publique avec un développement des formes multirésistantes ». Le ministère de la santé a été contacté depuis des mois par Troussel pour remplacer les fonds qui étaient alloués par l’Assurance-Maladie, mais pas de réponse de Marisol Touraine.

    Comme le disait lundi l’excellent Rebsamen, « ce pays va bien ». Comme notre ado-contrarié El Blancos, soyons nous aussi amoureux de l’entreprise, et refusons ces discours dépassés qui opposent les riches et les pauvres, alors que la réussite des riches rejaillit naturellement pour faire le bonheur des pauvres. En plus, on nous explique que la nomination de la cosmétique Bambi à l’Education nationale montre que l’ascenseur social marche.

    Mais, dans ce monde merveilleux, de quoi se plaint-on, alors ?

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  • La vache est folle… pas le Parquet !

    Un scandale de santé publique ? Non, une baudruche, qui se dégonfle : impossible de prouver que l’utilisation des farines animales était une faute, et impossible de prouver le lien de causalité entre les farines et les décès humains. Eh oui, ce n'est pas drôle, mais on a été enfumé dans l’affaire des farines.

    Les faits

    Première phase

    6_u46d4.jpgTout démarre en septembre 1985 : un rapport officiel britannique signale l’apparition chez quelques bovins british de cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

    Ça se complique en 1987, quand des travaux scientifiques montrent que la maladie est transmissible au sein de l’espèce animale, et en décembre, l’hypothèse – l’hypothèse – d’une contamination des bovins par l’absorption de farines animales (FVO) est retenue. Début 1988, sa Majesté interdit l’utilisation des farines animales pour l’alimentation des ruminants, avec abattage des animaux suspects, et la Commission européenne embraye en 1989,… avec une date d’effet en 1994.

    Ça s’envenime en 1996

    sonnerie-réveil-de-celine-la-vache-folle-offerte.jpgEn mars 1996, c’est le tremblement de terre : le gouvernement britannique évoque – évoque – la possibilité – possibilité – de la transmission de l’ESB à l’homme sous la forme d’une nouvelle variante de la maladie neuro-dégénérative de Creuzfeldt-Jakob (nvMCJ).

    Aussitôt, plusieurs pays européens suspendent leurs importations bovines en provenance de Grande-Bretagne, et la Commission européenne approuve. La Grande-Bretagne s’engage à abattre en 5 ans tous les animaux âgés de plus de 30 mois.

    Le 5 avril 1996, l’émotion est à son comble. La Direction générale de la santé annonce le premier cas de décès causé par la nouvelle variante de la maladie de Creuzfeldt-Jakob. La DGS ne dit rien de la cause, mais ça part en live, et ce sera le feuilleton de l’émotion tout au long de l’année 1996. Sur le plan scientifique, on n’a pas progressé d’un centimètre, mais bon : les transes nationales, c’est si bon pour faire du consensus.

    Pendant que la gesticulation se poursuit, le comité scientifique vétérinaire de l’Union européenne, en septembre 1997, se prononce pour la levée partielle de l’embargo sur les exportations des viandes bovines britanniques. La France continue la gonflette, avec le drôlatique Jean Glavany, même si juin 1999, le Comité scientifique européen rejette, à l’unanimité, des arguments français en faveur de l’embargo.

    Gros délire français

    ACH002254276.1391122454.580x580.jpgPeu importe, le délire franco-français est en pleine forme, avec en novembre 1999, la publication du rapport de Geneviève Viney et Philippe Kourilsky sur le principe de précaution. 

    Le 16 décembre 1999, la DGS annonce le deuxième cas français de décès causé par la nouvelle variante de la maladie de Creuzfeldt-Jakob. Ce qui est bien triste,... mais ne dit rien de plus sur un lien éventuel avec la vache british. En mars 2000, la France reste le seul pays européen à refuser d’importer le bœuf britannique, et elle ne sait toujours pas dire pourquoi… à part que ça plait aux sondages.

    Par contre, les farines animales restent admises dans l’alimentation des bovins, et la presse en remet une couche sur le « scandale sanitaire ». De quoi ? On ne sait toujours pas, mais en novembre Chirac décrète qu’il faut interdire les farines, et une semaine après Jospin, Premier ministre, les interdit. Pourquoi ? Parce que c’est la cohabitation, et que Jospin sera le prochain président. Ça, c’était scientifiquement prouvé.

    La grande agitation se poursuit, mais dans le vide, et en octobre 2002, la France annonce qu’elle lève l’embargo sur le bœuf britannique. Depuis juin 2013, les farines animales sont autorisées pour les poissons d'élevage et autres animaux de l'aquaculture, la Commission européenne relevant que le « risque de transmission d'ESB entre animaux non-ruminants » était négligeable.

    Qu’il était beau mon procès (sur l’air d’Edith Piaf « Qu’il était beau mon légionnaire)

    Retour à 1996

    vache_folle2.jpgEn 1996, nos amies les vaches britanniques n’avaient pas la forme, nous sommes bien d’accord : une épidémie d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ça te fiche patraque.

    Là-dessus, qu’avait fait l’excellent gouvernement de Sa Majesté de Londres et de l’Empire ? Il avait expliqué que si les vaches étaient folles, c’est que p’têt ben elles se nourrissaient de farines animales, et que p’têt ben qu’il y avait un lien entre cette maladie des vaches une forme maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) qu’on avait découvert chez les humains. Donc, sur le plan de la faute, on ne sait rien ; sur le lien de causalité entre l’ESB et la MCJ, on ne sait rien non plus. Et aujourd’hui, on ne sait toujours pas qualifier la faute, ni le lien de causalité.

    Tromperie… Ou homicide involontaire ?

    l-coolcow.jpgOki. Mais tout ceci n’empêche pas de porter plainte quand on trouve des juges attendris, pour faire un gros bouillon de procédure, et TF1, pour faire un semblant d’information. Ce qui est très choquant, pour ne pas dire plus – genre on truande l’opinion – c’est que cette absence de lien de causalité était claire… chez les plaignants. Et oui, c’est du gros gros enfumage.

    Quand vous estimez qu’un fait a causé un décès, vous portez plainte pour homicide involontaire. Or, en juin 1996, l'Union française des consommateurs (UFC) avait posé plainte pour « tromperie sur la qualité substantielle d'un produit » et « falsification ». Donc tu m’as fourgué de la viande bizarre, et je pose plainte pour voir si cette viande était bizarre, mais je n’ai jamais dis que cette viande bizarre avait pu causer des dommages. Dans les médias, c’était le déconnage à plein tube, genre « la farine m’a tué », ne cherchez pas à comprendre. 

    En 2000, quatre personnes, des responsables d'usine de fabrication d'aliments pour bétail, avaient été mises en examen pour homicide involontaire… Euh, ça ne risquait pas,… car l’infraction n’a jamais été dans le débat judiciaire : les mises en examen ont été prononcées pour tromperie ou falsification. La causalité n’est toujours pas évoquée…

    17 ans d’instruction pour rien

    Vache_folle_de_toi-215x300.jpgL’enquête est partie dans un tunnel, et le 19 novembre 2013, après 17 ans d’instruction, le parquet de Paris a requis un non-lieu général. On l'a appris hier,... des fois le Parquet est plus causant. Le motif – tenez-vous bien – est qu’il n'a pas été démontré que les produits vendus par ces usines contenaient des protéines animales, et que de plus, aucune volonté de contourner les législations n'a pu être caractérisée chez les personnes mises en examen. Donc par absence du fait principal pouvant être qualifié de faute, la causalité n’a même pas été examinée.

    Sur ce volet « homicides involontaires », j’adore les explications de mon excellent confrère Bernard Fau, avocat des parties civiles, qui admet aujourd’hui l’enfumage : « Nous savions dès l'origine que ce serait très difficile car il fallait démontrer un lien de causalité certain entre la consommation de certaines viandes et les décès ». Donc, c’était du n’importe quoi, merci, et désolé pour les gogos qui y ont cru ! Et il ajoute : « Si les juges prononçaient un non-lieu, ce serait une déception pour les familles mais ce serait aussi se priver d'informations utiles sur des dérives dans les marchés de denrées alimentaires ». Observation parfaitement idiote : l’instruction est finie, alors tu as toutes les informations dans le dossier. En route vers de nouvelles grossesses d’éléphante ?

    A propos d’éléphante, j’ai eu plaisir à retrouver la madone des procédures en droit de la santé, la débarquée Marie-Odile Bertella-Geffroy, qui a longtemps instruit calamiteusement ce dossier calamiteux, qui n’a donc pas même prouvé la faute dans l’utilisation des protéines animales, et qui encore pérore : « Ces affaires-là n'ont pas de frontières. Ce qu'il faudrait, c'est un procureur européen indépendant ». Ah oui, encore dix ans à travailler pour rien, ça serait cool.

    *   *   *

    A la fac, on enseigne aux étudiants que le droit de la santé doit toujours garder un volet pénal, parce qu’est en cause la vie humaine, et on a raison. Mais, quand on voit, dans la vraie vie, le massacre que sont ces procédure pénales – l’instrumentalisation des émotions – franchement, il y a de quoi se poser des questions comme le fait ma copine Dorothy. 

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