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scandale

  • Le lait de la honte

    photo_1253281577499-1-0_w350.jpgDes millions de litres de lait déversés dans la nature…. Ce gâchis est une honte, et le silence approbateur qui l’entoure tout autant.

    J’ai essayé de faire de compte pour la journée de vendredi : deux et trois millions de litres de lait, à proximité de la baie du Mont Saint-Michel (Manche), avec environ 300 tracteurs ; près d'un million de litres de lait dans un champ à Desvres, près de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), avec 70 tracteurs ; 200000 litres à Galgan (Aveyron) avec une quinzaine de tracteurs ; 120 000 litres par des éleveurs laitiers des Hautes-Pyrénées et du Gers à Villecomtal-sur-Arros.

    « Nous sommes obligés de faire des choses anormales parce qu'on nous fait subir des choses qui ne sont pas recevables », déclare Pascal Massol, le président de l'Association des producteurs laitiers indépendants (APLI). Son collègue de l’Aveyron, Bernard Blanc, porte-parole de la même association dans l'Aveyron, explique benoîtement : « Prendre cette décision, ça m'a tordu les tripes par rapport aux consommateurs et pour les personnes qui meurent de faim, car notre démarche, c'est de donner du lait. »photo_1253291498119-3-0.jpg

    Ce mois de mai, la grande copine de l’UMP, la FNSEA, et Michel Barnier, alors ministre de l’agriculture et leader UMP pour les européennes, avaient signé un accord à quelques jours des élections, à 280 euros les 1000 litres de lait, accompagné d'un plan de 30 millions d’euros pour la filière, ce pour détourner la règle européenne qui interdit les aides directes décidées au niveau national. Les producteurs réclamaient 290 euros et les industriels 267 euros. Une affaire qui ressemble bien à ce secteur : opacité totale sur les prix, pour la production, l’industrialisation et la vente, alignement entre les petites structures familiales et les grandes exploitations gérées comme des firmes, mainmise de la FNSEA dans le cadre de son entente cordiale avec l’UMP. L’accord était bidon : il avait juste pour but d’assurer le calme permettant le triomphe électoral du grand méchant mou, Michel Barnier.

    D’accord, on a compris que la situation est mauvaise, que les règles européennes doivent à nouveau être revues. Oui, mais ce n’est pas une raison pour se vautrer.

    Les agriculteurs usurpent le mot de grève, qui est la cessation collective et concertée du travail en vue d'appuyer des revendications professionnelles auprès d'un employeur. Ici, il s’agit seulement de médiatisation, sur fond de surenchère syndicale.

    Et puis il y a ces millions de litres de lait.... Tout moyen est peu être bon pour se faire entendre, mais certainement pas pour se faire comprendre. Un tel gâchis, alors que les besoins alimentaires fondamentaux sont immenses, est proprement scandaleux.   

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