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slovaquie

  • Une beuverie pas banale devant la CEDH

    Soudain, je trouve notre personnel politique superclasse et notre justice au firmament, à la lecture d’un arrêt de la CEDH concernant la Slovaquie. Une scène de chasse à pisser de rire.

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    L’histoire se passe à Bratislava, dans la soirée du 14 juin 1999. Un journaliste reçoit un appel téléphonique l’invitant dans un restaurant où l’attend un joli spectacle. Et là il trouve, ronds comme des queues de pelle, un parlementaire, responsable d’un parti politique et maire d’une ville, et le directeur adjoint de la police slovaque, les deux totaly out of order. Le journaliste admire cette scène de vautrage et rentre au journal pour préparer un papier sur les ravages de l’alcool.

    Le lendemain, il revient dans le resto pour prendre des photos, et échange avec le personnel et des clients. Là, il apprend que, plus tard dans la soirée, les deux bipèdes qui n’en pouvaient plus se sont levés pour un décompressage urgent de la vessie. Mais avec un peu de retard à la manœuvre, dans le brouillard de Bratislava, le geyser s’est déclenché sans atteindre un réceptacle d’aisance, et tout est parti en live : un tiers sur le trottoir, un tiers sur la terrasse du resto et un tiers sur le froc de nos deux valeureux citoyens. Sans doute une contribution écolo à la protection des zones humides…

    Le journal publie le récit de ce grand moment, et vu les personnalités qui se sont fait poisser entrain de pisser, l’histoire fait tout un chambranle.

    Mais les étancheurs réunis n’apprécient pas le récit de ces saillies, et assignent le journal pour demander un rectificatif, des excuses et 23 000 euros de dommages-intérêts, histoire de payer une tournée pour oublier cette vilaine affaire.

     

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    Là, c’est bingo : les tribunaux slovaques condamnent le journal au motif que ces faits ne relèvent pas de la vie publique et que le journaliste n'avait pas vu lui-même cette malheureuse pissette. Le respect de la vie privée l'a emporté, et le tribunal a refusé de passer l’éponge. Le jugement a été confirmé par la cour d’appel et par la Cour constitutionnelle. Une mixtion constitutionnelle, j’avoue que ce n’est pas banal…

    C’est comme cela que la CEDH a été saisie de cette affaire qui n’a qui queue ni tête. Enfin, si… qui a queue justement.

    Et là, le jeu s’inverse : les juges de Strasbourg ont demandé aux pisseurs invertébrés de rembarquer leur matériel.

    D’abord, le juge slovaque aurait du retenir que l’enquête était suffisamment sérieuse. Le journaliste s’était rendu sur place, avait vu l’état liquide des deux lascars et le lendemain il avait entendu plusieurs témoins. Il pouvait donc parler du pipi foireux sans l’avoir constaté lui-même.

    Ensuite, cette affaire concernait certes des parties intimes, voire molles, de deux nobles citoyens, mais il y avait manifestement un intérêt à publier des infos sur le comportement de deux hauts responsables de la vie publique.

    Il reste juste au parlementaire et au superflic à aller boire un coup pour se remonter le moral. Les endroits sympathiques ne manquent pas à Bratislava.

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