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société générale

  • Lagarde satellisée

    satellite.jpgEn écoutant la radio du taxi qui me ramenait de l’aéroport, j’ai cru un instant que nous avions retrouvée une Ministre de l’Economie et des Finances. Une ministre une vraie, alliant compétence, vision  politique et sens de la décision : « Il serait grand temps que Société générale rime un peu plus avec intérêt général. » La formule sent à plein nez le slogan de l’agence de com’ ressorti du frigo pour l’occasion, mais l’essentiel était dit.

     

    Il faut dire que la bande joyeux lurons qui dirige cette chose qu’on appelle communément « La Société générale », fleuron de la finance française, n’y était pas allé molo.

     

    Résumons avec quelques chiffres. Le fleuron s’est fait enfumer via Jérôme Kerviel de 4,9 milliards d’euros et vient de mendier 743212949520.jpg1,7 milliard de l’Etat pour renforcer ses fonds « propres », si je puis m’exprimer ainsi. Deux mois plus tard, le même fleuron organise une distribution des prix pour ses géniaux dirigeants : 70.000 stock-options à son illustre et drôlatique président Daniel Bouton et 150.000 pour directeur général, Frédéric Cabannes. Et la banque qui a pour slogan « On est là pour vous aider » annonce son élan de générosité, aussi soudain que ciblé, alors que 3 millions de manifestants sont dans les rues pour protester contre l’augmentation du chômage et la baisse du pouvoir d’achat. Tout de même assez consternant…

     

    enfants.gifJ’approuvais donc la sortie de Lagarde,… mais parce que je n’avais encore lu les épisodes précédents. Car notre ministre, grande adepte de la plongée sous-marine, avait tenté deux jours plutôt une magnifique plongée en apnée dans le n’importe quoi. Et oui, sa première réaction était d’un autre tonneau, et il a fallu une grosse piqûre de rappel de Sarko pour que Lagarde quitte la plongée pour remettre les pieds sur terre.

     

    Car vendredi, la seule chose que demandait Christine Lagarde aux dirigeants, c’était de ne pas exercer leurs stock-options tant que l'État soutenait la banque. Traduit en français : « Mes petits Daniel, Frédéric, Didier et Séverin chéris, gardez vos titres au chaud. Si vous vendez maintenant, ça va se voir, et c’est pas bien, car les méchants syndicalistes diront que vous vous faites du fric de grâce à l’argent public versé par l’Etat. De plus, dès que l’Etat se retirera, les acheteurs vont affluer, et le titre va faire un bond en avant. Patientez mes amis, et après vous allez pouvoir vous gaver. Grand avantage : personne ne dira du mal de moi, car l’Etat sera alors sorti du circuit. Je pourrais même vous préparer un communiqué saluant votre excellente gestion qui permet à l’Etat de se retirer. »

     

    Et, oui, quand elle ne plonge pas, notre Christine, elle patauge. 20080502-p-Bretelles.jpg 

     

    Et tac ! Deux jours plus tard, changement de ton : « Rendez ces stock-options, et tout de suite, bande de petits gougnafiers ». Et nos cravatés en chef s’exécutent aussitôt.

     

    Pour comprendre le revirement, il faut passer par la casse Elysée, avec une bonne remontée de bretelles : « Visiblement, certains ont du mal à comprendre. Quand il y a un plan social, des aides publiques, les bonus, plans, stock-options, rémunérations annexes ne sont pas admissibles. Si vous pensez que je vise un établissement bancaire dans l'actualité, c'est exactement cela. On ne peut pas solliciter l'argent public pour passer un moment décrit unanimement comme difficile et faire un plan généreux de distribution d'actions ou de bonus. Je suis sûr que les responsables vont comprendre ce que je dis et pour être sûr que le message soit bien reçu, je vais le préciser : quand on est mandataire social, ce serait un scandale. »

     

    Dans le quart d’heure qui suit, Lagarde se fâche. Elle ne dit plus aux dirigeants de garder leur actions au frais, mais de les rendre et illico.

     

    La seule chose qui nous manque, c’est l’appel téléphonique de Sarko à Lagarde lui expliquant gentiment qu’elle s’était trompée, et qu’il ne fallait faire comme ça. Si quelqu’un a le script, je suis preneur, ça doit être assez croquignolesque. Et quant à toi, Christine, tu peux nous adresser un post pour nous raconter. Ici, c’est gratuit.  

     

     

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  • Jérôme Kerviel est innocent

    Jérôme Kerviel est innocent, protégé par l’article 9 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789. Innocent, dans un monde de grands innocents.

    Tout homme est présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable. Le principe, universel, est rappelé par l’article préliminaire du code de procédure pénale, en son III, et par l’article 9-1 du Code civil français. A l’occasion des déclarations intempestives d’un recteur agité, le leader du FN, Bruno Gollnisch, avait obtenu une ordonnance de référé du Conseil d’Etat reconnaissant à la présomption d’innocence la valeur de liberté fondamentale (ordonnance du 14 mars 2005, n° 278435) : 

    « La présomption d'innocence, qui concourt à la liberté de la défense et à la protection des droits de la personne, constitue une liberté fondamentale. Elle implique qu'en matière répressive la culpabilité d'une personne faisant l'objet de poursuites ne puisse être présentée publiquement comme acquise avant que ne soit intervenue une condamnation devenue irrévocable. Le respect de cette exigence s'impose, non seulement devant les instances chargées de l'instruction puis du jugement de l'affaire, mais également vis-à-vis d'autres autorités publiques. »

    Loin de se plaindre de cette règle, les dirigeants de la Société Générale devrait d’en emparer, car elle leur éviterait de dire bien des âneries. A commencer par le grand génie de la finance, Daniel Bouton, le PDG de la banque, qui sur France-Info dit à propos de Jérôme Kerviel « cet escroc, ce fraudeur, ce terroriste, je ne sais pas. »

    Parce que aussi, question grands innocents, ces dirigeants se posent là.

    S’agissant de la responsabilité de la banque et des autorités de régulations, deux questions me paraissent centrales.

    La première est l’ampleur de l’affaire, et elle concerne moins le montant des pertes, 4,7 milliards annoncés, que celui des opérations : près de 50 milliards d’euros engagés par un jeune diplômé de 31 ans, seul devant son ordi. Et il agissait en cachant des vrais comptes par des faux comptes, nous dit-on. De quoi mettre en échec tous les contrôles... Il serait bien que les dirigeants de la banque, piégés dans leur course spéculative,  ne nous prennent pas pour des crétins parfaits.

    La seconde est relative à l’irresponsabilité de la banque vis-à-vis des autorités. Comme si les celles-ci n’existent pas, ou sont devenues secondaires.

     «Nous avons prévenu dimanche nos autorités de tutelle, à savoir l’Autorité des marchés financiers et la Banque de France», affirme tranquillement la banque. Le gouvernement, la Justice  ? Connait pas ! L’Etat ne sera avisé que mercredi, quatre jours après la découverte des faits. Et alors que la Société générale dispose de bureaux à New York, la Réserve Fédérale n’a été prévenue, ni par la Société Générale , ni par la Banque de France.

    Et en retour, des réponses consternantes des dirigeants politiques. La machine à endormir tourne à plein. Pour  François Fillon  «Le gouvernement aurait pu être prévenu plus tôt».Pour le ministre du Budget Eric Woerth « Il y a une commission de contrôle qui, probablement doit être améliorée ». Améliorons, mon cher ! Quant à l’excellente Ségolène, après avoir dénoncé des « patrons grassement payés », elle a demandé  que les 7 milliards d'euros « soient remboursés aux familles qui sont plongées dans l'endettement ». Sacrée Ségo… Belle innocence ?

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