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  • Reprendre la main sur le CIO.

    Reprendre la main sur le CIO. C’était une nécessité, et ça devient une urgence, après les déclarations d’Henry Sérandour, président du Comité national olympique français, s’opposant au port du badge « Pour un monde meilleur », de celles de Bernard Laporte disant en substance « C’est bien dommage, mais que voulez vous ! », et des athlètes lâchant qu’il suivraient la consigne du Comité olympique pour ne pas être exclus des Jeux.

     

    Bref, le sport serait confié, en France comme au niveau international, à des associations de gentils messieurs et mesdames, qui décideraient ce qu’ils voudraient, feraient ce qu’ils voudraient et trancheraient leurs différents devant des juridictions internes qu’il contrôleraient.  

     

    Regardons cela.

     

    Au niveau international, le Comité international Olympique (CIO) est une organisation non gouvernementale, à but non lucratif, mais qui brasse un fric fou. Il détient les droits concernant le symbole, le drapeau, la devise, l'hymne et les Jeux Olympiques, et il a en charge l’organisation des Jeux olympiques d’été et d’hiver.

     

    Au niveau national, c’est le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) qui regroupe et représente les associations sportives, les fédérations sportives et leurs licenciés.  

    Ces belles associations font leur petite dictature, et tout le monde file droit. Donc, Sérandour dit « Pas de badge », Laporte répercute « Dommage », et les sportifs s’alignent, espérant que Sérandour change d’avis, sait-on jamais.

    C’est là que je ne suis pas d’accord.

     

    Première étape, avec le CNOSF. Cette association ne vient pas du pur esprit. L’association nationale (CNOSF) qui représente la France au CIO est réglementée par la loi. Elle « représente » tous les sportifs. Mais ce n’est pas elle qui le dit, c’est la loi ! Et en l’occurrence l’article L141-1 du Code du sport, lequel précise que les statuts du CNOSF sont approuvés par décret en Conseil d'Etat.

    Donc, ce CNOSF ne fait pas ce qu’il veut. Et ce d’autant moins que le CNOSF doit respecter la loi, et son action s’inscrit dans le cadre de l’article L. 100-1 du Code du sport :

    « Les activités physiques et sportives constituent un élément important de l'éducation, de la culture, de l'intégration et de la vie sociale.

    « Elles contribuent notamment à la lutte contre l'échec scolaire et à la réduction des inégalités sociales et culturelles, ainsi qu'à la santé.

    « La promotion et le développement des activités physiques et sportives pour tous, notamment pour les personnes handicapées, sont d'intérêt général. »

    Résumons cette première étape : le sport est considéré « d’intérêt général », et la loi institue le CNOSF pour remplir cette tâche.

    C’est dire que le gouvernement, s’il veut bien s’en occuper, a une vraie autorité à exercer sur le CNOSF. Et que si les pitreries du président Sérandour fâchent, on peut lui faire comprendre qu’il n’existe que tant que les structures sportives ne sont pas changées. Et ce serait très bien de changer car les fédérations, protégées par le Comité, exercent une autorité très excessive sur les sportifs. Je veux faire du sport en France : je dépends à peine de l’Etat, et beaucoup du CNOSF et des fédérations.

    Donc, avant de boycotter les JO, on peut dire au CNOSF que ça ne peut pas durer comme ça, et qu’il serait facile de réécrire l’article L141-1 du Code du sport, pour que le sport soit confié à l’Etat en direct, ou à un organisme sérieux.

     

     

    Deuxième étape, avec le CIO, qui regroupe les Comités nationaux. Le CIO est plus autonome, car il ne relève d’aucune autorité, à part lui-même. Ubu CIO fait ses lois et rend ses jugements.

    Allez, on regarde la question droits de l’homme ? Que dit la charte olympique, qui est à la fois la loi suprême et le règlement intérieur du CIO.

    Commençons par l’article 1. « L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels. »

     Tiens, les principes éthiques fondamentaux universels.

    On poursuit avec l’article 2. « Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine. »

    Tiens, la dignité humaine.  

    Continuons, avec l’article 4. « La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play. L’organisation, l’administration et la gestion du sport doivent être contrôlées par des organisations sportives indépendantes. »

    Un droit de l’homme.

    Et l’article 5 qui interdit toute forme de discrimination. « Toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres est incompatible avec l’appartenance au Mouvement olympique. »

     

    Des principes vieux comme l’olympisme, et qui ne manquent pas d’allure Pour contrecarrer l’initiative des sportifs, Henry Sérandour s’accroche à une lecture rigide de l’alinéa 3 de l’article 51 de la Charte Olympique : « Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ».

     

    Bon, sauf que propagande et défense des droits de l’homme, ce n’est pas la même chose. Et que les droits fondamentaux sont expressément visés par le protocole. Mais il s’agit aussi de droit international. Alors il serait bien d’exiger du CNOSF que le CIO respecte le contenu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté à New-York le 16 décembre 1966 par l'Assemblée générale des Nations unies.

     

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