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sri lanka

  • Un an de prison pour avoir frappé un éléphant

    Le massacre du plus brave des animaux, l’éléphant, reste un scandale quand on sait que seul objet est le trafic de l’ivoire et que ça perdure en quasi impunité. L’Afrique reste le continent des éléphants, mais il ne faudrait pas oublier les cousins d’Asie, moins nombreux. Mais là-bas aussi le constat est la raréfaction de la population des éléphants sous les effets des évolutions de l’environnement… et de l’action des braconniers.

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    Au Sri Lanka, l’éléphant est un animal sacré, et il a survécu à la guerre civile. Mais rien n’est gagné. On comptait 12 000 de ces petites bêtes vivant à l’état sauvage au début du siècle, et les chiffres s’étaient ensuite écroulés, pour arriver à 3000. Mais une étude de septembre 2001, deux ans après la fin des trois décennies de guerre civile, a montré des chiffres à la hausse : 5.879 éléphants et 1.107 éléphanteaux dans la nature.

    A cela, il faut ajouter 2 000 éléphants vivant dans les orphelinats, dont celui très couru de Pinnawala, près de la capitale Colombo, créé en 1975.

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    C’est dans cet orphelinat qu’en novembre 2010, un mâle de 23 ans, Neelagiri (Roche Noire) avait été retrouvé portant 96 coups, infligés par le grand bâton pointu qui sert maitriser les animaux, et qui bien utilisé ne les blesse pas. Là, les coups avaient été graves et l’éléphant était décédé deux mois plus tard.

    En application de la loi n° 44 de 1964 sur la faune et la flore, une enquête de police avait été ouverte, et ont été ensuite renvoyés devant le tribunal trois cornacs et un des responsables du refuge.

    Les salariés, défendus par mon confrère Titus Mahatunga, soulignant leurs états de service et leur savoir-faire, avaient plaidé que ce jour-là, ils ne parvenaient plus à contrôler l’animal et qu’ils n’avaient fait que le strict nécessaire.

    Le directeur de la réserve, Nihal Senaratne, avait contesté cette version, soulignant « nous ne comprenons toujours pas les raisons de coups aussi cruels ».

    Lundi, le juge sri lankais Menaka Wijesundera a condamné chacun des salariés à un an de prison et une amende de 100.000 roupies (600 euros) chacun.

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    Bien sûr, mes pensées vont aussitôt vers nos amis du PS qui, après le soap opéra « Swing à La Rochelle », cherchent un nouvel endroit pour leurs passionnantes journées de septembre. Aussi, je leur suggère, en toute amitié, d’aller se poser à Colombo, dans ce Sri Lanka qui veille si bien sur les éléphants. Ils pourraient d’ailleurs léguer quelques spécimens à l’orphelinat de Pinnawala, et la France ne s’en porterait que mieux.

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  • Sri Lanka : Il faut une enquête

    swisstxt20090518_10713996_2.jpgLes événements du Sri Lanka, avec la victoire de l’armée sur les Tigres tamouls marquent la fin de 37 ans de conflit. Au total, entre 80.000 et 100.000 morts, dont l’immense majorité parmi les civils tamouls. Considérable dans ce pays de 20 millions d'habitants, avec une minorité tamoule d'environ 15%.

    L’offensive de l’armée avait  été lancée en janvier pour reprendre le contrôle du nord et de nord-est de l'île. L'organisation séparatiste des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), qui continue d’appeler à la libération du peuple tamoul, a appelé la semaine dernière à déposer les armes. Les Tigres ont officiellement reconnu la mort de leur chef Velupillai Prabhakaran. De son côté, le président Mahinda Rajapakse a affirmé avoir éradiqué la résistance des séparatistes, et salué cette victoire militaire. tamoul.jpg

    Une page se tourne, mais les questions se bousculent.

    L’urgence, c’est le sort des populations civiles tamoules, déjà très vulnérables. Simple : c’est une horreur, et tout le monde le sait. Toutes les informations concordent. D’après l’ONU, plus de 300.000 personnes ont fui les zones de combat et vivent dans des camps de réfugiés. Fruit de cette violence, le plus grand camp de déplacés du monde se trouve au Sri Lanka,  dans le nord, près de Vavuniya. Le secrétaire général de l'ONU a pu faire une visite sur place samedi, avant de réclamer « un accès immédiat et sans entraves » des Nations unies à ces camps. Ban Ki-moon a promis « d'exhorter le gouvernement à accélérer le triage et l'enregistrement des réfugiés pour que les familles soient réunies et puissent commencer à reconstruire leur vie. » Retrouver son identité, et pouvoir se réunir avec ses proches, ce serait un minimum.

    Le président Mahinda Rajapksat affirme vouloir « protéger » la minorité tamoule et réinstaller chez eux les déplacés en moins de six mois. Et bien, c’est pile l’inverse, si j’en juge par la déclaration commune faite par les ONG présentes sur place qui dénoncent la décision des autorités restreignant l'accès aux camps des véhicules d'organisations humanitaires, mettant « des milliers de vies en danger ». Organiser le secours à 300 000 personnes et sans voiture… Je ne doute pas que le tamouls_2_1.jpggouvernement doit avoir un argumentaire génial pour justifier ces mesures aussi indignes et criminelles.

    Car viendra ensuite la question des faits. Une armée qui a recours à des bombardements aériens sur des zones de grande densité de population, assume le choix d’une disproportion dans les atteintes causées aux populations civiles et pose la question de sa responsabilité pénale devant l’opinion internationale. L’ONU a estimé à 8 500 le nombre de civils tués en quatre mois : un massacre d’innocents. Larguer des bombes sur son peuple, c’est un acte criminel. Utiliser le bouclier humain, c’est un acte criminel, oui, mais je le précise de suite, qui ne justifie pas le recours à des actes criminels par l’usage indifférencié des armes lourdes sur les civils. Une armée digne de ce nom affronte les soldats et doit protéger les populations civiles. Les bombes contre l'autodétermination des peuples, histoire connue.12042009(016).jpg

    Il faut donc une enquête. Le Conseil des droits de l'homme de Genève doit se prononcer aujourd’hui. Le Sri Lanka dénonce cette « ingérence » dans ses affaires intérieures, mais le gouvernement qui ne coopère pas avec l’ONU, gêne le travail des ONG et refuse l’entrée des journalistes est peu crédible quand il affirme qu’il se chargera lui-même de faire la lumière sur… sur les ordres qu’il a donnés. Aux dernières nouvelles, le Sri Lanka aurait reçu le soutien de douze pays : la Chine, l'Inde, le Pakistan, Bahreïn, la Bolivie, Cuba, l'Egypte, l'Indonésie, la Malaisie, le Nicaragua, les Philippines et l'Arabie saoudite. A suivre.

    Difficile quand on passe par Paris de ne pas avoir vu ces derniers temps les manifestations du Comité de coordination tamoul de France (CCTF), dénonçant le massacre. « Hier, les manifestants étaient en deuil, comme l’a expliqué leur porte parole, Thiruchchoti Thiru : « C'est une journée de deuil car l'Etat sri-lankais cinghalais célèbre la victoire alors que l'armée a tué des milliers de personnes ».

    La fin justifie les moyens. Ni plus, ni moins : juste ce qui est nécessaire comme moyens pour parvenir au but, et ce but doit être légitime. Il faut une  enquête, et une fois que les faits seront établis, il sera temps de voir les suites à donner. Si le pouvoir se décide à traiter les causes de ce conflit de 37 ans, par le respect des droits de la minorité tamoule, un processus du type « vérité et réconciliation » pourra être mis en place. A défaut, il faudra juger, aussi complexe que cela soit. Le Sri Lanka, c’est loin. Mais un pouvoir qui bombarde sa population civile, c’est à la conscience de chacun que ça parle.

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