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  • « Sarkozy, je te vois! »… Au tribunal !

    0826596015521.jpgLe professeur de philosophie va-t-il se faire couper la langue ? Réponse ce 19 mai devant le juge de proximité de Marseille, appelé à juger une bien importante affaire.

    Si vous aimez le calme et la sérénité, vous hésiterez à aller chercher ces vertus essentielles dans le hall de la gare Saint-Charles, un soir de semaine, vers 18 heures. Et bien, vous avez tort. Notre valeureuse et innovante police, toute soucieuse de défendre les bienfaits de l’écologie urbaine, protége ces valeurs de convivialité jusqu’au cœur de la gare Saint-Charles. Je ne saurais trop louer ce noble effort.

    Ce qui m’amène, hélas, à stigmatiser l’inadmissible comportement de ce professeur de philosophie – à qui confie-t-on nos enfants, ma brave dame ? – qui vient de se voir offrir une dégustation non gratuite des capacités pédagogiques de la juridiction pénale pour un grave comportement délinquant, le tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d’autrui, prévu par l’article R. 623-2 alinéa 1 du Code pénal : « Les bruits ou tapages injurieux ou nocturnes troublant la tranquillité d'autrui sont punis de l'amende prévue pour les contraventions de la 3e classe. » Prévoir le chéquier pour une amende qui peut aller jusqu’à 450 euros. Vous connaissiez le tapage nocturne. Cette judicieuse plainte permet de rappeler que le tapage diurne est punissable, s’il est « injurieux. » tapage.png

    Et le Code, comme toujours, a tout prévu, avec l’alinéa 2 du susdit article : « Les personnes coupables des contraventions prévues au présent article encourent également la peine complémentaire de confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction. » Ce sera donc au tribunal, dans son immense sagesse – et sagesse n’est pas folie  de se prononcer sur le sort de la langue bien pendue de ce professeur.

    Car, mes chères amies et mes chers amis, le dossier est accablant.

    Le 27 février 2008, nos sympathiques gardiens de la paix cherchaient à améliorer les statistiques de MAM ou de Brice en procédant à la gare Saint-Charles à des contrôles d’identité, dans un contexte que l’AFP qualifie « d’un peu viril ». Le professeur de philosophie marseillais qui passait par là, au lieu de réciter un peu de Socrate – par exemple « il vaut mieux subir l’injustice que la commettre » - ne trouve rien de mieux que de s’esclaffer : « Sarkozy, je te vois! », et ce avec récidive.

    Les policiers, qui ont l’oreille et l’œil à tout, s’emparèrent du professeur et l’embarquèrent au poste pour dresser procès-verbal sur le fondement de l’article R. 1334-31 du Code de la Santé publique : « Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme, dans un lieu public ou privé, qu'une personne en soit elle-même à l'origine ou que ce soit par l'intermédiaire d'une personne, d'une chose dont elle a la garde ou d'un animal placé sous sa responsabilité. »

     

    troisieme_millenaire_rigolo.jpgNos braves agents depuis ont du rectifier le tir, car les « Sarkozy, je te vois! » n’avaient porté atteinte ni à la tranquillité du voisinage, ni à la santé de l'homme. Pile l’inverse : une bonne rigolade fait plutôt du bien. D’où le choix de la qualification de tapage diurne, à charge de prouver que la vanne du professeur a atteint, dans le contexte d’un hall de gare, l’intensité d’un tapage, et que l’expression « Sarkozy, je te vois! » dépasse la facétie pour attendre le seuil de l’injure.

     

    Si par impossible le juge devait rejeter l’accusation, je ne doute pas un instant que les poursuites s’orienteront vers ce qui a été le cœur de l’affaire, à savoir le bidonnage généralisé des passants. Pour des faits de cette extrême gravité, des infractions telles que l’outrage à la police nationale, l’assistance à étrangers en situation irrégulière, et la participation délictueuse à un attroupement seraient adaptées. Non, pas de doute, à Marseille, la police prouve qu’elle s’occupe de l’essentiel. 

     

     

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    La mort de Socrate, Jacques-Louis David, 1787
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