Avertir le modérateur

tintin

  • L’antiracisme au pays de Tintin

    logo_pacotille_700.gifCette histoire de « Tintin au Congo » commence à me chauffer les neurones. Et voilà notre très représentatif CRAN qui s’en mêle… La lutte des peuples en pacotille !

    Mes petites chéries et mes chères amis, je vais vous dire une vérité totalement ignorée : jusque dans années 1960, le droit international reposait sur la colonisation des peuples par les empires. Incroyable mais vrai : le conflit de civilisation était gravé dans la loi. Par la lutte des esprits libres, nous en sommes sortis. Remerciements éternels aux patriotes algériens, vietnamiens, indonésiens, malaisiens, marocains, tunisiens, congolais, rhodésiens, égyptiens, indiens, pakistanais, cambodgiens, et tous ceux qui ont imposé le principe qui désormais fonde notre droit international, l’autodétermination des peuples, devenu règle de jus cogens : une règle qui ne peut connaître de dérogation.

    Vous ne le saviez pas ? Merci à la glorieuse équipée du CRAN devant le juge de Bruxelles pour poser enfin les bases de l’histoire, grâce à ce procès fait à l’éditeur de « Tintin au Congo ».  1003-pacotille.jpg

    Et comme nous sommes entre z’amis, je vais vous livrer un secret : les dirigeants politiques de ces empires n’étaient pas toujours très gentils avec les populations colonisées. Incroyable. Pire : ils utilisaient parfois les ardeurs des colons pour exécuter leurs basses manœuvres, comme pour notre andouille de Tintin. Accrochez-vous. Les empires ont eu recours, sous prétexte d’inculquer les bonnes façons, à la domination économique, à l’acculturation et au crime… Bon, je ne raisonne pas avec une seule colonne, et quand je me promène dans les rues de Saint-Louis au Sénégal, je retrouve des stigmates bien français. D’ailleurs, trône le majestueux monuments aux morts de la guerre de 1914-1918. Je file à Verdun, sur le Chemin des Dames, et je retrouve les mêmes compatriotes sénégalais. Je repars à Dakar discuter un coup au marché Sandaga avec les vieux combattants de 39-45, qui m’expliquent que leur pension militaire n’est toujours pas versée au même montant que leurs compagnons d’armes français. Je m’arrête au retour à Alger, où tout le monde hallucine de voir le service de communication du ministère de la Défense se fendre d’un communiqué officiel pour dézinguer le scénario d’un film, œuvre de fiction comme son nom l’indique. L’histoire est brûlante, et sa lecture doit savoir poser la question des rapports de domination.

    C’était la colonisation : la soumission des peuples par des impérialismes, et le bilan est lourd. Les britanniques ont tourné la page avec pragmatisme, non sans arrière-pensées. Pour d’autres puissances coloniales, comme la France ou la Belgique, ça a gravement coincé. Aujourd’hui, c’est plus feutré. Le principe est de prêter de l’argent pour le développement, à un niveau dont il est certain que les Etats ne pourront rembourser, pour les tenir ensuite par les cordons de la bourse. Ou des bourses pour être précis.

    Ca s’appelle la violence de l’histoire, et l’histoire, à tout moment, peut devenir tragique.

    C’est dans ce décor que débarque notre crétin à la houppette, Tintin, qui sous la plume de l’insipide Hergé va apprendre à compter sous l'Equateur. Un drame.

    Pacotille-Visuel-BD.jpgSeptante années après, brusque remontée au cerveau de l’antiracisme officiel et bien propre sur lui. Et oui, Grand Dieu, il y avait atteinte aux droits de l’homme dans les propos de Tintin et les aboiements de Milou ! Ces vaillants démocrates, sensible à la portée du ridicule, n’entendent pas demander l’interdiction d’un livre vendu depuis bientôt un siècle. Non, mais ils soutiennent qu’il est désormais indispensable à la survie de l’humanité que toute nouvelle édition du livre soit « assortie d'un bandeau et d'une préface éclairant le lecteur sur la nature d'une œuvre qui affirme une supériorité raciale, celle des Blancs sur les Noirs, et ne devrait donc pas être diffusée sans avertissement, surtout pour les enfants ». Si jamais le lecteur ne s’en apercevait pas lui-même !

    Ras-le-bol. Merci de nous fiche la paix avec votre moralisme de guimauve et votre scandaleuse appropriation des causes, pour pas un rond. Que représente le CRAN ? Combien de cotisants ? Quelles attaches dans la population ? Quelle considération pour la diversité des blacks ? Quel soutien populaire ? Cette auto-proclamation de la représentation est insupportable dans une démocratie. Des marchands du temple, rien de plus.

    Cette procédure, que le juge rejettera, est une perle de ce droit-de-l’hommisme bien pensant et finissant, qui a fait tant de mal. De la bibine médiatique incapable de poser la question du rapport de forces socio-économique.

    Perdez vite procès, et retournez  à vos kermesses.  

    pacotille%20-%20nmi%20publik%20n1.jpg
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu