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trafic aérien

  • A 320 : Le drame du suicide

    Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, qui a lutté contre les indécentes manœuvres du BEA, a pu ouvrir l’information judiciaire dès qu’il a eu les éléments nécessaires, et deux juges d’instruction ont été désignés pour enquêter sous l’angle de l’infraction d’homicide involontaire, précisant qu’il réfléchissait « à une requalification de l'enquête ». Le procureur a également indiqué que l’attitude du pilote « pouvait être analysée comme une volonté de détruire cet avion ». Nous verrons... A ce stade, l’essentiel était de donner à cette affaire la meilleure qualité d’enquête possible, ce qui est un droit pour les victimes, et qui a été fait avec la désignation des juges d’instruction. Les juges sont saisis des faits et, le cas échéant, ils doivent requalifier au vu des développements de l’enquête, le procureur pouvant le faire aussi.

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    Comme l’information judiciaire est ouverte, tout change : les familles des victimes vont avoir accès au dossier, et vont pouvoir solliciter des actes d’instruction. La recherche de la vérité se fait dans le respect de la loi, et dans l’esprit du contradictoire. Chaque victime peut désormais faire état des travaux et des questions de ses experts, et saisir le juge pour creuser toutes les pistes.  

    A ce jour, rien n’accrédite une thèse terroriste, et l’hypothèse qui ressort des informations reste la psy, la plus commune des maladies, avec deux hypothèses.

    La première est celle de la bouffée délirante, qui peut effectivement être assez subite, mais qui cadre mal avec cette période de 8 minutes, méthodique et obstinée, et l’absence de tout signe annonciateur.

    La seconde est celle de l’accès mélancolique du passage à l’acte suicidaire. Le professeur Jean-Louis Terra, un expert, explique : « Si le scénario du suicide est retenu, cet acte relèverait de troubles psychopathologiques sévères. Mais même s'ils sont importants, ils ne sont pas toujours visibles. Leur détection est alors difficile mais il faut savoir écouter les signaux faibles. Parfois, des phrases qui paraissent anodines comme ‘ça va s'arranger’ ou ‘vous entendrez parler de moi’ peuvent en dire long. L'enquête devra d'ailleurs revenir sur les propos que ce copilote tenait sur lui-même, sur les autres et sur la compagnie comme autant d'indices sur son état psychologique ».

    Cela doit nous faire réfléchir : le plus grave acte criminel – 150 assassinats – commis sur notre sol est sans doute lié à ce drame de la santé publique qu’est le suicide. Pour la France, c’est entre 10 à 12.000 personnes qui meurent chaque année après un acte suicidaire, avec un nombre de tentatives de suicide supérieur à 200.000 par an.

    Ces derniers temps, j’avais été stupéfait de la légèreté avec laquelle était abordée la question du suicide assisté, en lien avec le débat sur la fin de vie, alors que les deux questions n’ont rien à voir. La loi comme si existait un droit au suicide ? Quelle horreur ! Non, restons lucides : le suicide est un drame, qui tue 10 000 personnes par an, et qui mine des vies. C’est un fléau à combattre, et pas à accompagner.

    Qu’est-ce que la vie d’un être humain sur terre? Réapprenons à tendre la main. 

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  • L’A 320 de la Germanwings : Les autorités n’ont rien à dire

    Chaque fois que je prends l’avion, j’ai toujours un peu de compassion pour les hôtesses et les stewards qui, l’air faussement convaincu, sketchent comme de pauvres malheureux les ridicules consignes de sécurité. Genre mon dernier vol entre Paris et Toulouse où on nous a expliqué sans rire comment manœuvrer les gilets de sauvetage si on doit sauter en mer…


    Le problème, comme le rappelle le crash de l’Airbus 320 de la Germanwings, venant après d’autres, c’est que 1) la sécurité aérienne, c’est du sérieux, et que 2) après le drame, il est impossible d’avoir la moindre info fiable, l'administration faisant tout, avec ces pseudo-experts et ses messes émotionnelles, pour bloquer l'action de la Justice. 

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    Je veux bien croire que balancer dans l’air, air qui est fait de courants multiples et violents, un objet métallique de plus de 40 tonnes fonçant à près de 1000 Km/h pose de sérieux défis technologiques, certes, mais nous avons quand même le droit d’avoir des infos sur notre sécurité.


    Nous avons le droit de savoir comment un avion d’une bonne compagnie, volant par temps calme pour un trajet de moins de deux heures entre Barcelone et Düsseldorf, peut aller s’exploser en fonçant droit sur une montagne…


    A 10h25, l'avion était cool à 12.000 mètres d’altitude, abordant la côte méditerranéenne au niveau de Toulon.  A 10h30, il y a eu un échange radio avec centre de navigation aérienne d'Aix-en-Provence, tranquille. La descente a été repérée à 10h31. Selon le procureur de Marseille, « les contrôleurs aériens ont cherché à joindre le pilote par radio et n'ont pas pu obtenir une réponse », et ils ont alors déclenché l'alerte à 10h35.  A 10h38, le site de surveillance aérienne Flightradar a repéré l'avion à 3.474 mètres, soit une descente régulière de 3.000 pieds par minute. L’avion est alors disparu des radars, et il s’est écrasé vers 10 h 40, à 1.900 mètres, sur le massif des Trois Evêchés.


    On a trouvé une boite noire, le Cockpit Voice Recorder, qui enregistre les conversations entre le commandant et le co-pilote, et déjà on nous dit qu’il faudra des mois pour décrypter ces conversations. Donc, pas de système fiable d’enregistrement… Pour ce qui est de la deuxième boîte noire, la Flight Data Recorder (FDR),qui contient les paramètres de vol et les informations techniques de l'avion, les gendarmes cherchent et cherchent... On pourrait peut-être imaginer qu’il y ait deux ou trois boites noires, mais non, une seule, c’est plus de suspens…  


    - Panne d’un moteur ? Non, l’avion aurait encore pu voler.

    - Panne simultanée de deux moteurs ? Non, l’avion aurait pu agir sur la trajectoire, et communiquer.

    - Erreur humaine ? Inexplicable. Pourquoi ne pas émettre de signal de détresse ?

    - Incendie ? Rien dans les débris ne permet de l’envisager.

    - Explosion en vol ? Incompatible avec cette descente régulière et la configuration des débris au sol.


    Rémi Jouty, l’instruit du BEA, pérore devant la presse : « Nous ne sommes pas en mesure d'avoir la moindre explication ou interprétation sur les raisons qui ont pu conduire cet avion à descendre, et les raisons pour lesquelles il a pu continuer à descendre malheureusement jusqu'au relief, ainsi que les raisons pour lesquelles il ne semble pas avoir répondu aux tentatives de contact du contrôle aérien qui l'interrogeait ».

    Ce BEA, c’est une cata. Et pour ce qui est des autorités publiques, c’est « on pleurniche comme des chefs, mais rien de plus ». Cette mainmise administrative sur une affaire qui ne relève que la Justice est insupportable. 

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