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  • Brétigny-sur-Orge : Les victimes ont-elles été pillées ?

    555_155_image_ma_debat_ponsan.jpgIl y a plus qu’un gros malaise avec la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge. C’est l’hypothèse qu'aurait eu lieu un caillassage des secours et un pillage des victimes, et que ces faits ont été masqués. Oui, rien de moins... Le Point relance les interrogations, et en publiant un document qui n’est pas rien : le rapport de synthèse de la Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (DCCRS).

    Cette affaire – caillassage et pillage des victimes – avait été évoquée dans un premier temps par la presse. Plusieurs témoignages décrivaient des bandes qui étaient sur place, et qui avaient ralenti l’arrivée des secours en les caillassant, pendant que d’autres en profitaient pour voler les effets des victimes. Les autorités judiciaires avaient minimisé : quelques jets de pierres et le vol du tel portable d’un des médecins du SAMU. Le gouvernement avait aussi démenti. Oki. 

    Mais il faut reprendre l'affaire avec le document que publie Le Point, à savoir le  « rapport de synthèse des affaires marquantes du 10 au 16 juillet de la Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (DCCRS)». On n’est donc pas dans la police judiciaire, qui fait les enquêtes, mais dans le maintien de l’ordre.

    Ce rapport consacre une page à l'opération de sécurisation des lieux, après la catastrophe, opération qui avait mobilisé deux sections de la CRS 37-Strasbourg, venues de Meaux. Les CRS avaient été appelés car le service de sécurité de la SNCF, la SUGE, était débordée. On veut bien le croire.

    On lit : « À leur arrivée, les effectifs de la CRS 37 devaient repousser des individus, venus des quartiers voisins, qui gênaient la progression des véhicules de secours en leur jetant des projectiles. Certains de ces fauteurs de troubles avaient réussi à s'emparer d'effets personnels éparpillés sur le sol ou sur les victimes ». Le rapport est très précis, et montre que ce n’était pas rien : « Les fonctionnaires protégeaient ensuite les lieux de l'accident pour favoriser le travail des enquêteurs et des techniciens et sécuriser la visite des nombreuses autorités (président de la République, Premier ministre, ministre de l'Intérieur, ministre des Transports, ministre de la Santé...) ».gerome-verite-sortant-1164289357b.1288274461.jpg

    Il a fallu appeler en renfort un équipage motocycliste de la CRS autoroutière Sud-Ile-de-France pour assurer les escortes d’ambulances, puis deux autres sections de la compagnie 37, employées sur le département de la Seine-et-Marne ainsi des effectifs de la CRS 51-Orléans, postée sur le département de la Seine-Saint-Denis, pour élargir la zone d’intervention.

    C’est dire que ces éléments sont plus que sérieux.

    Si tout va bien, pourquoi faut-il deux sections de la CRS, et qui appellent des renforts importants ? Ca cadre mal avec les déclarations gouvernementales qui évoquent un camion de pompiers visé par les pierres, mais pas touché.

    Et alors même qu’il n’est pas enquêteur, le rédacteur du rapport est très affirmatif pour dire que des voleurs s’étaient emparés « d'effets personnels éparpillés sur le sol ou sur les victimes ». Alors ?

    Le parquet d'Évry a ouvert une enquête préliminaire pour vol en réunion avec violences, s’agissant du vol de portable d’un médecin, mais les personnes entendues ont été relâchées, sans charge.

    Quand on lit les communiqués de la Préfecture, on sent comme un premier recul, car il est dit qu’il n’y a pas eu de scènes d’émeute ou de pillage. Donc, ce n’était pas la fête du PSG au Trocadéro, nous sommes d’accord. Mais le rapport des CRS est trop précis pour qu’on en reste à ces deux versions, et avec toutes les personnes qui étaient présentes sur place, une enquête judiciaire sera efficace. 

    Nous devons savoir si oui ou non les victimes ont été dépouillées : ce serait d’une gravité exceptionnelle. De même, si les autorités savaient et ont dit qu’il ne s’était rien passé.  

    *   *   *

    Premier tableau : La Vérité sortant du puits, 1898, Edouard Debat-Ponsan

    Deuxième tableau : La Vérité sortant du puits, armée de son martinet pour châtier l'humanité,

    1896, Jean-Léon Gérôme

  • Colonna : Gravissime

    mensonges_salades_verite_Boite.jpgTruandage de l’enquête à une échelle inconnue. Je suis atterré par ce que j’ai lu. Et tout risque de dégringoler avec la plainte pour « entrave à la manifestation de la vérité » déposée aujourd'hui par les avocats d'Yvan Colonna.

    Didier Vinolas. Notez bien le nom de Didier Vinolas, qui était le secrétaire général de la préfecture lorsque Claude Erignac était en fonction. C’était en quelque sorte son bras droit. Depuis l’origine, la thèse de l'accusation est que le préfet Claude Erignac a été abattu le 6 février 1998 par un commando de six hommes. Cinq condamnés lors du premier procès, et Yvan Colonna pour être le sixième. A ces six hommes se serait ajouté Joseph Versini pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella en septembre 1997 au cours de laquelle l'arme ayant servi à tuer le préfet a été dérobée. Mais vendredi devant la cour d'assises de Paris, Didier Vinolas est venu expliquer qu’il détenait les noms de deux suspects qui seraient « peut-être » encore en liberté. « Il y a peut-être deux hommes dans la nature qui ont participé à l'assassinat du préfet. Ça m'est insupportable. »

    Un rigolo ce Vinolas, qui attend les derniers jours du procès en appel – vendredi soir – pour faire ces déclarations ? Et non, Didier Vinolas est tout sauf un rigolo. Ce haut fonctionnaire a expliqué devant la cour d’assises, sous la foi du serment, avoir transmis cette information au procureur de la République de Paris, Yves Bot, dès 2002, au président de la cour d'assises Didier Wacogne, ainsi qu'au procureur général Laurent Le Mesle par lettre fin décembre 2008.

    Et cette information n’a pas été versée au dossier. Rien. Rien, en attendant l’incroyable témoignage.corse.jpg

    « Le procureur général de Paris, Laurent Le Mesle, a effectivement reçu un courrier d'une personne disant avoir témoigné lors du premier procès d'Yvan Colonna. Cette personne indiquait que si elle était appelée à témoigner à nouveau, elle apporterait de nouvelles précisions. Il convient de rappeler que la procédure devant la cour d'assises est orale. Le seul devoir du parquet général était de convoquer Didier Vinolas pour qu'il puisse faire à la barre les déclarations qu'il souhaitait. C'est ce qui a été fait", indique le texte. »Un peu court, s’agissant d’un témoignage qui fait s’écrouler toute la thèse de l’accusation. 

    D’après un Didier Vinolas très sûr de lui, les deux personnes font partie de la sphère de Pietrosella, que M. Vinolas a dit qu’il détenait leurs noms d'un informateur fiable. C'est en partant de ce constat, sachant que les deux actions ont été revendiqués par le même groupe, que Didier Vinolas s'est dit "qu'il y a peut-être d'autres personnes ayant participé à l'assassinat" qui n'ont jamais été arrêtées.

    Corse-plage.jpgL’ancien procureur de la République de Paris Yves Bot aurait été en possession de ces informations  dès 2001-2002, a expliqué Me Patrick Maisonneuve. Me Antoine Sollacaro, autre défenseur du berger de Cargèse, souligne : « Ce qui est grave, c'est que des policiers, des magistrats ont mis sous le coude des éléments à décharge pour Yvan Colonna. Cela s'appelle une entrave à la manifestation de la vérité. Par conséquent, nous n'avons pas d'autres choix que de déposer plainte contre X, car une telle entrave constitue un délit. À son sens, le président de la cour d'assises d'appel spéciale, Didier Wacogne, ne peut plus siéger, car il aurait reçu une lettre du témoin qu'il affirme ne pas avoir ouverte et dont il n'a pas fait état à la défense. » Pour Me Pascal Garbarini, autre artisan de la défense, le nouvel élément intervenu vendredi « devrait conduire à la remise en liberté d'Yvan Colonna détenu depuis juillet 2003 ».

    Samedi dans la soirée, c’était une conférence de presse Me Gilles Simeoni. « On a fabriqué un faux coupable ! Nous avons aujourd'hui lavillage_de_zilia.jpg preuve que des éléments de nature à démontrer l'innocence d'Yvan Colonna ont été délibérément écartés. De façon délibérée, organisée, réfléchie, de hauts magistrats et de grands policiers antiterroristes ont décidé de taire, parfois de détruire des éléments à décharge pouvant conduire à démontrer l'innocence d'Yvan Colonna. Sans crainte d'être démentis, nous l'affirmons solennellement. Le témoignage de Didier Vinolas est d'une gravité extrême, d'autant qu'il était l'ami et le collaborateur direct de Claude Erignac. Tout cela révèle que, dès 1999, une vérité d'Etat a été décrétée et que plus personne n'a voulu s'en écarter. Dans ce dossier, il y a déjà eu la révélation au procès Castela et Andriuzzi d'un faux rapport d'enquête antidaté ; puis la disparition d'écoutes téléphoniques judiciaires dont a témoigné Roger Marion, le chef de la DNAT (Division nationale antiterroriste), sous serment devant le Sénat, lors de l'enquête parlementaire – ces écoutes d'Yvan Colonna le mettaient hors de cause. Il y a eu la deuxième voiture sur les lieux du crime dont on n'a jamais identifié les occupants. Puis la fameuse empreinte relevée sur le ruban adhésif à la gendarmerie de Pietrosella qui n'appartient à aucun membre du commando et encore moins à M. Colonna ! Le légiste dit que le tireur était aussi grand que le préfet et aujourd'hui, on apprend que d'autres éléments capitaux ont été étouffés ! C’est scandaleux. »

    N’accusons pas sans preuve. Mais cette fois-ci, l’accusée est la Justice. Nous attendons sa défense. Avec une certaine impatience. Bien sûr, cette exigence de vérité ne crée aucune sympathie pour ceux qui ont décidé de tuer un homme de dos. Et j’ose à peine imaginer les pensées de Mme Erignac.

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