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violence

  • Ibrahim Maalouf, un petit cochon ?

    handshake-respect.jpgMais qu’est-ce que les mecs ont dans la tête ? Où plutôt, qu’est-ce qu’ils n’ont pas ?

    Cette affaire date de décembre 2013. Une collégienne, quatorze ans, alors en classe de 3eme, obtient un stage « découverte » auprès d’Ibrahim Maalouf, avec une semaine en studio à Ivry-sur-Seine. Tout va bien,… mais en fait pas du tout : le musicien pète les plombs, embrasse la jeune stagiaire sur la bouche, et lui adresse plus tard un SMS lui demandant une photo d'elle nue… Quatorze ans… Lui était âgé de trente-trois.

    Les parents découvrent le texto, contactent Ibrahim Maalouf, qui patauge et présente des excuses. Les parents sont prêts à passer à autre chose, mais la jeune fille va mal, marquée par ces faits, et les parents déposent plainte en janvier 2016.

    Un an plus tard, ce mois de janvier, Ibrahim Maalouf est entendu par la Sûreté territoriale du Val-de-Marne, sous le régime de la garde-à-vue. La procureure de la République de Créteil, Laure Beccuau, a confirmé l’existence de l’enquête et la qualification retenue, à savoir atteinte sexuelle.

    Atteinte sexuelle, l’infraction prévue par l’article 227-25 du code pénal, c’est franchement la honte : « Le fait, par un majeur, d'exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d'un mineur de quinze ans est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende ». Une infraction pas simple à lire : la fille était consentante, parce qu’elle n’a pas été violentée et ne s’était pas débattue, mais comme elle a moins de quinze ans, son consentement ne fait pas disparaitre le caractère délictuel de cet acte sexuel. Donc, en dessous de quinze ans, tu fiches la paix aux gosses. Et on bascule en un instant sur la qualification d’agression sexuelle, en démontrant que le consentement de la fille de 14 ans, stagiaire, devant son idole, a été surpris.

    D’ailleurs, la Procureur a précisé que dans « un état psychologique compliqué », l'adolescente, « qui était dans une relation d'admiration face à son idole », doit être à nouveau entendue « pour l'interroger sur les déclarations de l'artiste».

    A part çà, Ibrahim Maalouf vient d’être honoré d’une Victoire de la Musique et d’un César.

    Si le mec reconnait et dit qu’il se soigne, admettons. Sinon, faut pas m’en vouloir, je suis sûrement trop vieux jeu, mais s’en prendre aux gosses, ça me débecte.

  • La terrifiante violence dans notre société

    Ces derniers mois, nous lisons les échos d’une série de violences commises dans le contexte familial ou relationnel, autant de terrifiants débordements criminels. En quelques instants, sans que l’on puisse comprendre, une vie est broyée par le crime. La pulsion écrase tout...

    Hier, c’est l’histoire dramatique survenue à Maromme, dans l’agglomération de Rouen. Une femme, enceinte de huit mois, a été rouée de coups par son compagnon, âgé de 19 ans, qui serait le père de l’enfant. La femme, entre la vie et la mort, a été conduite par un proche aux urgences du CHU. Les médecins ont dû pratiquer une césarienne pour sauver le bébé. Après la naissance. Il était en détresse respiratoire et en arrêt cardiaque, et il a fallu le réanimer. Ce soir, l’état de santé de la mère serait stabilisé, mais l’enfant reste dans un état critique. Le compagnon a été arrêté mardi en début d’après-midi.

    La justice va s’occuper du crime, elle sait faire, rien de neuf...

    Tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son mari ou son compagnon, rien de neuf non plus...

    Et pourtant...

    Cette violence, tellement inscrite dans notre société, est sidérante. Je ne vais pas tenter ici des analyses sur le « pourquoi », qui reposent sur un travail considérable, tant les situations sont diverses.

    J’appelle simplement à ne rien banaliser, et à poser la question de l'acceptation sociale de cette violence. Trois lignes dans la presse locale, et rien de plus...

    Chaque crime repose sur une intention spécifique, mais pourquoi ne sommes-nous pas tous mobilisés pour traquer les sources de cette hyperviolence, qui vient des profondeurs de notre société ? 

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  • Raphaël Liogier: Enfin des propos sensés sur le terrorisme

    Aux antipodes des pseudos experts qui poussent après les attentats comme des champignons par temps de pluie, il y a de vrais experts, que l’on identifie facilement : ils ont des titres universitaires, enseignent dans des établissements connus, publient des livres de haut niveau, et conduisent des recherches universitaires. Ça ne fait pas tout, mais c’est une bonne base.

    A ce titre, je vous recommande le philosophe et sociologue Raphaël Liogier, qui enseigne à Sciences-po Aix-en-Provence, et qui est un vrai connaisseur de l’islam et de ses problématiques passées et actuelles, auteur de La Guerre des civilisations n’aura pas lieu  publié aux CNRS Editions.

    Pour ce qui est des enquêtes en cours, on patientera car n’avons que des informations beaucoup trop partielles. En attendant, il est très important de réfléchir à ce qui se passe, de braver l’interdit posé par El Blanco : oui, il faut chercher à comprendre. Quels sont les acteurs du terrorisme, quels sont les réseaux ? Quelle réponse législative, policière et judiciaire ? Quel lien avec l’islam ? D’où vient cette violence ?

    Voici une excellente interview de Raphaël Liogier à Libé, recueillie par Sonya Faure.

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    «Faire de l’islam l’ennemi absolu, c’est organiser le marketing de Daech»

    Raphaël Liogier

    *   *   *

    Attentat après attentat, la même question revient : faut-il encore monter d’un cran la sécurité, au risque de rogner nos libertés ?

    Cessons d’opposer l’exigence de sécurité et le respect des libertés publiques. En des temps effectivement troublés, on pourrait opter pour des mesures efficaces en matière de sécurité – moi aussi, je veux que mes enfants aillent à l’école sans risquer leur vie  – sans pour autant remettre en cause les droits de l’homme. Le problème, depuis le 13 novembre, c’est qu’on a les restrictions des libertés, sans la sécurité.

    Pourquoi les mesures prises jusqu’ici ont-elles échoué, selon vous ?

    Le gouvernement, et il n’est pas le seul, met en scène la «guerre des identités» pour donner l’impression aux populations angoissées qu’il fait quelque chose. On l’a vu avec le débat sur la déchéance de la nationalité. Il concentre aussi toutes les mesures sécuritaires – perquisitions, surveillance, assignations à résidence  – sur des mosquées ou des personnes liées à l’islam fondamentaliste. C’est une solution de facilité, qui diffuse une idée fausse : il y aurait un lien de causalité nécessaire entre la radicalisation religieuse et le jihadisme. Or, nous savons que ces mosquées salafistes et leurs représentants, comme Abou Houdeyfa sont eux-mêmes dans le viseur de Daech ! Contrairement aux jihadistes, ces fondamentalistes sont focalisés sur la vie quotidienne et les mœurs, ils sont complètement dépolitisés. En concentrant la lutte antiterroriste contre eux, le gouvernement ne vise pas les bonnes personnes ni les bons espaces.

    La preuve avec les attentats de Bruxelles : selon les premières informations policières, les kamikazes étaient connus pour des faits de grand banditisme, pas pour un parcours de radicalisation religieuse. En résumé : non seulement le gouvernement ne vise pas les bons suspects, mais en faisant de l’islam l’ennemi absolu, il organise le marketing de Daech, vers qui se tournent les désaxés, comme on l’a vu devant un commissariat de Barbès, à Paris, en janvier, les désocialisés ou les membres du banditisme reconvertis. La «guerre des civilisations», c’est exactement la vision du monde que promeut Daech

    Le terrorisme n’aurait donc rien à voir avec la religion ?

    Je ne dis pas cela. Je ne cherche pas à dédouaner l’islam, ni à faire de l’angélisme. Mais je pense que le jihad n’est plus, aujourd’hui, le résultat d’un processus de radicalisation religieuse progressive qui mènerait du salafisme vers le jihadisme. Les «longues barbes», qui cherchent à ressembler aux Bédouins du VIe siècle, sur lesquels les services de police concentrent leur surveillance, peuvent bien sûr être inquiétants dans leur rapport aux mœurs ou leur communautarisme. Mais ce ne sont pas les prêches qu’ils écoutent qui mènent au terrorisme. Pour le gouvernement, il est confortable de favoriser la confusion. D’abord, je l’ai dit, parce que ça permet de montrer qu’on fait quelque chose. Mais aussi parce que la radicalisation religieuse était effectivement le modèle du jihadisme des années 90. Un phénomène qu’on a déjà connu, plus facile à repérer, ça rassure. A l’époque, les terro­ristes étaient liés à l’islamisme : ils avaient une vision politique de l’islam finalement proche de l’extrême gauche : une logique révolutionnaire d’intervention armée, anticapitaliste, qui voulait changer la société. Les «têtes pensantes», comme les petits soldats de ce jihad, s’étaient plongées aux racines de l’islam.

    Mais dans les années 2000, deux phénomènes distincts sont apparus – qui peuvent parfois se recouper. D’un côté, un fondamentalisme extrême des mœurs, celui des femmes intégralement voilées par exemple. Une démarche radicale mais dépoli­tisée, individualiste et non prosélyte : si elles optent pour un tel mode de vie, c’est justement pour se distinguer des autres.

    De l’autre côté, des jeunes issus des quartiers, de milieux peu religieux, qui n’ont pas accès à l’arabe classique. Ils sont excités par ce qu’on leur présente comme une guerre des identités, pas par la théologie. Ce sont eux, les clients potentiels de Daech. Dans un deuxième temps seulement, ils construisent une «religion du jihad», à l’aide de ce que leur proposent les hauts responsables de Daech. Ceux-là, des anciens d’Al-Qaeda, détiennent une vraie culture religieuse, et manipulent une chair à canon souvent issue du petit caïdat. Quant aux milieux salafistes, il faudrait les utiliser dans la lutte contre les jihadistes au lieu de les poursuivre.

    C’est-à-dire ?

    En les mettant en garde à vue ou en les assignant à résidence pour «faire du chiffre», les services de police se privent d’informateurs. Car, si ce n’est pas l’intensification des pratiques qui mène progres­sivement vers le jihadisme, les jeunes tentés par le jihad peuvent, en revanche, fréquenter une mosquée salafiste à un moment ou à un autre de leur parcours, pour se donner une posture, chercher quelques points de doctrine. En ciblant ces milieux, la police se prive donc d’un véritable réseau d’information au cœur du milieu musulman.

    Sécurité et libertés ne s’opposent pas immanquablement, selon vous. Quelle serait alors une politique efficace du point de vue de la sécurité et respectueuse de nos droits fondamentaux ?

    Ce serait une politique qui commence par coordonner les renseignements policiers et militaires à l’échelle de l’Union européenne. Si nous sommes en guerre, alors il faut commencer par être plus discrets, et ne plus nourrir les discours de Daech, en faisant de grands moulinets avec les bras à la manière de Manuel Valls. Il faut cesser d’envenimer la situation en affirmant qu’antisionisme vaut antisémitisme. Sinon, c’est toute une partie de la population française s’identifiant aux Palestiniens qui va donner plus de crédibilité au «complot juif». Il faut cesser de perquisitionner et d’assigner à résidence les représentants, certes fondamentalistes, d’une ­religion, sans preuves solides, comme le permet l’état d’urgence.

  • Affaire Sauvage : Un peu de calme… et de respect pour la Justice

    Abordant l’affaire de Madame Jacqueline Sauvage, je dois être encore plus prudent que d’habitude car cette femme sexagénaire, condamnée à 10 ans de prison, purge sa peine, et je sais à quel point la détention est une épreuve… Mais si je peux parler de cette affaire, c’est parce qu’elle est médiatisée sans aucune retenue par la famille.

    Le blog traite très peu les procès en cours d’assises, car vu de l’extérieur, nous disposons d’éléments trop partiels pour faire une analyse. Cela étant, dans cette affaire devenue hyper médiatique, plusieurs points interrogent d’emblée un cerveau raisonnable.

    D’abord, la mise en scène de Hollande se transformant en Saint-Louis sous son chêne, et qui prend l’air grave pour annoncer qu’il va peut-être inverser les verdicts concordants de deux cour d’assises. Brrr... Le tout dans une campagne médiatique et politique invraisemblable. Les concerts de courges et de cornichons, on connait, mais quand les solistes sont Hidalgo, NKM et Cohn-Bendit, ça craint.

    Ensuite, l’invraisemblance de cette affaire telle qu’elle est racontée par la presse : une femme violentée par son mari pendant 47 ans – l’enfer pendant 47 ans ! – trois filles victimes d’inceste, un fils qui se suicide dans ce contexte, le lendemain une nouvelle scène de violence contre la femme, qui tire en réplique pour se protéger… Et malgré cela, deux cours d’assises qui prononcent un verdict de 10 ans de réclusion pour meurtre. Bizarre, car si les décisions de justice peuvent souvent être critiquables, elles sont rarement débiles.

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    J’ai donc un peu creusé, et les surprises n’ont pas manqué.

    1/ Après le verdict en appel, il n’y a pas eu de pourvoi en cassation, lequel peut être une ouverture vers la Cour européenne des droits de l’homme. Surprenante attitude de celui qui proclame son innocence mais n’exerce pas les voies de recours.

    2/ Service de routine devant les juges et grand bazar devant les médias, c’est un usage tribal qui devient tendance – Kerviel number one – mais qui ne risque pas de m’émouvoir.

    3/ La justice c’est le contradictoire, c’est-à-dire la capacité de dégager deux thèses en opposition avant de trancher. Or, j’ai fait le test via internet, et toutes les publications sont à sens unique. Extrêmement difficile de trouver un point de vue exposant la thèse opposée,... c’est-à-dire celle qui a été retenue par la justice à deux reprises, à savoir la violence d'une femme. Ce en rappelant qu’en cour d’assises, les jurés sont majoritaires, et les petits délires sur l’appareil judiciaire peuvent aller faire coucouch’ panier, papates en rond.

    4/ On parle de 47 ans de violences, et je m’attends à trouver de sérieuses références sur les plaintes qui ont été posées et les condamnations prononcées contre le mari. Sauf que je ne trouve rien,... et même pas l’engagement d’une procédure de divorce. Ce qui devrait au minimum amener notre brave presse à se poser des questions…

    5/ Les trois filles victimes d’actes incestueux…, filles qui sont majeures depuis 20 à 30 ans… mais qui n'ont jamais déposé plainte. Rien n’est impossible, mais là encore ça pose question… 

    6/ Et la légitime défense ! De tout ce que j’ai lu, je comprends la scène de cette manière. Le type rentre chez lui. Il n’est pas content parce que le repas n’est pas prêt, frappe sa femme au visage, et va s’installer plus loin pour boire un whisky. Toute violence est inadmissible, c’est un principe sacré, mais chaque chose se mesure, et il s’agissait de violences légères avec de trois jours d’incapacité. La femme quitte la pièce où elle était, monte à l’étage chercher un fusil, place les balles, redescend et tire trois balles dans le dos de son mari, pendant que celui-ci buvait tranquillement son whisky. Alors ça, chères amies, chers amis, si vous voulez me dire que c’est une scène de légitime défense, et bien il va falloir solidement argumenter. Parce que si c’est le cas, la vie en société va vraiment devenir compliquée.

    Bref, j’en étais à conclure à une saumâtre soupe médiatique contre une justice qui a cherché honnêtement à remplir sa mission, mais je restais insatisfait car il y avait tout de même peu d’éléments circonstanciels dans la presse.

    Mais là j’ai trouvé une très intéressante tribune de ma consœur Maître Florence Rault, dans Le Figaro, qui connaît le dossier, et donne de nombreux éléments confortant ce qui ne résultait que de mon intuition. Elle s’exprime sous son nom et parle de faits précis, notamment sur le suicide du fils, ce qui signifie qu’elle en assume la responsabilité et cela renforce le crédit de son texte.

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    Affaire Sauvage : «Ne pas confondre justice et féminisme»

    par Maître Florence Rault

    Le traitement de «l'affaire Sauvage», illustre jusqu'à la caricature ce qu'est devenu le débat public. Approximations, ignorance, inculture juridique, androphobie, hystérie, se marient pour imposer UNE vérité et la mettre au service d'UNE cause.

    Les mouvements féministes radicaux ont impulsé une campagne à partir de la condamnation de Jacqueline Sauvage à dix ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari. Le monde politique, celui des médias, et celui de la culture se sont mobilisés de façon moutonnière et dans des proportions assez stupéfiantes pour nous sommer de prendre parti. De dénoncer le fonctionnement de la Justice, et exiger de François Hollande l'utilisation de la procédure de grâce présidentielle que l'on croyait depuis son prédécesseur pourtant tombée en désuétude.

    L'histoire que l'on nous raconte est effectivement épouvantable. Jacqueline Sauvage, femme sous emprise d'un mari violent, violeur et incestueux, venant d'apprendre le suicide de son fils et après une ultime raclée, se serait rebiffée pour tuer le monstre. Qui ne serait pas ému par ce récit et choqué par la lourdeur de la peine? Et l'on comprend les réactions de ceux qui y voient l'expression de la violence masculine et l'emprise qu'elle fait peser sur les femmes. Avec le viol et l'inceste, devenus aujourd'hui les crimes suprêmes. Tuer le monstre ne serait ainsi que légitime défense.

    Le juriste praticien est pourtant immédiatement interpellé par une donnée incontournable: après une instruction criminelle approfondie dont personne n'a contesté la régularité, deux cours d'assises successives n'ont pas retenu ce récit. Elles ont considéré que la légitime défense n'était pas établie, et que la responsabilité de Jacqueline Sauvage était entière dans le meurtre injustifiable de son mari. Sauf à considérer que les 21 citoyens et 6 magistrats constituant les deux jurys ayant statué étaient tous les tenants d'un patriarcat violent, cela constitue un sérieux problème.

    L'analyse d'un dossier comme source d'information vaut toujours mieux que la notice Wikipédia pour parler sérieusement d'un tel cas. Or ce dossier fait apparaître une autre réalité. Le récit que la clameur vient de nous infliger est tout simplement faux.

    Jacqueline Sauvage est restée mariée 47 ans avec un homme dont elle a eu 4 enfants. Les violences qu'elle aurait subies durant toute cette fort longue période ne sont attestées que par un seul certificat médical récent. Même si des témoignages de voisins et de relations parlent d'un homme manifestement colérique. À cette inertie quasi cinquantenaire, les militants répondent: «emprise». Notion commode et utilisée à tout propos, qui devrait pourtant recouvrir des situations très différentes. Non, les femmes ne sont pas systématiquement victimes de tout et responsables de rien. Et la violence des femmes n'est pas toujours tentative d'échapper à une emprise.

    En ce qui concerne le passage à l'acte, il faut rappeler que Jacqueline Sauvage a abattu son mari avec son propre fusil alors qu'il était immobile sur sa terrasse, de trois balles dans le dos. Et qu'elle pratiquait la chasse en tireuse expérimentée. À cela, les militants répondent: «souvenirs post-traumatiques». Si l'on comprend bien, à la suite d'une nouvelle altercation Jacqueline Sauvage aurait brutalement été confrontée aux souvenirs de 47 ans de martyr jusqu'alors refoulés.

    Concernant les accusations d'inceste, celles-ci n'ont été formulées que plus de trente ans après les faits allégués, et dans le cadre d'un soutien total des filles à leur mère (aliénation parentale?). Des mensonges ou une construction sur ce genre de faits est-elle possible? C'est toute mon expérience professionnelle qui me le démontre. Oui, on peut mentir sur ces choses-là. Les affaires Séché, Iacono et tant d'autres (ma liste est longue hélas) l'ont démontré.

    Le phénomène des souvenirs induits ou mémoire retrouvée commence à être connue de la justice pénale et certains ne se laissent plus leurrerLa théorie de la mémoire retrouvée fait partie des fables que l'on retrouve souvent dans les affaires d'allégations d'abus sexuels. C'est alors que l'on entend trop souvent que la preuve de l'abus résidait justement dans le fait de ne pas s'en souvenir. Ah bon? Et qu'un «flash» miraculeux aurait révélé les causes d'un mal être et permis de «commencer à se reconstruire». Quand ce flash est favorisé, parfois même imposé par des thérapeutes auto-proclamés, il y a vraiment de quoi s'inquiéter.

    La MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) est sensibilisée à ce problème qui relève bien cette fois de l'emprise mentale de charlatans spéculant sur la faiblesse de certaines personnes. Il peut aussi arriver qu'un soit disant oubli post-traumatique soit infiniment pratique pour se venger de quelqu'un ou régler ses comptes.

    En dehors de cas cliniques précis, il est difficile d'envisager qu'une femme ait pu oublier pendant 47 ans ce qu'elle aurait supporté.

    Il en va de même pour les accusations d'inceste. Oui des enfants peuvent mentir, parfois même très sincèrement tant ils sont convaincus par leur théorie. Les mensonges, les inventions, les manipulations et autres fantasmes existent bel et bien. Que dire quand il s'agit de révélations tardives d'adultes revisitant leur passé pour racheter la faute de leur mère?

    Concernant le contexte familial des Sauvage il est intéressant de rappeler que les quatre enfants du couple avaient fait leur vie depuis longtemps, l'aînée ayant déjà 50 ans… Que la présentation d'une fratrie dévastée par le caractère monstrueux du père ne résiste pas à l'examen du dossier.

    Autre détail déplaisant, l'épisode du suicide du fils la veille du meurtre est souvent présenté comme étant aussi à l'origine du déclic. Problème: Jacqueline Sauvage ne le savait pas quand elle a abattu son mari. Les débats ont plutôt fait apparaître un fils trouvant dans la mort le moyen d'échapper à l'emprise de la mère.

    C'est sans doute ce récit qu'on retenu ceux qui sont intervenus dans ce dossier et ceux qui l'ont jugé, en toute connaissance de cause après une procédure dont personne n'a contesté la régularité.

    Alors pourquoi cette campagne, une telle déformation de la réalité une telle pression sur la justice et sur le pouvoir exécutif? L'objectif est simple: instrumentaliser la justice pour des fins qui ne sont pas les siennes, à savoir en la circonstance, assurer la promotion d'un féminisme victimaire, et affirmer l'impossibilité de l'existence d'une violence des femmes.

    Or, lorsqu'on essaye d'enrôler le juge, cela ne peut se faire qu'au détriment à la fois de la vérité, et du respect des libertés publiques. Le juge n'est pas là pour faire triompher une cause, aussi honorable soit-elle. Il est là pour juger des faits de transgression de l'ordre public. Et dans une démocratie, c'est lui qui est légitime à le faire.

  • Dans l’Oregon, les braves terroristes blancs…

    Décidément, ce 2 janvier 2016 était le jour des terroristes, et pas seulement en Arabie Saoudite. Aux Etats-Unis (Amérique du Nord, territoire indien occupé) dans l'Etat de l'Oregon, comté de Harney – sur la côte nord-ouest – une centaine d’hommes armés a pris le contrôle de bâtiments de l’Etat et d’un vaste parc. Ils demandent que leur soient attribués à titre privatif des terres qui relèvent du domaine public, terres qui en réalité ont toutes été volées par la force armée aux Indiens.  

    Ces truands expliquent qu’ils resteront le temps qu’il faudra, et qu’ils sont « prêts à tuer ou à être tués si nécessaire ». Donc, si les flics s’approchent, ils se feront tirer. Ils se sont constitués sous la forme d’un « Etat islamique »… euh d’un « Etat cow-boy », dénommé « Les Citoyens pour la liberté constitutionnelle ».

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    Au départ, le prétexte était de manifester leur soutien à deux péquenauts du coin – Dwight Hammond, 73 ans, et son fils Steven, 46 ans – condamnés à cinq ans de prison pour avoir mis le feu à des terres fédérales,… sauf que ceux-ci se sont constitués prisonniers, et se démarquent de l’action des terroristes radicalisés.

    Le shérif de Harney, Dave Ward, a bien vu le problème : « Ces hommes, qui revendiquent leur appartenance à une milice soutenant les éleveurs locaux, ont en réalité des motivations tout à fait différentes qui sont de tenter de renverser le gouvernement local et fédéral dans l’espoir de lancer un mouvement à travers les Etats-Unis ». Des terroristes, quoi.

    La réaction de l’État a été impressionnante : état d’urgence, perquisitions en masse, changement de la Constitution, déchéances de nationalité… Allez, cool,… je rigole : ces terroristes sont des blancs de chez blanc, enfants de colons, alors on ne va pas se fâcher au prétexte qu’ils défient l’Etat et menacent de tuer les forces de l’ordre… Après 48 heures de réflexion, les autorités leur ont lancé cette impressionnante mise en demeure : « Rentrez chez vous ! »

    Obama, qui fait semblant de verser sa larme sur les gosses tués par les « américains » armés, n’a pas eu un mot contre ce groupe armé qui défie l’Etat, et la question est largement éludée par la campagne électorale.

    Seule la presse intellectuelle de l’Est ose poser la question : « Pourquoi n'appelle-t-on pas les occupants de l'Oregon des terroristes ?»

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